[film] Flushed away
16 01 2007
Lorsque je rentre au pays, quittant pour l’occasion la nuit culturelle suédoise, je n’ai la possibilité de voir que quelques films au cinéma. Dès lors, la problématique du choix prend toute son importance. En consultant la liste des films diffusés, il est pourtant un film que je savais ne pas devoir rater : Flushed away (subtilement traduit en Souris city par une équipe de traducteur surpayé après 7 jours d’efforts intensifs… pour la petite histoire, 3 d’entre eux se sont suicidés lorsque leur patron a fait remarqué que ‘city’ était un terme anglophone et le titre a alors été gardé en hommage posthume). En effet, le fan de la première heure des aventures de Wallace & Gromit ne pouvait rater le nouvel opus des studios Aardmann. De plus, la perspective de voir ce film destiné avant tout à la jeunesse dans l’ambiance survoltée d’une salle remplie d’enfants m’a toujours enthousiasmé. Je me suis donc rendu à la séance de l’après-midi pour découvrir avec stupéfaction que la salle était vide, les nombreux enfants qui peuplaient pourtant les couloirs du cinéma ayant été happés par la tornade commerciale bessonienne de Arthur and the minimoys (en français, Arthur et les minimoys, on saluera le travail sans tache des traducteurs). Avant que je commence ma projection privée de Flushed away, j’ai eu droit aux bandes-annonces des films pour enfants du moment (bien entendu Arthur du Besson mais aussi Franklin et les pingouins de Happy Feet) ainsi que les traditionnelles publicités. Pour la petite histoire, il est intéressant de constater que si les bandes-annonces sont adaptées au public, il n’en est rien pour la pub. Les enfants sont abreuvés des mêmes publicités que les adultes, avec son lot de violence, de connotations sexuelles omniprésentes ou encore de peur (par exemple, la très bonne pub de MSF de sensibilisation sur la problématique du SIDA qui est passablement effrayante). Et puis, enfin, le film a commencé ! Les premières minutes sont passablement effrayantes. On est loin de la subtilité qui caractérise les autres films des studios Aardman. C’est très rapide, très rock’n’roll, entre Pixar et Disney. Mais après ce feu d’artifice, on retrouve progressivement l’esprit qui a fait le succès de Wallace & Gromit et de Chicken run, un humour décalé, ultra-référencé et soooo british. L’histoire est toute simple, une souris domestique londonienne passablement maladroite se retrouve dans les égouts et y découvre une version souris de Londres. Commence alors un long voyage pour tenter de remonter dans le monde des hommes. Pour cela, elle devra s’associer avec la souris la plus sexy de l’histoire du cinéma (autre chose que Minnie et ses airs de Bécassine) avec des faux airs de Han Solo et pilotant une sorte de Millenium falcon aquatique et déjouer les plans machiavéliques d’un méchant mégalomaniaque qui n’a rien à envier à Jabba (si ce n’est une consternante passion pour la famille royale britannique et une association avec des grenouilles françaises). Si le film est avant tout destiné aux enfants (il respecte la règle de Roald Dahl des 2 gags par minutes), il plaira également aux adultes avec ses nombreux niveaux de lecture. En effet, Flushed away est un vibrant hommage au film d’aventure avec des clins d’œils (on dit clins d’yeux ?) sans fins aux grands classiques du genre : Indiana Jones, La guerre des étoiles (chercher le vrai Han Solo), James Bond, etc. Le genre de film que l’on peut revoir indéfiniment et y redécouvrir à chaque vision les petits détails cachés (les pubs dans les décors, etc.) Au niveau de l’animation, si la patte des studio Aardman
Un film a voir très certainement, même si plus proche d’un Pixar époque Toy story que d’un Wallace & Gromit.
Publié par : Owen Meany à 02:36:21Permalien
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