Publié le mercredi 3 janvier 2007

[TV] Prison Break – saison 1

03 01 2007

C’est un fait de société: les séries sont un phénomène de mode.

 

Après être devenu le berceau de la créativité visuelle, principalement grâce à HBO, et avoir donné une énorme claque au cinéma hollywoodien devenu trop formaté, politiquement correct et prévisible, les séries sont redevenu à la mode et il est bon aujourd’hui de clamer son amour pour le genre.

 

Les séries ringardes de notre enfance ressortent dans de magnifiques coffrets pour les fêtes (plus de raison d’avoir honte, outre la sortie du placard et la nostalgie, on peut faire jouer la carte du facteur historique) et un nombre incroyable de nouvelles séries font leur apparition, s’attaquant à tous les genres sans distinction.

 

Le ‘la’ est encore donné par HBO qui survole ce petit monde et en gardant toujours une longueur d’avance, aussi bien au niveau artistique que celui de la prise de risque.

 

D’autres séries, sortent quand même du lot : Nip/tuck, version beta de Six feet under et qui si très sympathique, n’arrive pas à sa cheville ; l’énigmatique Lost, Heroes qui camoufle son manque total d’originalité derrière une redoutable efficacité ou encore Dexter, relatant les aventures d’un tueur en série caché dans la vie d’un légiste.

 

Mais un des grands succès de ces dernières années est Prison break, une série d’évasion entre JFK et L’évadé d’Alcatraz, dont la seconde saison, Les fugitifs, est actuellement diffusée aux Etats-Unis.

 

L’idée de départ est très intéressante : un homme, Michael Scofield, se fait incarcérer dans la même prison que son frère condamné à mort quelques jours avant son exécution pour essayer de le faire évader. Le projet semble impossible mais il dispose d'un avantage de poids. Outre sa grand intelligence et une particularité neurologique qui le rend beaucoup plus sensible aux détails, il a planifié son évasion dans les moindres détails et surtout a eux accès aux plans des bâtiments. Le tout étant tatoué de manière codée sur l’ensemble de son corps.

 

Le premier quart de la série est d’une superbe efficacité. On découvre les dures lois de l’univers carcéral en même temps que le héros met les pièces de son puzzle en place (non sans son lot d’imprévu et de difficulté). Cette partie, culmine avec un magnifique double épisode très prenant qui n’est pas sans rappeler une certaines scène de Natural born killer. Le second quart est passablement ennuyeux. Après le point culminant de l’angoisse et du stress, cette partie semble terriblement plate et il ne se passe plus rien. Le nombre trop grand de retournement de situation fait que l’on s’immunise progressivement, un peu comme après une saison de 24 et les faits ne sont plus à la hauteur de nos attentes. Il faut attendre le début de la seconde partie de la saison pour que la série retrouve un peu son souffle jusqu’au final tant attendu mais décevant et bassement mercantile (il fallait bien trouver un moyen de faire une seconde saison).

 

Derrière la série d’évasion se cache une autre dimension. A l’extérieur de la prison, des avocats mènent l’enquête pour tenter de prouver l’innocence du frère. Rapidement, on se retrouve imbriqué dans une histoire de complot qui trouve ses racines dans les plus hautes sphères du gouvernement ainsi que dans une société toute puissante qui tire les ficelles. Rien de neuf sous le soleil de ce côté là, la recette ayant déjà été utilisée jusqu’à la corde.

 

Mais il est un mérite, et pas de moindres, que l’on doit reconnaître à Prison break, c’est celui d’avoir réussi à intéresser le public féminin à un série d’évasion ! Cela est du uniquement à la présence du beau Michael Scofield, personnage principal dont les yeux magnifiques sont complétés par un air énigmatique et un petit sourire en coin qui n’est pas sans rappeler celui de Clint Eastwood à ses débuts.

 

En conclusion, Prison break est basé sur une idée excellente mais se développe selon les lois du cinéma plutôt que celles des séries créatives. Si on ajoute à cela un réel essoufflement en court de route, on peut conclure que cette histoire aurait trouvé une place de choix au cinéma plutôt qu’à la télévision.

 

Quoi qu’il en soit, je ne suis pas pressé de voir la seconde saison. J’ai trop de choses plus intéressantes à explorer.





1 Commentaire :

Commentaire écrit le mardi 9 janvier 2007 à 04:41:39 (lien)
Yann
Tiens, ca me rappelle que tu dois encore m'envoyer qqch par e-mail... Tu te souviens? ;-)


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