[histoire] L’ange de la cordillère
24 12 2006
C’était un vol de routine. Pas une partie de plaisir mais rien d’insurmontable pour le pilote « le plus sûr de l’aéropostale ». Un vol d’une heure trente à peine entre Mendoza et Santiago de Chili. Un vol difficile mais il n’était pas à son coup d’essais puisqu’il avait fait ce trajet une petite centaine de fois.
Pourtant, en ce 13 juin 1930, Henri Guillaumet au commande de son Potez 25 s’écrasera sur le plateau gelé de la Laguna del Diamante dans la cordillère des Andes dans des conditions météo infernales.
Il n’avait aucune chance de survie…
Et pourtant…
Il est de ces hommes au destin de personnages de roman. Henri Guillaumet est de ceux-là !
Cet as de l’aviation, ami de Mermoz et Saint Exupéry, était de ces hommes d’un autre temps. Ces têtes brûlées si sympathique qui fleurissent dans les romans d’Hemingway.
Pris dans une tempête de neige et alors qu’il se crache avec son avion au milieu de la cordillère des Andes, à plus de 3000 mètres d’altitude, il ne renonce pas. Il laisse derrière lui un mot à l’intention de sa femme et tente sa chance, seul. Sans aucun équipement, il franchira cols abrupts et rivières glacées, il affrontera le froid et le sommeil. Mais armé de sa seule volonté, il continue d’avancer pendant 5 jours et 4 nuits avant d’être sauvé par une bergère, d’abord effrayée par cet homme hagard, blessé, et épuisé.
Ses premiers mots alors qu’il retrouve son ami Saint Exupéry révèlent l’enfer qu’il a traversé « Ce que j’ai fait, je te le jure, jamais aucune bête ne l’aurait fait. »
Il n’attendra pourtant pas 3 semaines avant de reprendre du service et remonter dans un avion. Il entrera en 1939 dans la catégorie de ceux qui ont volés plus de 1 300 000 km avant de se faire faucher en plein vol, abattu par la chasse italienne le 27 novembre 1940.
Il est de ces hommes au destin de personnages de roman. Henri Guillaumet en deviendra un par le biais du livre Terre des hommes et de la pièce radio Marche contre la mort, toutes deux écrites par son ami Saint Exupéry.
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Certaines vies ont des allures de roman et de manière plus générale, l’aventure est une grande source d’inspiration et de créativité.
Avez-vous remarqué l’étrange corrélation qu’il existe entre esprit aventureux, voyage et littérature ? Ainsi de nombreux auteurs sont aussi de grands voyageurs : Hemingway, Philip Pullman, Iain Pears, même J.K. Rowling (bien entendu, il y a autant d’exceptions que d’exemples ce qui en fait une piètre règle, ne citons que H.P. Lovecraft).
Mais outre un goût pour le voyage, il y a ce goût pour l’aventure : Conan Doyle partant à la pêche à la baleine à peine sortit de l’enfance, Roald Dahl en route pour l’Afrique avant de piloter des avions de chasse, Saint Exupéry qui mourra aux commandes de son avion.
Les voyages, dit-on, forment la jeunesse. Mais la question est posée :
faut-il vivre pour bien (d)écrire ?
Publié par : Owen Meany à 03:05:37Permalien
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