[science/art] La tour de Babel
23 02 2007
Qu’est-ce que vous y voyez dans la photo de gauche ? Un gâteau de mariage ? La tour de Babel de Bruegel (présentée à droite) ? Les dents dans la bouche d’un verre polychète marin ? Si vous avez opté pour la dernière proposition, je peux facilement en déduire que vous êtes un biologiste marin. La photo de gauche est une reconstitution au microscope électronique de l’extrémité d’une sonde en or d’un autre microscope (un microscope en observant un autre, vous pouvez goûter à la douce poésie de la chose). Je vous propose un petit voyage dans les nano-mondes, entre science et art, et ce que ceux-ci peuvent nous apprendre sur nous même ! -- Dans le récit de la tour de Babel, en brouillant le langage de l’homme, Dieu ne fait pas que créer différents langages. Il sépare les hommes au delà des mots. Il forme de tribu, chacune avec sa culture et sa manière de penser nous laissant avec comme seul point commun cette humanité qui peut unir deux individus aussi différents soient ils (pour une magnifique illustration visuelle, voir le film Babel). Ces différences semblent ainsi opposer les hommes en fonction de leur héritage culturel et leur apprentissage. Science et Art, par exemple, semblent être opposés par des approches et des objectifs radicalement opposés. Pourtant, les faits semblent contredire ce paradigme : découverte et création semblent si étroitement liées autour de notre désir de chercher de l’ordre dans le chaos, dans notre quête de beauté, que scientifiques et artistes s’envient l’un l’autre, l’artiste étant avant tout une technicien qui transcende la technique, le scientifique cherchant à oublier ses protocoles pour révéler la beauté de la nature. S’ils semblent parler deux langues différentes, ils sont fait pour se comprendre. C’est ainsi que nombre de scientifiques s’aventurent dans le domaine de l’art, jouant parfois inconsciemment avec notre propension naturelle à interpréter selon notre bagage culturel. Ainsi, la métaphore est un art largement utilisé en science pour décrire un phénomène. Quoi de plus simple pour décrire la manière de bouger d’une larve d’étoile de mer que de le comparer au mouvement gracieux de la navette spatiale en apesanteur ? La connexion entre art, science et notre tendance naturelle à faire des associations est particulièrement flagrante lorsque l’on plonge dans le monde de l’infiniment petit. Depuis la création du microscope, les techniques se sont développées nous permettant aujourd’hui de révéler un monde totalement inconnu à notre échelle. Par exemple, l’utilisation du microscopique électronique à balayage a permis de mettre au jour les détails magnifiques de certains organismes vivants et faire de cet outil de science une moyen artistique donnant naissance à la science contemplative (1). Plus nous plongeons vers l’infiniment petit, plus notre façon d’interpréter ces images nous révèlent. Tout comme l’art non figuratif, la science devient alors source d’images qui jouent avec notre inconscient, notre mémoire, pour nous révéler ce que nous sommes. Une sorte de test de Rorschach artistique. Dis moi ce que tu vois, je te dirai qui tu es ! De telles photographies, entre science et art, sont rassemblées dans un bel ouvrage rédigé par le nobelisé Roald Hoffman (2). url=
http://www.micronaut.fr/
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http://www.s3.infm.it/blowup/ Publié par : Owen Meany à 04:21:50Permalien
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