[humeur] Harry Potter and the Mad Scientist
07 03 2007
On peut dire ce que l’on veut sur J.K. Rowling et son sympathique personnage Harry Potter mais personne ne peut nier le fait qu’elle aura marqué cette génération. Et pas seulement chez les petits, les adultes aussi semblent pris dans l’ouragan déclenché par l’arrivée de l’apprenti-sorcier. Ainsi, alors que je faisais une recherche dans la littérature scientifique, un des aspects les plus barbant de mon boulot, j’ai eu l’étrange idée de taper les mots clés " Harry Potter " dans le moteur de recherche (1). Et là, consternation ! De nombreux articles portent mention de Harry Potter dans des revues aussi sérieuses et spécialisées que Genome Biology, Clinical Child Phychology and Psychiatry British Medical Journal ou encore Nature. Petit tour au pays des scientifiques qui ont perdu la boule avec à la clé une démonstration scientifique de premier plan que Harry Potter est bon pour la santé et peut même sauver la vie de vos enfants ! En attendant l’arrivée du nouveau Harry Potter (Harry Potter and the something of something), le fan peut s’occuper en relisant les 6 premiers volumes et se perdre en conjonctures (il peut pour cela s’aider de nombreux ouvrages et sites sur le sujet). Pour ma part, je me suis plongé dans ce que la littérature scientifique pouvait m’offrir sur le sujet. Les mots " Harry Potter " donnent un vingtaine d’occurrences dans la littérature scientifique et ces dernières peuvent être divisées en plusieurs catégories. Certains apparaissent directement hors de ma portée (comme le mystérieux " Harry Potter and obesity " qui a été publié uniquement en allemand dans Krankenpfl en 2006). Par exemple, l’article " Harry Potter casts a spell on accident prone children " (8) montre que deux choses semblent inévitables de nos jours pour les enfants : ils vont se blesser en allant jouer dehors et ils liront les livres de Harry Potter. Les blessures dues aux accidents lors des jeux en extérieurs sont connues comme une cause majeure de mortalité chez les jeunes enfants. La fréquence de ces accidents varie en fonction de différents paramètres comme les jours de la semaine, la période de l’année (vacances ou école), ou encore la météo. Les chercheurs ont pu également montrer que le taux d’admission aux urgences par des enfants entre 7 et 15 ans a dramatiquement chuté les week-ends qui ont suivit la sortie des deux derniers tomes de Harry Potter :
La conclusion est là et c’est scientifiquement prouvé : Harry Potter est bon pour la santé de nos enfants !
Les auteurs proposent alors des mesures préventives comme la publication de livres de bonnes qualités pour faire chuter le taux d’accident chez les enfants (tout en ajoutant une mesure de précaution : ces mesures pourraient avoir des effets secondaires en terme d’obésité et de tonus cardio-vasculaire).
(1) Pour pouvoir se tenir à jour, un chercheur doit vérifier régulièrement les articles qui sont sortit sur le sujet sur lequel il travaille dans la littérature scientifique. Un des outils est le site PubMed, sorte de moteur de recherche qui compile la littérature scientifique.
url=
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?DB=pubmed(2) Vous pouvez consulter l’article original sur :
url=
http://www.childrensmuseum.org/dinosphere/draco_rex/dracorex_hogwartsia.pdf(3) Devos D, Kalinina OV & Russell RB (2006) Genome Biology 7(12):333.
(4) Pour tout savoir sur le gène de la sorcellerie et comment il se transmet, lire l’amusante correspondance de Craig JM, Dow R & Aitken MA (2005) Harry Potter and the recessive allele publié dans Nature 436, 776.
(5) Noctor C (2006) Putting Harry Potter on the couch. Clin Child Psychol Psychiatry 11(4):579-89 ; Conn JJ (2002) What can clinical teachers learn from Harry Potter and the Philosopher's Stone? Med Educ. 36(12):1176-81.
(6) Subkowski P (2004) Harry Potter--the trauma as a drive for psychic development Prax Kinderpsychol Kinderpsychiatr.53(10):738-53 ; Lake S (2003) Object relations in Harry Potter. J Am Acad Psychoanal Dyn Psychiatry. 31(3):509-20.
(7) Welsh CJ (2004) Harry Potter and butterbeer.J Am Acad Child Adolesc Psychiatry. 43(1):9-10.
(8) Gwilym S, Howard DP, Davies N & Willett K. (2005) BMJ. 331(7531):1505-6. L’article complet est disponible sur :
url=
http://www.bmj.com/cgi/content/full/331/7531/1505 Publié par : Owen Meany à 02:33:53Permalien
Comments :
Catégories : [humeur]


