[film] Kill Bill volumes 1 & 2
18 02 2007
Kill Bill
Parce que Tarrantino est un passionné et elles sont loin des canons que l’on attendrait d’un petit génie. Il aime les genres que certains trouvent mineur, western spaghetti, films de kung fu ou de zombie, séries Z, etc. Il possède un réel sens de l’humour, un génie pour le dialogue et surtout une réelle créativité technique et visuelle.
Au final, les films sur lesquels il travaille ne peuvent laisser de marbre, qu’il soit derrière la caméra ou non. De Reservoir Dog et Pulp fiction qui l’ont élevé au panthéon des réalisateurs de sa génération en passant par Natural Born Killer, True Romance ou encore le culte Une nuit en enfer.
Son nom en est devenu un label de qualité : " Quentin Tarrantino présente… "
Bien entendu, tous ses films ne possèdent pas la petite étincelle qui le rend inoubliable et sa carrière est-elle aussi jonchée de demi succès.
Alors quand j’ai entendu les critiques de Kill Bill, souvent présenté comme une film de série B de qualité, je ne me suis pas précipité sur les DVD à leur sortie (même si j’avoue que cette image de la belle Uma Thurman rappelant Bruce Lee alors que vêtue de jaune et portant un katana à la main avait de quoi me tenter).
Ce n’est que récemment que les deux films sont tombés accidentellement entre mes mains et qu’un midi, alors que j’étais seul á la maison pour la pause repas, j’ai décidé de regarder le début du volume 1.
Contre toute attente, je suis resté scotché à mon fauteuil et n’ai pas pu décrocher mon regard avant la fin du premier film (et ainsi raté le début de l’après-midi au boulot, un des avantages de pouvoir faire ses propres horaires).
Kill Bill est un concentré de cliché (ou de référence ou d’hommage, selon le terme que l’on veut employer). Tous les classiques et les stéréotypes de certains genre y passent : films de kung fu, de vengeance, même de zombies, westerns, mangas, jeux vidéos, et j’en passe et des meilleurs. De nombreuses scènes sont largement inspirée de classiques, des films de Bruce Lee à ceux de Sergio Leone.
L’histoire est du classicisme à pleurer : un héros (enfin, une héroïne dans ce cas-ci), revient d’entre les morts pour assouvir sa vengeance envers celui qui fut autrefois son ami mais l’a ensuite trahi. Pour atteindre son but, il devra passer par une série de combat de difficulté croissante avec ses flots de sang. Ce héros a bien entendu une formation hors du commun qu’il a hérité de maîtres vivants dans des contrées exotiques (et que l’on revoir régulièrement sous forme de flash back, à la manière de Kung fu, ce qui rend la présence de David Caradine au casting plus qu’une coïncidence, tout comme celle de Sonny Chiba).
Mais ce qui fait certainement la différence, outre les innombrables côtés familiers qui procure au spectateur sensible un délicieux frisson de déjà vu qui le fait évoluer en terrain connu, c’est la recherche visuelle et dans le montage. Tarrantino semble utiliser pour ce film toute la batterie de ses moyens techniques : montage créatif, alternance de différents médias (noir&blanc, couleur, dessin animé, multi-écran, ombres, etc.) mais sans gratuité ; à chaque fois pour jouer avec notre sensibilité.
Avec ce film, il est clair que le réalisateur utilise sa renommée pour se faire plaisir et c’est terriblement communicatif. Certaines scènes sont délicieusement excessives et le second degré se cache au détour de chaque scène sensible, de chaque surprise.
Kill Bill est certainement un cas d’école et pour le spécialiste, il y a de quoi remplir de nombreuses pages. Pour l’amateur de cinéma naïf comme moi, de quoi passer un moment inoubliable !
Publié par : Owen Meany à 01:43:42Permalien
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