Publi le mardi 30 janvier 2007

[TV] The Shield, saison 1

30 01 2007

La première impression est la bonne " ou " L’habit ne fait pas le moine " ?

Parfois la sagesse populaire se contredit et elle est d’un piètre secours. De mon côté, j’ai naturellement tendance à me faire une forte première impression et s’il n’est pas exclus de me faire changer d’avis, c’est un travail de longue haleine.

Cela donne naissance à une vision dichotomique du monde qui se sépare en plusieurs catégories : les gens que j’aime, ceux que je n’aime pas et la catégorie fourre tout et aussi largement la plus importante, les gens qui m’indiffèrent. Bien entendu, je suis conscient que le monde est largement plus complexe que cela, que les gens ne possèdent plusieurs facettes, que le bien et le mal n’existent pas. C’est d’ailleurs une des recettes les plus classique de la bonne littérature ou du cinéma, celle qui met à mal notre vision du monde et fait évoluer nos positions sur les personnages au fil des pages ou du temps qui passe.

Les séries ne font pas exception à la règle et particulièrement HBO a su tirer parti de cette trame en créant des personnages extrêmement complexe et souvent flirtant dangereusement avec la limite, des méchants que l’on ne peut d’empêcher d’aimer, Tony Soprano et Al Swearengen de Deadwood en tête de file.

The shield surfe également sur cette vague en reprenant un genre parmi les plus classique à la télévision, le policier, pour le réinventer sous la lumière de rapports humains complexes.

Tout se passe dans le sanctuaire, une église récupérée pour devenir le QG de la police dans le quartier le plus chaud de L.A. Un nouveau capitaine Aceveda y met en pratique une nouvelle technique de gestion avec comme résultat une baisse notable de la criminalité. L’élément clé de ce succès est la présence de la brigade de choc, petite équipe soudée de têtes brûlées dirigée par Vic Mackeyet qui tient les quartiers dans un équilibre instable, entre dealers et gang, meurtriers et prostituées.

Mais derrière les histoires policières se cache de complexe relations humaines et jeu de pouvoir qui atteignent leur paroxysme dans l’antagonisme entre le capitaine et Vic, le premier jouant la carte de l’incorruptibilité pour assouvir ses aspirations politiques, quitte à arrêter ses propres collègues, l’autre jouant allègrement dans l’illégalité pour maintenir une paix relative et faire vivre sa famille au sens large et près à franchir la ligne rouge si nécessaire.

Derrière ces deux personnages phares, on suit en profondeur une multitude de personnages pas si secondaire que cela, là aussi source de revirement d’opinions et de remises en question.

La série évolue au fil des épisodes jusqu’à un brillant final dans lequel de façon très classique, les deux ennemis, luttant selon des méthodes différentes pour une même cause, vont devoir d’associer pour lutter contre le vrai méchant caché dans l’ombre et qui n’a rien à envier au Dudley Smith d’Ellroy. Au passage, chacun devra mettre un pied dans le camp de l’autre et payer sa dîme au passage.

A peu de choses près, The shield exploite la même trame que celle qui sera utilisée dans l’extraordinaire Deadwood (qui en plus repense l’histoire et notre vision de la conquête de l’ouest) et compense son manque d’originalité par des personnages intéressants et une efficacité à toute épreuve. C’est du divertissement de grande qualité.

Une excellente première saison. Il me reste maintenant à découvrir si la série tient ses promesses sur le long terme puisque de nombreuses saisons sont déjà disponibles.