Publié le samedi 10 février 2007

[TV] The lost room

10 02 2007

Dans l’engouement actuel pour les séries, nombreuses sont celles qui fleurent bon le fantastique, ce genre qui a connu son heure de gloire avec une des meilleures séries de tous les temps grâce à la plume de Rod Serling dans les années 50-60: La quatrième dimension (encore une traduction étrange puisque le titre original était The twilight zone et que le petit texte introductif commençait par: " There is a fifth dimension… ").

Parmi les plus intéressantes, Lost et Heroes connaissent un énorme succès auprès du public qui se perd en conjoncture sur le net. Mais si la passion est toujours là, le public semble avoir du mal à suivre sur la longueur (le succès de la troisième saison de Lost ne semble pas atteindre les espérances des producteurs). Il faut dire qu’il n’est pas facile de maintenir le dangereux équilibre instable entre le mystère et la révélation lorsqu’un projet est programmé sur plusieurs années et certaines idées seraient largement mieux développée en quelques heures que sur des dizaines d’épisodes (dans un autre genre, nous pouvons penser à l’inégal Prison break).

Lost room produit et diffusé par Sci-Fi channel en juillet 2006 semble tirer les leçons de ces constatations. Il surfe certainement sur le succès de séries comme Lost avec une ambiance fantastique qui plonge aux racines du genre à la télévision avec des idées tirées de La quatrième dimension (des objets du quotidien dotés de pouvoir inattendus), une excellente idée de départ entre Stargate et Dans la peau de John Malkovitch et exploitée sur 3 épisodes de 2 heures chacun.

Tout commence lorsqu’au cours d’une enquête, le détective Joe Miller (interprété par Peter Krauze, très proche de son jeu dans Six feet under et qui ne réussi par une transformation à la Dexter) se voit remettre accidentellement une clé toute banale de la chambre numéro 10 d’une chambre d’hôtel. Rapidement, il découvre qu’il ne s’agit pas d’une clé comme les autres puisqu’elle ouvre toutes les portes sans exception à condition qu’elle dispose d’une serrure. Mais ce n’est pas tout. Outre son pouvoir de passe-partout universel, lorsque vous ouvrez une porte avec cette clé, elle donne systématiquement au même endroit : une chambre d’hôtel toute banale. Et lorsque vous ressortez de la chambre, vous pouvez choisir l’endroit où vous ressortez. La clé devient alors un moyen de transport fabuleux puisqu’elle vous permet de vous téléporter où vous voulez.

Miller va vite devenir le centre de toutes les attentions et découvrir que la clé n’est que l’un (mais le plus important) d’une centaine d’objets, provenant tous de la chambre, et possédant tous des propriétés étranges : du peigne qui arrête le temps à la montre qui cuit des œufs, en passant par les lunettes qui empêche la combustion au réveil qui fait fondre les soudures au souffre. Et depuis plus de 40 ans, diverses personnes se déchirent pour essayer de rassembler ces objets : les Collecteurs, la cabale mystique de l’Ordre de Réunification ou encore La Légion.

Mais rapidement, Joe Miller va trouver des raisons personnelles pour tenter de résoudre le mystère de l’origine de la chambre hors de l’espace et du temps, et de ces objets qui semblent s’attirer les uns les autres.

L’idée de départ n’est pas des plus originales mais tout comme dans Heroes, elle est exploitée avec efficacité, ici en une minisérie de 6 heures. Le format est intéressant parce que la série ne perd jamais son souffle et le spectateur passe de révélations en rebondissements. L’histoire se boucle au terme des 3 épisodes même si de nombreuses questions restent ouvertes et la motivation de certains personnages ne sont pas tout à fait claires.

Outre la présence de Peter Krauze, on retrouve dans Lost room d’autres figures familières pour ceux qui aiment les séries (il faudrait un jour faire les liens entre les séries sur base des acteurs, il y a sûrement un message caché) comme Julianna Margulies d’Urgence ou Roger Bart qui continue ses rôles de méchants après celui de pharmacien-psychopathe (belle insulte, soit dit en passant) dans Desperate housewives.

Des rumeurs lancées par des fans avides laissent suggérer que Lost room pourrait donner naissance à une série dans un format plus classique et s’il est vrai qu’il y a le potentiel pour une suite, sous une forme ou une autre, rien d’officiel n’a encore été annoncé à ce sujet et aucun projet n’est encore envisagé.

Quoi qu’il en soit, de quoi passer un agréable moment !