Publi le mercredi 20 décembre 2006

[livre,film] Matilda

20 12 2006

La question n’est pas nouvelle et l’on est parfois en droit de se demander pourquoi le cinéma est si friands d’adaptations de livres. Il y a l’aspect bassement commercial (attirer les lecteurs dans les salles), le manque d’imagination (quoi qu’une bonne histoire reste une bonne histoire) ou simplement la passion.

 

Certains livres sont nés pour devenir des adaptations (même si ce n’est pas un gage de réussite, ne citons que Da Vinci code), d’autres semblent inadaptables (ce qui peut parfois donnés d’agréables surprises, comme par exemple L.A. confidential).

 

Quoi qu’il arrive, adapter un livre, c’est s’exposer à la comparaison.

 

Ainsi, quand j’ai vu qu’il existait une adaptation de Matilda, un des romans du culte Roald Dahl, déifié chez nos amis anglo-saxons et redécouvert chez nous suite à la sortie de Charlie et la chocolaterie, auteur dont j’explore l’œuvre avec délice en ce moment, cela a piqué ma curiosité.

 

Le livre reprend des concepts chers à l’auteur: des parents indignes qui infligent une éducation déplorable à une pauvre petite fille sans même remarquer à quel point elle est exceptionnelle (elle est un génie des mathématique et à lu un nombre incroyable de livres à même pas 5 ans). Personnage fort, la vie de la pauvre petite Matilda va changer lorsqu’elle rentrer à l’école et découvrir que les adultes aussi doivent être puni lorsqu’ils se comportent mal. Armée de son intelligence (et aussi d’un étrange nouveau pouvoir), elle va se mettre du côté de la justice (face à une brochette de personnages aussi hauts en couleurs qu’impitoyables) remettre un peu d’ordre dans sa vie et celle de ceux qu’elle aime.

 

Ce n’est certes pas le chef-d’œuvre de Dahl mais cela se laisse lire avec plaisir (surtout après avoir découvert d’autres aspects de l’auteur, qui était un homme à femme, les descriptions de ses personnages féminins prennent une autre dimension). C’est délicieusement cruel, légèrement impertinent. D’autre part, ce livre donne vraiment envie de redécouvrir les grands classiques de la littérature.

 

Mais curieusement, cette histoire est tellement absurde sous certains aspects (par exemple, les traitements affreux que la directrice de l’école aux élèves) que j’ai eu du mal à imaginer cela transposé à l’écran.

 

Je me suis donc lancé dans la vision de Matilda, film sortit en 1996 et qui, sauf erreur de ma part, n’a pas fait grand bruit de ce côté de l’Atlantique.

 

Loin de rendre hommage à la plume élégante de Roald Dahl, ce film clairement destiné au plus jeune public, ne vaut pas mieux qu’une suite de Maman j’ai raté l’avion. Sans aucune subtilité, il ne dispose que d’un seul niveau de lecture qui culmine au niveau des pâquerettes.

 

Il faut dire, qu’il tient souvent au génie d’un réalisateur pour réussir le pari risqué du passage du papier à l’écran et visiblement Danny Devito (à la réalisation mais aussi acteur dans une prestation mono-expressive) n’est pas Curtis Hanson ou Clint Eastwood (sous biens des aspects me direz-vous).

 

La réalisation est basique, sans aucune surprise et tombe dans la facilité (avec une voix-off omniprésente, ce qui n’est jamais bon signe dans un film). Des libertés sont prises avec l’histoire pour mettre certains aspects paranormaux qui minimisent l’intelligence de Matilda, point pourtant central du livre donnant au film un aspect purement tarte à la crème.

 

On aurait pu arriver au même résultat avec un scénariste de seconde zone sans devoir passer par le massacre d’un classique de la littérature enfantine.

 

Mais sans doute que dans ce cas, je (et je suis sur de ne pas être le seul) n’aurais pas eu la curiosité de poser un œil sur ce film.