Publi le mardi 09 janvier 2007

[art] Le chant de mort des étoiles…

09 01 2007

L’humanité est depuis toujours fascinée par les mégalithes, profondément ancrés dans notre culture et notre imaginaire.

 

Dans la scène d’ouverture de 2001 L’odyssée de l’espace, on découvre un imposant monolithe noir d’origine extra-terrestre imaginé par Arthur C. Clarke et qui préside à la naissance de l’humanité. Un semblable monolithe est utilisé pour représenter une sorte de dieu vengeur et revanchard style ancien testament dans Le grand pouvoir du Schninkel. D’autres pierres massives alignées selon une logique astronomique à Stonehenge ne cessent encore aujourd’hui de fasciner et d’inspirer les plus folles théories ésotériques (alors que c’est bien connu, ce site n’est en fait que les ruines d’une pizzeria comme c’est clairement démontré dans Artemis Fowl).

 

Aujourd’hui, l’artiste controversée Mariko Mori, offre au monde une version moderne du mégalithe, combinant pour l’occasion science et art. En effet, Tom Na H-iu n’est pas un mégalithe comme les autres puisqu’il bat au rythme des étoiles mourantes.

 

 

Comment représenter l’idée bouddhiste que toute chose est interconnectée ? Comment créer une œuvre qui combine notre réalité terrestre à l’immensité du cosmos ?

 

L’artiste pop-art Mariko Mori, considéré par beaucoup comme très superficielle (ses débuts dans le mannequina y sont certainement pour quelque chose), s’est attelée à répondre à ces questions en combinant haute technologie et art.

 

Dans une première collaboration avec les scientifiques, elle avait exposé une œuvre intitulée Wave UFO, constitué de projection sur un écran des ondes cérébrales de 3 participants, donnant ainsi une dimension visuelle à la pensée.

 

 

Cette année, elle va encore plus loin avec Tom Na H-iu, un monolithe de verre de 3 mètres de haut qui semble pulser au rythme de l’univers. L’originalité de cette œuvre est la fabuleuse technicité qu’elle abrite. En effet, les diodes de différentes couleurs cachées en son sein ne battent pas au hasard mais son connectée à un détecteur de neutrino (le détecteur Super-Kamiokande de l’observatoire Kamioka).

 

Les neutrinos détectés sont des particules émises par lors de l’explosion d’étoiles mourantes, les supernovae. Ainsi, l’œuvre semble battre au pouls de violences infligées au cosmos lui-même. Le nom de l’œuvre, d’origine celtique, fait référence à un endroit où l’âme s’attarde avant la renaissance et faisait référence à des croyances ancestrales que l’on associait aux mégalithes de Stonehenge.

 

De manière plus terre à terre, sans une batterie d’explications aux implications philosophico(s)miques qui seraient du meilleur effet pour draguer dans une soirée mondaine, et si ce n’est la prouesse technologique qu’il représente, il faut bien avouer que Tom Na H-iu peut se résumer à une version ultra-couteuse, encombrante et peu pratique d’une très kitsch lampe design Ikéa.

 

Mais ne m’écoutez pas, je ne suis qu’un triste béotien. Pourquoi l’art devrait-il se suffire à lui-même de toute façon ?





1 Commentaire :

Commentaire crit le jeudi 11 janvier 2007 à 05:26:31 (lien)
Yann - http://onconstruit.skynetblogs.be
"une version ultra-couteuse, encombrante et peu pratique d’une très kitsch lampe design Ikéa." --> magnifique synthèse de cet objet... Une idée du prix? Ca se branche sur le 230V ou il faut un transfo? :-)


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