Publi le lundi 19 avril 2004

Prise de conscience

19 04 2004

Celle (appelons-là Greta) qui partage ma vie n’est pas comme les autres à plus d’un titre. Et souvent, je me suis interrogé sur ces petits détails qui font toute la différences. Mais il y a une chose qui reste un grand mystère : bien qu’elle soit menue, elle a tout d’une grosse (excepté la poitrine, mais on ne peut pas tout avoir). Elle est de celles qu’il vaut mieux inviter au cinéma qu’au restaurant, elle mange comme 4 (bien plus que moi qui pourtant boxe dans une autre catégorie), elle a un pas caractéristique et d’une lourdeur incroyable, elle fait trembler la maison à chacun de ses déplacements ; elle prend une place démesurée dans notre lit ; etc.

 

En fait, je l’ai toujours considérée comme une grosse cachée dans un corps de mince : la maman de Gilbert Grape compressée dans le corps de Kate Moss.

 

J’ai alors repensé à ce film (que je n’ai pas vu et dont je ne connais pas le titre) avec Frank Black et Gwinneth Paltrow où un macho obsédé par la beauté physique se retrouve (par un moyen qui m’échappe) à ne plus voir que la beauté intérieure. Ainsi, il vit une grande aventure avec une fille monstrueuse physiquement mais tellement super qu’il la voit dans la peau de la belle Gwinneth.

 

Et si c’était aussi mon cas ? Cela expliquerait bien des choses !





10 Commentaires :

Commentaire crit le vendredi 16 décembre 2005 à 12:17:11 (lien)
linetto
Ce n'est pas Frank, mais Jack Black.


Commentaire crit le dimanche 25 avril 2004 à 18:05:59 (lien)
morgane - http://www.chez.com/dregon
ouhlà, j'ai du mal à comprendre ce que tu dis, Owen...


Commentaire crit le mardi 20 avril 2004 à 14:01:04 (lien)
armalite
C'est drôle, moi je suis une mince coincée dans un corps de grosse! A l'intérieur de moi y'a une fille de 45 kilos qui hurle pour qu'on la laisse sortir... Y'a dû avoir embrouille sur la ligne de production.


Commentaire crit le mardi 20 avril 2004 à 09:28:00 (lien)
Greta
Je ne suis pas un mammouth de lit!!!!!!


Commentaire crit le mardi 20 avril 2004 à 07:21:40 (lien)
batman
le titre du film est "l'amour XXL" dans sa version francaise
mais je dois avoir le meme defaut de vision que toi...


Commentaire crit le mardi 20 avril 2004 à 04:53:13 (lien)
yel
plus qu'atroce...eh ben...


Commentaire crit le mardi 20 avril 2004 à 03:33:46 (lien)
Malena
Ce serait plus qu'atroce mais j'ai flippé deux secondes mais en fait non, l'homme que j'aime n'est pas comme ça :)
Pfiouuuuuu ben je me fais des peurs comme ça toute seule !


Commentaire crit le mardi 20 avril 2004 à 03:02:20 (lien)
yel
ce serait tellement atroce hein


Commentaire crit le lundi 19 avril 2004 à 15:54:17 (lien)
Malena
Ton post me fait flipper ... L'homme que j'aime serait il comme dans Gilbert Grape ? Boouhhhhhhhhhhhhh


Commentaire crit le lundi 19 avril 2004 à 10:20:11 (lien)
poulpy
heuu note ce serait aussi notre cas alors
on serait tous amoureux (se) de ta femme
ça se tient


Ajouter un commentaire

Le cercle de la croix de Iain Pears

19 04 2004

Ma vie, c’est avant tout des rencontres, comme le disait si justement Edouard Baer dans Asterix mission Cléopâtre (note : on a les références que l’on mérite …) et certaines possèdent un force synchronistique qui nous transforme. C’est ainsi, qu’a mon habitude, je retournais au travail après un agréable dîner sur une terrasse ensoleillée où j’avais pu combiner plusieurs plaisirs tels que regarder passer les jolies demoiselles, manger une délicieuse salade et lire. J’étais plongé (pour la xème fois) dans un roman de James Ellroy et cette lecture était si captivante que je ne pouvais m’empêcher de lire en marchant. J’ai croisé la route d’une charmante demoiselle, que j’avais déjà rencontrée à l’occasion mais sans que cela passe outre les banalités d’usages. Après un échange de politesse, elle m’a demandé ce que je lisais et je lui ai montré la couverture de Le grand nulle part. Elle n’a pas parut surprise le moins du monde et nous avons commencé à parler romans policiers.

 

Alors qu’elle connaissait la plupart des romans et auteurs dont je lui parlais, j’ai du me rendre à l’évidence : je n’avais jamais entendu parler de la plupart de ses livres de références. Elle me donnait l’impression de n’avoir rien lu et j’ai trouvé cette sensation très excitante : tant de nouvelles choses à découvrir ! Au sein d’un océan de conseils, elle m’a dit qu’il fallait absolument que je lise Iain Pears et plus particulièrement Le cercle et la croix.

 

Fort de ce conseil, je me suis rapidement procuré ce livre, une brique de presque 1000 pages, mais pour une raison qui m’échappe, j’ai mis longtemps avant de l’entamer. Je l’ai pris avec moi en Suède et, enfin, je l’ai lu (à haute voix d’ailleurs, pour en faire profiter ma tendre et douce). Et nous n’avons pas été déçu !

 

Si Une prière pour Owen reste sans conteste mon livre-à-prendre-sur-une-île-déserte, je prendrais certainement Le cercle de la croix, si on m’autorisait un excédent de bagage (après un couteau, des antibiotiques, etc. faut quand même pas déconner).

 

Quelle claque, mes amis ! L’histoire se déroule à Oxford en 1663. Un éminent professeur est retrouvé mort dans ses appartements et l’enquête révèlera qu’il s’agit d’un empoisonnement à l’arsenic. La justice se tournera vers Sarah Blundy, son ancienne servante, qui sera jugée coupable et exécutée.

 

Une histoire simple en apparence mais qui se compliquera au fil des pages. En effet, ce n’est pas une version des événements mais bien 4 que ce livre vous propose. Quatre livres, chacun correspondant à une version des faits, parfois contradictoires, mais toujours entachée des préjugés et des désirs de chacun des narrateurs : Cola, un médecin vénitien ; Jack Prescott, fils d’un traître qui tente de laver l’honneur de son père ; le Dr. John Wallis, mathématicien et espion au service du pouvoir ; et enfin, John Wood, historien. Chacun donne sa version, sa vérité, son coupable et dans une certaine manière tente de se donner le beau rôle.

 

Ce livre est fascinant à plus d’un titre. Il dépeint avec une extrême justesse et une étonnant vie, la lointaine Angleterre du XVIIe siècle. Véritable leçon d’histoire, il mêle personnages réels (Robert Boyle, John Locke, Richard Lower, John Turloe, etc.) et imaginaires dans une histoire fictive bien qu’inspirée de faits réels (la pendaison d’Anne Greene) mais toujours très plausible. Il dépoussière l’histoire d’Angleterre (que l’auteur présente sous un nouveau jour) et nous rappelle que les hommes d’hier étaient aussi modernes que nous bien que leur vision du monde soit biaisée par d’autres paradigmes.

 

Il faut dire qu’il s’agit d’une époque fascinante. Elle voit naître la science actuelle (et ses travers) sous la doctrine de Descartes et la naissance de l’expérimentation. On découvre à quel point elle peine à se dépêtrer du cortège de croyances ésotériques (astrologies, etc.) contre laquelle elle se bat encore aujourd’hui. C’est aussi une époque de remous politiques et l’on revit en direct les machinations qui ont conduit à la restauration de la monarchie au détriment du sacrifice de la jeune république.

 

Le livre glisse constamment entre différents niveaux de lectures, de l’individu aux intrigues du royaume, pour culminer dans une réflexion mystique. En quelque sorte, ce livre se présente comme un nouveau testament en 4 évangiles, rejouant encore et encore la triste histoire de l’agneau de Dieu sacrifié pour racheter nos pêchers.

 

Ici, je suis tellement excité que j’ai envie d’en dire plus, de vous raconter mon interprétation, ma perception de ce roman, qui peut se vivre de bien des manières mais cela serait prendre le risque de gâcher le plaisir de ceux qui entreprendront de le lire. Parce qu’une bonne partie du plaisir vient de la découverte, du travail personnel de recoupement et de la réflexion qu’il inspire.

 

Un livre passionnant, inspirant, excitant. Un livre rare. Un livre complexe, fouillé, documenté, dont la cohérence et l’intelligence donne le tournis. Un livre digne du Nom de la rose, aussi instructif et passionnant, mais avec l’avantage qu’il ne faut pas avoir fait 15 ans d’études pour en comprendre les tenants et les aboutissants. Un livre à lire sans tarder. Et qui sait, peut-être auront nous la chance d’en discuter un jour et si ce jour arrive, il est certain que vous verrez briller une lueur de passion dans mes yeux.





12 Commentaires :

Commentaire crit le samedi 11 novembre 2006 à 16:52:39 (lien)
Carolina
nice very nice page..! http://coffee-maker.nescim.com coffee maker


Commentaire crit le dimanche 29 octobre 2006 à 19:11:46 (lien)
Carolina
Really great site used cars


Commentaire crit le jeudi 05 octobre 2006 à 08:55:06 (lien)
Carolina
Hi... there... Nice site...


Commentaire crit le dimanche 23 juillet 2006 à 13:17:14 (lien)
- http://searchmusiconline.com/
enables consumers to search, sample and download mp3 music http://searchmusiconline.com


Commentaire crit le mercredi 08 mars 2006 à 04:34:25 (lien)
- http://www.20six.co.uk/dowloadmusic/
download mp3 music 20six.co.uk/dowloadmusic/


Commentaire crit le mercredi 01 février 2006 à 04:22:41 (lien)
first aid kits sinus - http://first-aid-kit.dejahosting.net/first-aid-kits-sinus.html
Links: http://first-aid-kit.dejahosting.net/first-aid-kits-sinus.html first aid kits sinus


Commentaire crit le dimanche 06 novembre 2005 à 06:51:57 (lien)
betting - http://www.vjuror.com/tournament-backgammon-boards.html

Gabriel store situating,Rosenblum.bulging grouse spotted!scantier unclosed newsmen reclaiming betting betting http://www.vjuror.com/backgammon-sets.html http://www.vjuror.com/backgammon-sets.html plethora,lots bet bet http://www.vjuror.com/backgamon.html http://www.vjuror.com/backgamon.html wrist roamed?indoctrinate:ampere click click http://www.vjuror.com/freeware-backgammon-download.html http://www.vjuror.com/freeware-backgammon-download.html Coors




Commentaire crit le vendredi 23 avril 2004 à 09:29:43 (lien)
merriadoc
Je note : à acheter d'urgence
: )


Commentaire crit le jeudi 22 avril 2004 à 05:30:01 (lien)
Bzk
Bon c'est peut-être bête mais à l'époque, j'avais lu la quatrième de couverture (et apprécié) à cause ... de la couverture ! Comme quoi des fois ...


Commentaire crit le mercredi 21 avril 2004 à 04:58:08 (lien)
armalite
Je viens de commencer, et comme c'est un pavé... Je pourrais t'en dire plus d'ici une quinzaine de jours. Mais pour l'instant, ça a l'air génial.


Commentaire crit le mercredi 21 avril 2004 à 02:16:56 (lien)
Owen Meany
Et hop, nous sommes des jumeaux cosmiques ... ;-)

C'est bien le même livre, tu aimes?


Commentaire crit le mardi 20 avril 2004 à 13:58:24 (lien)
armalite
Alors là j'hallucine... Je suis en train de lire "An instance of the fingerpost", dont "Le cercle de la croix" est visiblement la version française... Et il y a quelques jours j'ai failli te demander si tu connaissais, vu qu'on semble avoir un certain nombre de références littéaires en commun. Iain Pears n'est pourtant pas bienc onnu en France...


Ajouter un commentaire

Coctail, féminin de A à X …

19 04 2004

A notre retour au pays, ma douce et moi avons décidé de remplir nos valises de produits de première nécessité avant notre retour sur notre île du Nord : livres, DVD, etc. Nous avons également décidé de nous offrir un revue chacun. Pour ma part, j’ai triché puisque j’ai jeté mon dévolu sur Studio (histoire de me faire du mal en découvrant tous les films que je rate) ET le numéro spécial des Inrocks consacré au phénomène Nirvana. Ma douce a décidé de choisir un magazine-débile-pour-fille mais plutôt que de choisir une valeur sure (genre Flair), elle a pris le risque d’en prendre un nouveau, Cocktail, qui il est vrai était plus épais.

 

Attention, il ne s’agissait pas d’un numéro comme les autres mais celui qui marque la première année d’existence du magazine qui pour l’occasion change de format et, pour citer l’édito, passe a un format « adapté à tous les sacs à main » (… ?) et on nous promet des « articles de fond ». C’est donc plein d’espoir que je me lance dans sa lecture.

 

Je continue de me demander si ces magazines féminins ne sont pas une des pièces d’un gigantesque complot visant à discréditer les femmes. Comment faire pour vous prendre au sérieux alors que vous lisez de tels torchons (et ne niez pas ! même si vous vous cachez derrière des arguments tels que « c’est pour rire », j’ai vu des Flairs chez la plupart d’entre vous). Si je peux comprendre l’achat de revues telles que Ciné-Télé Revue parce qu’il faut bien se tenir à jour dans les ragots, je ne comprends décidemment pas l’intérêt des revues plus typiquement féminine.

 

Une petite analyse de la recette de Cocktail. L’ingrédient de base est la publicité (pour des produits cosmétiques et des fringues) surtout que bon nombre d’articles prennent des allures de pub puisqu’ils ne font que vanter la qualité de tel ou tel produit.

 

Sinon, on y ajoute les articles classiques : une pincée d’actualité culturelle, critiques de livres, films ; un soupçon d’articles people (ici Drew Barymore et Ben Affleck) ; un grosse pincée d’astrologie ; vous parsemez (n’hésitez pas !) de statistiques débiles et douteuses ; quelques témoignages (on a rompu ou mon copain se drogue) et un zeste de recettes de cuisines.

 

Il y a également l’inévitable test (mangez-vous sainement) que j’ai abandonné à la troisième question parce que j’en avais marre de ne pas trouver de réponse normale. Ainsi, à la question « Etes-vous satisfaite de votre façon de vous nourrir ? », je serais tenté de répondre « oui », mais impossible ! Je n’ai le choix qu’entre :

-         a/ oui, car vous parvenez à maintenir votre poids de forme et à conserver la forme.

-         b/ non, car vous vous rendez compte que vous avez une alimentation complètement déséquilibrée et quelques kilos en trop.

-         c/ non, car vous aimeriez manger davantage de produits sains. Il vous arrive en effet de vous sentir fatiguée.

-         d/ Vous vous régalez, mais avouez ne plus regarder vos poignées d’amour, de moins en moins mignonnes.

-         e/ oui, c’est un choix, bien que vous vous sentiez parfois épuisée.

Ma réponse serait : oui, je me régale et je me contrefiche d’avoir quelques kilos en trop ! Quand à ma douce, elle pourrait répondre : oui, je me régale et j’exaspère mes copines et mangeant des quantités astronomiques sans prendre un gramme.


 

 

Et enfin, les articles de fond (c’est bon de rire parfois). Alors là, c’est le bouquet. Je cherche toujours le fond dans les articles très léger sur les femmes de Louis XIV ou L’astrologie et la politique qui ne sont que des promotions pour des ouvrages. La palme revient sans conteste à l’article intitulé De l’air et qui nous rappelle que « Après être restée frileusement enfermées durant cet hivers, on n’éprouve plus qu’une envie : s’oxygéner ! » Les solutions proposées dans l’article sont consternantes : cosmétiques, soins de la peau, des cheveux et du corps. Pas une seule ligne sur ce qui me semble évident : sortir de sa salle de bain, aller faire un tour dehors et se remuer !

 

Idem pour les conseils régimes (le conseil d’Owen : mangez moins !, pour plus de détail, allez relire ma chronique en Archives), santé, sexualité, etc. : un fatras de banalités et platitudes.

 

Cette revue est d’une banalité qui confine au sublime et un monstre de stéréotype. Sa seule originalité est que les thèmes sont classés par ordre alphabétique (de Accessoires à X-file).

 

Vous achetez ça, vous ?





4 Commentaires :

Commentaire crit le mardi 20 avril 2004 à 01:53:13 (lien)
Owen Meany
Là il y a des femmes dénudées donc ce n'est pas pareil ;-)

De toute façon, je ne suis pas client non plus et le phénomène est moins généralisé que pour les femmes.

hé hé hé


Commentaire crit le lundi 19 avril 2004 à 11:13:03 (lien)
yel
m'aurait étonné tiens


Commentaire crit le lundi 19 avril 2004 à 10:08:31 (lien)
princess klopobek
Jamais. Tiens cher Sam, tu connais FHM et Max?


Commentaire crit le lundi 19 avril 2004 à 03:55:54 (lien)
yel
je suis une lectrice depuis de looongues années de Flair...récemment ils ont changé leur formule et j'ai abandonné mon abonnement...je sais pas si c'est la formule ou le fait que j'ai pris de l'âge (euh enfin un peu)mais voilà que je trouve tout débilissime et limite insultant

mais par contre je l'ai lu durant de longues années avec bien du plaisir....pourquoi? Et d'office, à tous les âges, les mecs ont tjs trouvé ça très con..alors que toutes mes copines le lisaient...mais on voit bien la différence entre les filles et les gars: dans nos discussions c'est pareil, on peut passer des heures à parler chaussures, coiffures, fringues, amoureux, sacs et autres choses totalement futiles et adorer ça...sans spécialement être des personnes futiles...et à côté les mecs qui font des hauts les sourcils en ne comprenant pas comment on peut en parler des heures...c'est ça les magazines féminins...parler de tout et de rien (surtout de rien lol) en donnant des tas de petites infos futiles et légères...ça nous fait décompresser et ça fait de mal à personne je pense :)

allez, j'arrête là les lieux communs


Ajouter un commentaire

Journal d’un cambrioleur de Danny King

19 04 2004

Si vous êtes amoureux de la belle écriture et que vous êtes allergique au style au fil de la plume confinant au trivial, vous pouvez immédiatement renoncer à la lecture de Journal d’un cambrioleur de Danny King. Par contre, si vous avez l’habitude des conversations de comptoir (ou de bourré, c’est plus ou moins pareil) et que l’humour pipi-caca ne vous rebute pas (ou si vous partez en vacances avec le Mouladroit, c’est plus ou moins pareil), je vous invite à la lecture de ce roman, léger, cru, mais très amusant.

 

On y découvre les confessions, les réflexions et les états d’âmes d’un cambrioleur anglais professionnel, qui voit dans son métier une parfaite application de la sélection naturelle. On évolue dans son univers en s’amusant de sa mauvaise fois, de sa vision déformée et très relative du bien et du mal. Cela prend rapidement des allures de Trainspotting (le film plutôt que le livre ou la pièce), pour son côté anglais, son ambiance des pubs glauques, mais en plus gentil.

 

On sent que l’auteur possède une longue expérience des pubs (des vrais, pas de ceux proprets dans lesquels écrirait J.K. Rowling) et je dois dire que je me suis retrouvé dans nombre de ces discours de sourd. Certains de ses compagnons d’infortune sont les sosies de certains personnages que j’ai côtoyé dans mes dérives éthyliques : le mythomane, le collant, le taxeur, celui-à-qui-on-a-jamais-rien-à-dire, le pilier que l’on retrouve avec plaisir, etc.

 

Un petit extrait qui a des airs de déjà-vu :

 

« Je suis allé à l’école avec Terry Butcher, pas l’ex-capitaine des Rangers et de l’équipe d’Angleterre, mais une espèce de petite fiotte qui racontait des craques comme j’ai jamais vu ça.

Les gens avaient l’habitude de lui demander – juste pour rire, quoi – s’il était le Terry Butcher capitaine des Anglais, et Terry répondait qu’il était son frère. C’est complètement débile – je veux dire, pourquoi Mme Butcher donnerait-elle le même prénom à deux de ses fils. Elle le ferait pas à mon humble avis, mais ce léger détail a jamais perturbé Terry. Vous voyez Terry est un gros mytho, mais j’ai jamais dit qu’il était doué. (…)

Son premier pipeau dont je me souviens date de l’école primaire. Il avait raconté partout que son père s’était fait transplanté tous les organes (pas quelques-uns, mais la totale) suite à un accident de voiture et qu’il était maintenu en vie par un respirateur artificiel. Il parvenait quand même à se libérer tous les dimanches pour emmener Terry voir  jouer West Ham. (…)

Pour lever une meuf, il racontait qu’il était le batteur de studio de Level 42 et qu’il partageait un appart avec Mark Knopfler. Il avait 17 ans. Tout ce que je peux dire, c’est qu’il devait être une batteur de studio genre contrat-insertion, parce qu’il rapportait à la maison que 25 livres par semaine, et que Mark Knopfler ressemblait autant à sa mère que moi.

Pas une seule fois j’ai vu son baratin fonctionner. (…) Vous me direz, ça l’a pas empêcher de se taper au bas mot des centaines de poules, pour la plupart mannequins, masseuses ou putes de luxe – Terry était même un si bon coup qu’elles lui rendaient son fric s’il acceptait de les tringler une dernière fois (j’invente rien).

L’autre truc de Terry, c’est qu’il vous chie une pendule, quand vous le croyez pas. Alors qu’il fait tout pour qu’on puisse pas le croire. Comme la fois où il a intégré la Royal Air Force. (…)

-         Non, je te jure, j’ai déjà passé la visite médicale, Bex, et je suis pris. J’ai réussi. Ils disent que j’ai 20 à chaque œil.

Tiens, je croyais que le maximum était 10, mais il doit exister une catégorie supérieure pour les mecs comme Terry, ceux qui possèdent une vision plus que parfaite. Je me demande quelle forme ça prend, s’il peut voir à travers les murs ou lire dans l’avenir ou je sais pas quoi, il a jamais précisé, mais ça explique en tout cas son recrutement dans l’armée de l’air. Vous comprenez, si une guerre éclatait et que tous les radars étaient détruits, Terry pourrait guider les avions à l’œil nu. »

 

Je ne sais pas vous, mais moi, cela me fait rire.

 

En conclusion, pas du Zola, n’y cherchez pas de grande réflexion, de philosophie sous-jacente, ni même de morale, mais un divertissement plutôt réussi.