Publié le mercredi 14 mars 2007

[voyage] La ville la plus chère du monde

14 03 2007

Imaginez la scène :

Vous vous offrez un petit week-end à Oslo. Après un long voyage, vous vous asseyez à la terrasse d’un petit bar sympa et vous commandez une bonne bière bien fraîche. Alors que vous la buvez avec délice, vous regardez l’animation de la rue ambiante, les filles en vélo, les touristes japonais, etc., et tous le stress accumulé s’évacue. Vous êtes en vacances. Après un rapide coup d’œil dans votre guide, vous décidez d’aller visiter le musée Munch, un des fondateurs de l’expressionnisme et surtout l’enfant du pays dont certaines œuvres parmi les plus connues sont dans les musées d’art de la ville. Vous demandez l’addition avec un sourire pour la serveuse, vous sortez votre portefeuille avec l’intention de lui laisser un petit pourboire. Vous recevez la note, vous y jeter un coup d’œil distrait et là :

D’un coup vous comprenez où Munch a trouvé son inspiration pour son Cri.

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Récemment, je me suis offert les saisons 4 et 5 de l’excellente série Les Soprano. Deux magnifiques coffrets de 13 épisodes d’une des séries qui a largement contribué à cet engouement que l’on connaît aujourd’hui pour ce genre. Quelques 10 heures de bonheur assuré et ce pour la sommes de 20 euros, soit 2 euros l’heure de plaisir (1).

Depuis, le coffret de Soprano est devenu mon étalon monétaire, une unité plutôt rassurante lorsqu’on veut décrire un long week-end passé à Oslo, ville qui s’est vue remettre le prix de La ville la plus chère du monde.

Qu’est-ce qui est le pire finalement ? Annoncer qu’un verre en terrasse d’une petite brasserie (2 pintes de bière locale et 2 jus d’oranges) revient à plus de 20 euros ou que cela coûte un peu plus d’1 soprano ? Qu’un paquet de cigarette coûte a peu près un demi soprano ou quelques 8 euros ? Que le moindre petit plat sans prétention dans un restaurant autre qu’un fast-food vous reviendra à un petit soprano ou qu’il vous faudra 20 euros pour espérer manger un spaghetti ? (5)

Bref, vous avez compris l’idée. Une petite virée à Oslo allégera considérablement votre portefeuille (ou votre équivalent dvd-thèque).

Mais est-ce que cela en vaut la chandelle ?

Quelques petits arguments pour et contre.

1. Les filles

Si le fait que j’ai réalisé ce voyage en compagnie de mes beaux-parents, ma femme enceinte jusqu’aux yeux et ma petite fille de 2 ans peut avoir considérablement réduit mon potentiel déjà restreint de séduction, cela n’a en aucun cas altéré mon jugement en terme d’observateur critique et impartial de la faune locale.

Lorsque je suis arrivé en Suède, il y a de cela plus de 3 ans, j’avais comme tout un chacun l’image de la fille du Nord, blonde à la beauté sublime, incrustée comme un leitmotiv. Mon bref passage au Danemark quelques années plus tôt dans la ville universitaire de Aarhus m’avait conforté dans cette image. La tradition locale pour le vélo et les pentes inhabituelles pour ce plat pays, combinés à la prédisposition génétique à la blondeur élancée avait donné naissance à un bestiaire fabuleux de demoiselles.

J’ai, il est vrai, pas mal déchanté à mon arrivée en Suède. Oui, il y a des jolies filles, mais pas plus qu’ailleurs et un passage éclair dans le centre commercial qui sert de pôle culturel dans le bled où je vis a de quoi faire relativiser le plus convertis (2).

Mais ce qui m’avais frappé, c’est que la plus jolie suédoise que j’ai rencontré depuis mon arrivée au pays du hareng était norvégienne (il m’a fallu quelques temps pour découvrir ce fait).

Je partais donc avec un a priori positif.

Et je n’ai pas été d’écu. Alors que j’écris ces quelques mots, assis dans le confortable fauteuil du bar de l’hôtel de luxe dans lequel mes beaux-parents nous ont invité, une blonde posée sur la table (une bière on s’entend), une autre se consumant devant moi (une cigarette, en plus je mens l’espace est non fumeur et je ne fume plus), je louche par dessus mon écran pour observer une demoiselle au corps parfait moulée dans une affolante robe noire.

Bref, il y a beaucoup de jolies filles !

Pour celui qui goutte au type nordique (grandes blondes fines aux formes modestes), Oslo est certainement un endroit qui vaut le détour.

Cet argument, je vous le concède, est cependant un peu faible et ne motivera qu’une faible portion de touristes (7).

2.  La culture

Dans toute ville qui se respecte, la culture se décline selon deux formes : la culture-avec-un-petit-c et la Culture-avec-un-grand-C.

Oslo est une petite grande ville (elle a tout d’une grande, comme pourrait dire l’argument publicitaire) avec ses aspects positifs et ses aspects négatifs.

On y retrouve l’ambiance des grandes villes, sorte de Londres en miniature, avec ses restaurants des 4 coins du monde (dont certains sont de très bonnes surprises si votre portefeuille vous le permet) qui me manquent tellement dans ma retraite insulaire. On y trouve de tout pour peu que l’on sache où chercher. Le fait de visiter la ville en hiver occulte une partie des plaisirs purement estivaux, comme les terrasses, les concerts en plein air, etc. mais les rues sont animées et pleines de surprises.

Il y a bien sur les côtés sombres de toute grande ville, comme la pauvreté apparente à chaque coin de rue. Après deux jours, je commence à reconnaître les mendiants en rue : la vieille roumaine qui semble avoir développé un talent exceptionnel pour le visage implorant, le trentenaire tremblant des pieds à la tête, l’accordéoniste gitan qui fait partie de ce réseau qui joue aux 4 coins de la ville, etc.

Vivant en privilégié loin de tout cela, je suis frappé par la rapidité avec laquelle je me désinhibe à l’horreur. Il suffit de quelques heure pour qu’on ne prête plus attention à l’horreur de ces gens condamnés à vivre dans la rue.

En élevant mes enfants loin de tout cela (ma fille de deux ans était assez dubitative face à cette clocharde effondrées dans son sac de couchage dans la rue), je joue malgré moi le même jeu que le père du prince Siddartha. Je ne sais pas si c’est une bonne ou une mauvaise chose, j’espère juste qu’elle ne me bouddhera (6) pas dans quelques années.

Et puis, il y a la culture avec un grand C. Et c’est vraiment là la force de cette ville.

3. La Culture

Ce n’est pas pour son architecture chaotique qu’Oslo vaut le détour mais bien pour ses musées (même si certains bâtiments sont magnifiques). Et il y en a pour tous les goûts ! Celui qui, comme moi, aime se perdre dans les rues d’une ville qu’il ne connaît pas, y trouvera certainement son bonheur (avec un petit passage obligé par la fortesse).

Les amateurs de peinture se régaleront au Musée national des beaux arts (Nasjonalgalleriet) qui abrite des œuvres majeures de peintres célèbres (Matisse, Van Gogh, Picasso, Rubens, etc.) en mettant l’accent sur les peintres nordiques dont l’enfant du pays Munch. Par un curieux hasard, j’ai passé 3 jours dans Oslo sans voir une seule de ses toiles. En effet, si j’ai pu voir plusieurs musées backstage (grâce à la poussette de ma fille), je n’ai rien pu faire contre la fermeture de la galerie Munch de ce musée et n’ai pas eu le temps de visiter le musée qui lui est entièrement consacré (Munchmuseet).

Deux musées valent certainement le détour : le Musée historique (Historiskmuseum) et le Musée d’histoire naturelle (Naturhistoriskmuseum), le dernier étant situé dans un magnifique parc. Si ces derniers ne sont pas particulièrement originaux par leur contenu (même si l’importance relative à la culture Viking est intéressante) mais sont terriblement didactiques et bien faits. Les œuvres y sont présentés de façon très vivante et intelligente. Par exemple, les animaux du Musée d’histoire naturelle sont présentés à la fois par habitats et selon un ordre plus systématique. J’ai également pu visiter l’exposition Against nature ? sur l’homosexualité animale dont j’avais parlé il y a quelques semaines.

Une promenade dans le Frognerparke est aussi un passage obligé pour les amateurs d’art et de grands espaces. Il s’agit d’un parc situé en dehors du centre et qui absolument incroyable. Vous y entrez par une grille art deco pour pénétrer dans un espace vert habitée par les œuvres de Gustav Vigeland.

Des dizaines et des dizaines de statues sont rassemblées de la colossale colonne au pont, innombrables variations sur le thème de l’humanité, de la famille, de la vie. Toutes les statues représentent des gens liés par des liens affectifs ou familiaux, nu et dans des postures dynamiques. Certaines symbolises des sentiments, d’autres sont de véritables métaphores de certaines étapes de la vie. Même le plus indécrottable de béotiens (dont je fais partie) ne peut qu’être touché par ces œuvres qui laissent vagabonder l’imagination.

Mais si vous passez par Oslo, il faut absolument vous rendre sur la presque île de Bygdøy. De nombreux musées consacré à la mer y sont rassemblés et s’ils sont chers, ils sont absolument incroyables ! Le Frammuseet a été construit autour du bateau Fram qui a servit à de nombreuses expéditions polaires. Le musée relate ces différentes aventures d’un autre tremps avec de noms qui Amundsen ou Nansen qui passa 3 ans a dériver dans les glaces à bord de ce bateau. On ressent une réelle émotion a se promener dans le musée puis dans le bateau lui-même, par exemple en lisant le menu de Noël encore affiché dans le bateau et qui a été dégusté par –38 à une extrémité du monde.

D’autres incroyables aventures humaines sont également décrites dans le Kon-Tiki Museet, qui contient les bateaux que Thor Heyerdahl a utilisé pour prouver ses théories. Le Kon-Tiki, rdeau de balsa avec lequel il traversa 8000 km de l’océan pacifique en 1947 prouvant que l’on pouvait atteindre la Polynésie à partir de l’Amérique du sud ou encore le Ra II avec lequel il atteignit les Caraïbes à partir du Maroc.

Et puis, le Vikingskipshuset, qui contient trois magnifique drakkar funéraires qui furent enterré il y a plus de 1000 ans, prêt à voguer vers l’au-delà.

Une fois de plus, la grosse limitation est financière. Si certaines choses sont gratuites (le musée national, le musée d’histoire ou encore le parc), la grande majorité est payante et extrêmement chère. Ajoutez à cela le prix des transports en commun et la découverte des musées la ville vous coûteras rapidement une poignée de Sopranos.

En conclusion, Oslo, comme la plupart des grandes capitales européennes, vaut certainement le détour (et pas que pour ses filles) mais fera très mal à votre portefeuille !

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  1. C’est considérablement plus cher que l’heure de plaisir offerte par l’achat de l’intégrale de X-files pour 150 euros, faisant revenir l’heure de plaisir à seulement 0.9 euros. Mais la quantité n’est que rarement synonyme de qualité et qualitativement, une heure de Soprano est largement supérieure à une heure de X-files.
  2. Pour être honnête, c’est peut-être du à la consanguinité qui frappe dans ces régions isolées. Les filles semblent considérablement plus jolies dans les grandes villes comme Stockholm ou Göteborg, ainsi que dans les villes universitaire comme Uppsalla (3).
  3. Est-ce qu’on peut faire une note dans une note ? Peut importe. En fait, certains de mes amis qui sont venu me rendre visite vous dirait que je ne suis qu’un incroyable menteur. En effet, par une démonstration cuisante du sens de l’humour cruel du cosmos, alors que nous étions allés boire un verre dans un improbable bistrot minable du petit village le plus proche, ils ont été confronté à un nombre considérables de créatures toutes plus magnifiques les unes que les autres. Ils (et peu importe qui sont ces ‘Ils’ et quel sont leurs desseins tordus) avaient du importer les plus jolies filles de la raison dans le seul but de me contrarier ! (4)
  4. Je viens de me renseigner et il semblerait qu’il vaille mieux éviter de mettre des notes dans des notes si on veut être pris au sérieux. Cette note annonce donc la couleur quant à mon sérieux.
  5. C’est vraiment sympa ce système de notes. Si un improbable lecteur attentif remarque que la note (5) vient en lieues et place de la note (2), il faut qu’il sache que c’est simplement du au fait que l’écriture de ce texte s’est étalé sur plusieurs. Je me suis rendu compte entre temps que le système monétaire Soprano pouvait aussi se décliner en épisodes, sorte de centimes, avec la particularité très anglo-saxones qu’il est non-métrique. Il faut en effet 13 épisodes pour 1 soprano. Il est aussi intéressant de noter que ce système en base 13 est le seul dans lequel la question " combien font 6 fois neuf ?" trouve comme réponse " 42 ". Mais, on ne fait pas de blague en base 13, paraît-il.
  6. Les gens qui me connaissent et surtout savent à quel point je suis un sale con égoïste seront peut-être surpris par le côté grave de ces dernières lignes. J’ai donc clôturé par un jeu de mot gratuit, glacé et sophistiqué pour les rassurer. Oui, je suis toujours un sale con !

Proportionnellement, il n’y a pas plus de jolies filles à Oslo. Il y a juste plus de filles. Donc la probabilité d’en croiser des jolies est plus élevée. Mais comme le soleil occulte la présence des étoiles, elles semblent briller aux 4 coins de la ville !





3 Commentaires :

Commentaire écrit le lundi 19 mars 2007 à 08:51:22 (lien)
maeva
note que tu aurais écris oui je suis toujours un sale con "EGOISTE" si tu assumais jusqu'au bout, là tu arrives encore à gagner un mot dans tes aveux :)


Commentaire écrit le vendredi 16 mars 2007 à 16:48:01 (lien)
Darkhalf - http://darkhalf.be
Mince ...

je me sens comme l'Italie car moi je fonctionne en Julie Lescaut ...

:D (fier de lui)


Commentaire écrit le jeudi 15 mars 2007 à 06:04:03 (lien)
Chuck Nhorus - www.reisgen.be
Je vais adopter le Soprano comme unité monétaire, ça m'a l'air bien pratique.

Sinon dans le genre blague d'informaticien il ya aussi celle la:

La vie se résume à 10 catégories, ceux qui comprennent le binaire et ceux qui ne le comprennent pas...


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