Publi le dimanche 11 février 2007

[art] Vija Celmins et l’hyperréalisme

11 02 2007

 

Les deux photos en noir et blanc ci-dessus, n’en sont pas vraiment. Il ne s’agit pas de photos mais bien de dessins réalisées par l’artiste américaine d’origine lettone Vija Celmins, une des figures de proue du mouvement hyperréaliste.

Petit arrêt sur une artiste dont 68 œuvres réalisées sur quelques 40 ans sont rassemblées dans une exposition (1).

Si je n’étais pas une artiste, je pense que j’aurais aimé être un scientifique. "

Ces mots de Vija Celmins se retrouvent régulièrement dans la bouche des artistes qui a travers leur fascination de la nature rejoignent les préoccupations des scientifiques. De Dali à Douglas Adams, tous étaient aussi fasciné par la science (tout comme le scientifique qui souvent n’a rien à envie à l’homme d’affaire du Blues du businessman).

Chez Vija Celmins, cela se manifeste par une obsession du détail, un besoin de traduire la nature sous la forme de dessins hyperréalistes, chaque œuvre pouvant lui prendre plusieurs mois de travail (pour la petite histoire, c’est cette même obsession du détail qui m’a fait délaisser l’art au profit de la science).

A partir de 1968, elle s’est inspiré de photographies pour réaliser des toiles monochromes qui expriment l’immensité du ciel étoilé. Plus tard, elle s’attaquera encore à l’infini en réalisant des dessins d’océans, toujours sur base de photos et sans présenter le moindre point de référence comme pour exprimer la paradoxale infinité d’un objet fini, le chant de la fractale.

En 1983, elle arrêtera cependant le dessin pour ne reprendre qu’en 1994 avec de nouvelles techniques (après le dessin au graphite sur une surface en acrylique, elle utilisera des toiles couvertes de fusain dont elle retirera des couches par endroit). Inspirée par un ouvrage de James Emerton (The common spiders of United States), elle représentera dans ses dessins la délicate transparence et la symétrie des toiles d’araignées, toujours avec une obsession photographique.

Vija Celmins est une des ces artistes qui nous replonge à l’époque de Ernst Haeckel où les scientifiques étaient également des artistes et ornaient leurs ouvrages de dessins et peintures représentant la nature avec un talent à faire frémir de jalousie de nombreux gribouilleurs.

  1. Actuellement au Hammer Museum à Los Angeles après un passage au Centre Pompidou à Paris

url= http://www.hammer.ucla.edu/exhibitions/119