Publié le lundi 5 mars 2007

[Humeur] Le sens de la vie - part 2

05 03 2007

Ce texte fait suite à celui proposé hier:

http://owen.monblogue.branchez-vous.com/2007/03/04#136047

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2. Nonsense

(*) Quel est le sens de la vie ?

C’est probablement autour de cette question que s’est créé cette discipline étrange que l’on appelle la philosophie. Tout philosophe digne de ce nom doit avoir un avis sur la question, quitte à avoir un avis idiot au risque d’être la risée de ses camarades lors des conférences et autres symposiums.

Mais, comme disait ma maman, " la philosophie c’est bien mais cela ne nourrit pas son homme ! ". Autrement dit, c’est bien de faire le malin en utilisant de grands mots et pondre des tonnes de bouquins incompréhensibles, mais rendez-vous utile un petit peu !

C’est vrai quoi !

(*) A quoi cela sert de résoudre les mystères de l’univers si cela ne sert à rien ?

Et ne me faites pas rire avec la satisfaction de la connaissance et autres fadaises du même tonneau (Roger, un muscadet).

Prenons par exemple l’existentialisme.

Franchement ! Si c’est une plaisanterie, elle est encore moins drôle que celle du belge, du polonais et du suisse en vacances ! (ah ah ah, j’en ris encore !)

Je dois reconnaître que l’idée de départ est séduisante :

(*) La vie n’a d’autre sens que celui qu’on lui donne, chaque individu est libre et responsable de son destin, " l’existence précède l’essence ", bla bla bla.

Mais au final cela donne un courant philosophique et littéraire drôle comme une épidémie de peste dans un orphelinat. Normal pour un mouvement lancé par un danois dépressif au nom imprononçable et entretenu par de joyeux drilles comme Sarte, Camus ou Vian.

La philosophie n’est pas censée être drôle, me diront les pissent-vinaigres (aucune idée de comment cela s’écrit et mon dictionnaire est bien trop loin), pas plus que la vie !

Et si c’était là l’erreur la plus fondamentale ? Et si les plus grands philosophes de tous les temps n’étaient pas Kant, Pluto (non, c’est l’ami de Mickey, je voulais dire Platon), Kierkegaard, Aristote ou même Bernard Henry-Levy mais bien Matt Groening, Douglas Adams ou l’école des Monty Python ?

Absurde ? N’est-ce pas là, LA réponse ?

L’humour nonsense est une forme de philosophie appliquée, une alternative plus sérieuse à cette franche rigolade qu’est l’existentialisme. Il trouve ses racines dans nos interrogations philosophiques sur le sens de la vie et y apporte la seule réponse possible :

(*) La vie est absurde et n’a aucun sens. Mais plutôt que de sombrer dans la dépression facile, le nonsense y apporte un corollaire non négligeable : " who cares ! " suivit d’un vibrant et drolatique " always looks on the bright side of life ".

Oui, la vie est absurde et c’est bien ce qui est drôle. Alors fendons-nous la poire !

Quelques illustrations tirées de la culture nonsense.

Un des textes fondateurs de la culture nonsense est certainement l’hilarant Hamlet de Willy Shakespeare. " Etre ou ne pas être ", " Pauvre Yorick ", décidement si l’on n’a qu’Hamlet ou Kierkegaard comme référence, rien d’étonnant que le Danmark soit moins visité que la Costa Brava lors des grandes migrations d’étés. Pourtant, malgré ce personnage et ses tendances dépressives à faire passer Bourriquet et Marvin pour de joyeux drilles, Hamlet est une pièce qui possède de réel moment comique et absurde. Le mouvement était lancé :

(*) Oui, on peut rire de tout et même de l’absurdité de notre triste vie à laquelle nous sommes condamné. Rions de nos malheurs et de celui des autres (à condition qu’il soit rigolo, dirait Geluck).

La question du sens de la vie est alors abordé par tous les représentants de l’humour nonsense pour toujours arriver à la même conclusion.

Les Monty Python ont plus fait pour la philosophie que nombre de philosophes actuels, que ce soit les discussions absurdes sur l’existentialisme de madame Prémisse et madame Conclusion dans les Flying circus ou le film Le sens de la vie dans lequel la condition humaine était symbolisée par des poissons enfermés dans l’aquarium d’un restaurant et qui discutent du sens de la vie en voyant leurs congénères se faire dévorer. La vie est absurde mais cela ne change rien au fait que ma bagnole perd de l’huile !

Toute leur pensée est résumée dans la magnifique chanson écrite par Eric Idle et qui clôture La vie de Bryan :

For life is quite absurd
And death's the final word
(…)

Life's a piece of shit
When you look at it
Life's a laugh and death's a joke, it's true.
You'll see it's all a show
Keep 'em laughing as you go
Just remember that the last laugh is on you.
 "

Un autre exemple est Le guide galactique de Douglas Adams qui sous ses nombreuses formes est construit autour de la même question du sens de la vie, la recherche de la réponse (et surtout la question) ultime sur La vie, l’univers et le reste.

Après 7.5 millions d’années de réflexion de l’ordinateur le plus puissant du monde, Deep thought, construit uniquement pour l’occasion, la réponse à la grande question du sens de la vie apparaît être : 42 (il est intéressant de noter que l’intelligence artificielle ultime créée dans Destination : vide de Frank Herbert et qui se pose sur l’existence de Dieu arrive à la conclusion que Dieu existe bel et bien et que Dieu, c’est lui !)

En soit, la réponse en dit long sur l’absurdité de la vie. Mais plus tard, on découvre que la terre n’est autre qu’un super ordinateur créé pour calculer ce qui est la question ultime dont la réponse est 42 après 10 millions d’années de calculs.

Après de nombreux rebondissement, l’auditeur ou le téléspectateur (cette réponse n’apparaît que dans l’émission de radio originale et dans la série télévisée, elle a été retirée des autres formats tellement elle est lourde de révélation) découvre que cette question est : " Combien est-ce que j’obtiens si je multiplie 6 par 9 ? " (celle-ci était cachée dans l’esprit du seul humain qui a survécu à la destruction de la terre par un vaisseau Vogon pour faire place à une déviation galactique et qui est révélée par pur hasard, on y revient, en tirant des lettres de scrabble préhistorique… si vous n’avez rien compris à cette parenthèse, c’est parfaitement normal).

La conclusion tombe alors comme un couperet : " J’ai toujours su qu’il y avait quelque chose de fondamentalement foireux dans cet univers ".

(*) Oui, la vie est absurde. Elle n’a aucun sens. Mais ce n’est pas une raison pour s’emmerder ! " Enjoy it - it's your last chance anyhow ! ".

SUITE ET FIN DEMAIN