[film] Marie-Antoinette
22 02 2007
C’est qu’on l’attendait le nouveau film de la fille prodige de Francis Ford, surtout après un film aussi esthétique de Virgin suicide tiré d’un roman inadaptable et une petite merveille de douceur et de sensibilité qu’était Lost in translation. Surtout qu’il a fait un sacré potin à sa sortie Marie-Antoinette ! Imaginez un peu ! De la musique moderne à Versailles ! Pourquoi pas de la musique pop dans un western (quoi, Young guns ?), Beethoven joué version electro (vous avez dit Orange mécanique ?) ou Nirvana au Moulin rouge ? Bien après la bataille, j’ai enfin visionné ce film sur la vie pseudo-rock’n’roll de la petite princesse quasi-sans-tête devenue reine. Et beaucoup de bruit, certe, mais beaucoup de bruit pour rien ! Si c’est une critique métaphorique de notre monde actuel, elle est ennuyeuse et n’atteint certainement pas son objectif. Qui pourrait s’identifier à ce personnage exaspérant qu’est Marie-Antoinette teintée de cette image de la femme délaissée par le grand homme que l’on retrouve comme un leitmotiv dans le travail de Sofia. Pour revenir brièvement sur quelques scènes anecdotiques qui sont anachroniques (en particulier la scène de bal qui ressemble plus à une soirée d’aujourd’hui qu’à une fête de l’époque), elles sont inutiles et ne semblent être là que pour donner au film le cachet qui lui manque. Comme du sexe gratuit pour tenter de réveiller un spectateur endormis. Marie-Antoinette peut se regarder comme une sorte de reportage racoleur mais passablement ennuyeux et sans intérêt. " It’s ridiculous… It’s Versailles ! " ou " It’s Marie-Antoinette " P.S : Si cette critique est si négative, je dois dire pour la décharge de ce film que ma fille a ruiné sa chambre à grand coup de vomi alors que je le visionnais. Difficile de garder un esprit positif dans de telles conditions ? Je n’aurais pas du lui proposer un dernier petit chocolat à la menthe…
Le film est très bien fait et on reconnaît la patte de Sofia Copolla dans de nombreux plans, la reconstitution est magnifique. Le total décalage entre la vie à Versailles et la dure réalité du peuple français est illustré par une seule facette de la situation : celle de l’excès, de la décadence, de l’irréalité, de la gamine pourrie gâtée qui s’ennuie dans sa cage dorée loin des considérations de tout un chacun.
Permalien
Comments : Ajouter un commentaire
Catégories : [film]


