[humeur] Un certain regard
29 12 2006Si je vous demande quel est votre dessin animé de Walt Disney préféré, il est fort peu probable que vous me citiez Winnie l’ourson (je ne parle pas de ces versions courtes qui étaient présentées par Jean Rochefort il y a bien longtemps mais bien du long métrage sortit en 1977).
Il faut dire que ce pauvre Winnie est un personnage assez pathétique. Il est bête comme ses pieds (question pour plus tard : est-ce que les ours ont des pieds ?, je n’aurais pas du brosser le cours d’ours pendant mes études de biologie), et par un étrange miracle passe son temps à se coincer dans tout ce qui est possible : un terrier, un trou dans un arbre, un pot de miel, etc.
A part le bondissant Tigrou, le seul personnage secondaire « amusant » (notez les guillemets) est celui de Bouriquet qui est une version prophétique de Marvin, l’androïde paranoïde du Guide galactique.
Mais pourquoi nous casse-t-il les pieds avec Winnie l’ourson, vous demandez-vous ?
Parce que je viens de voir ce film une bonne centaine de fois !
Je connais le film pratiquement par cœur, dans sa version anglaise (Winnie the pooh) et suédoise (Nalle Puh, je pense d’ailleurs créer une méthode : Apprenez le suédois avec Nalle Puh).
Non, il ne s’agit pas d’un acte de contrition pour me purifier avant l’arrivée de l’année nouvelle mais simplement parce que Winnie est devenu la coqueluche de ma fille âgée de 19 mois.
Winnie l’ourson est le seul film qui actuellement réussi a capter son attention pour plus de 5 minutes. Lorsqu’elle retrouve son ours favoris, le monde peut s’arrêter de tourner, elle est fascinée et commence déjà à anticiper les chansons et les scènes les plus croustillantes (« Nalle Puh coincé ! »)
Cet exemple est une belle démonstration du fait qu’un film est destiné à être regardé avec un certain regard, un certain public et dès lors pose la question de la validité de la critique. Comment être capable de se transposer dans l’état d’esprit d’un spectateur que l’on n’est pas et juger ainsi de l’efficacité d’un film ? (j’aurais pu aussi prendre comme exemple, la passion de ma sœur âgée de 25 ans pour La tour Montparnasse infernale…)
Quoi qu’il en soit, dans le but égoïste de conserver ma santé mentale et de vaincre l’âpre combat contre l’hégémonie disneyenne, j’essaye d’initier ma fille à un autre cinéma. Première étape : Wallace et Gromit.
Je suis sur la bonne voie : hier, elle a demandé Gromit en lieu et place de son traditionnel et vibrant Nalle Puh !
Publié par : Owen Meany à 01:54:19Permalien
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