Publié le mercredi 21 mars 2007

[film] Erik le viking

21 03 2007

Un film que j’avais été voir à sa sortie et avait pratiquement oublié depuis s’est rappelé à mon bon souvenir lors de mon récent voyage en Norvège. Alors que je visitais les musées de bateaux de la presqu’île de Bygdøy, je n’ai pas résisté à un petit passage à la librairie du magasin de souvenirs. Parmi des ouvrages plus sérieux, un titre a accroché mon regard : Erik le Viking, un petit livre pour enfant écrit par un certain Terry Jones (je ne l’ai pas acheté parce qu’il était un peu cher et maintenant je le regrette… à mettre sur ma liste avec Biographie d’un menteur par Graham Chapman).

Surpris, j’ai feuilleté le volume pour essayer de faire le rapprochement avec le film écrit et réalisé par cet ancien Monty Python fin des années 80 et que j’avais été voir à sa sortie.

Et puis, petit pied de nez du destin, je suis tombé sur le DVD du film alors que j’étais de passage chez un ami.

Là, je n’ai pas résisté longtemps et je me suis replongé dans les aventures pythonesques d’Erik.

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Le cinéma s’est souvent penché sur le problème de la destinée, explorant le spectre entre Babe allant jusqu’au bout contre son destin funeste pour finalement démontrer qu’à cœur vaillant tout est possible et Monsieur Jack qui après une brève tentative pour changer sa vie devenue trop routinière arrive à la conclusion qu’il est vain de vouloir faire autre chose que ce pour lequel on est destiné.

De son côté, il semble exister une sorte d’amour incompréhensible entre l’humour nonsense et des vikings, des spameurs des Monty Python aux dieux vieillissants de Beau comme un aéroport de Douglas Adams.

Il était donc inévitable qu’un film combinant ces différents aspects voit le jour ! Et ce film, c’est Erik le Viking.

Erik, campé par un excellent Tim Robbins au regard allumé et préfigurant son excellent rôle dans Le grand saut, est un viking qui se pose des questions sur son mode de vie. Il est las des pillages et des rapines (sans parler des viols dont il ne maîtrise pas encore toutes les subtilités) et cherche un sens au raisonnement circulaire qui préside aux expéditions de son peuple.

Il décide alors de se lancer dans la quête de la corne qui lui permettra de mettre fin à Ragnarok, l’âge de la guerre, en allant à Asgaard, la demeure des dieux. Mais la guerre profite à certains (dont le flegmatique et cruel Halfdan le noir joué sans trop de conviction par l’ancien camarade John Cleese) et ils ne voient pas d’un bon œil la fin des combats.

De nombreuses aventures rocambolesques et absurdes attendent le jeune Erik donnant lieu à des scènes truculentes et des dialogues savoureux inspirés de la mythologie viking (ne citons que la terrible insulte : " ton pére est mort de vieillesse ").

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Quand on regarde un film de Terry Jones, il est impossible de ne pas faire le rapprochement avec les films des Monty Pythons pour lesquels il a souvent été derrière la camera, ainsi que les films réalisés par les autres Pythons après leur séparation (principalement Terry Gilliam ou John Cleese). D’autant plus que Erik le viking était censé être un projet des Monty Pythons qui a été avorté suite à la disparition de Graham Chapman.

Erik le viking se trouve à mi chemin entre les films des Pythons (pour certaines scènes délirantes et totalement absurdes, ainsi que les dialogues surréalistes) et ceux de Terry Gilliams (pour l’univers merveilleux de pacotille… les effets spéciaux étant particulièrement kitsch qui rappelle pour certains aspects ceux que l’on retrouve dans Le baron de Munchausen ou Fisher king de Gilliams). S’il y a quelques très bonnes idées, le film n’arrive pas à atteindre le degré d’universalité qui a fait le succès de Un poisson nommé Wanda de John Cleese mais reste un spectacle plus que distrayant pour les amateurs des Pythons.

Sinon, certains pourront goûter au génie de Terry Jones en tant que visionnaire et qui a su symboliser notre attitude face aux changements climatiques bien avant que cela ne soit à la mode. Ainsi, quand suite à la méchanceté de Lokki, l’île de Hy-Brasil est engloutie par les flots, le roi Arnulf (interprété par Terry Jones lui-même) et ses sujets, font semblant de rien et continue de chanter comme si de rien était (" Everyone stay calm! This is not happening! ") avant de se faire submerger par les eaux.

Bien entendu, ceci est complètement idiot… et donc Terry Jones serait fier de moi !





1 Commentaire :

Commentaire écrit le mercredi 21 mars 2007 à 18:20:33 (lien)
zero
À propos de cette 'attitude face aux changements climatiques', eh bien je la rattache à l'objet de ton billet du 19 mars : Qu'est-ce que tu fais demain?

Si l'individu savant peut comprendre les causes et prévoir les effets du changement climatique enclenché à l'échelle planétaire, sa prise de conscience individuelle suffira-t-elle à changer le comportement de son espèce qui génère le problème par le biais de l'exploitation technologique ? Sinon, on peut demander à quoi bon sa capacité de prévoir le futur en pareil cas.

Aurions-nous besoin, face à ce type de situation, de simuler une 'conscience du genre humain', au lieu de disposer d'une simple conscience individuelle. Ou bien encore, évoquer une sorte d'instinct de survie affectant l'espèce humaine en bloc, analogue disons à l'instinct des écureuils, transposé à l'échelle humaine.



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