[humeur] This is your destinyyyyy !
08 04 2007
" Je sers la science et c’est ma joie ! " Parfois je me demande pourquoi je suis devenu scientifique. Ce qui est devenu ma destinée, ne semblait pourtant pas être une fatalité. Enfant, mes deux projets les plus sérieux d’avenir ont été l’archéologie (pour devenir Indiana Jones à la place d’Indiana Jones) ou faire quelque chose en relation avec l’espace (astronaute ou constructeur de vaisseau). Je me souviens arpentant les sous-sols des bâtiments en construction armé de mon ridicule chapeau, mon fouet à la ceinture, en quête de trésor du passé. Traînant dans la bibliothèque d’archéologie pour tenter vainement de comprendre les hiéroglyphes (sous le regard suspicieux de la bibliothèquaire) ou encore vouant un culte à Anubis. Je me souviens collectionnant toutes les coupures de presse sur l’aventure spatiale, ne ratant aucun lancement à la télévision ou harcelant les pauvres chercheurs du département de physique pour quelques images de voyager 2. Plus tard, au moment du choix, j’ai rapidement laissé tomber la possibilité de l’archéologie. Un exécrable professeur d’histoire m’avait largement dégoûté de la branche archéologique. Je me suis donc penché sur le type d’études qui fallait faire pour travailler dans l’aéro-spatiale. J’ai donc fait quelques recherches sur les bonnes écoles d’ingénieurs et j’ai décidé de me lancer dans ces études. La seule certitude que j’avais, et ce depuis très jeune, était celle de faire des études universitaires. Je viens pourtant d’un milieu simple mais mes parents faisaient partie de la première vague d’immigrant dans une jeune ville universitaire et employaient des étudiants pour travailler dans leur tea room. Les étudiants étaient les être les plus cool que je connaisse. Ils faisaient la fête comme des malades, buvaient des bières comme mon papa et ils savaient des tas de choses incroyables comme comment fonctionne un laser ou la relativité et l’histoire du jumeau qu’ils m’expliquaient simplement. Plus tard, je serais étudiant ! Plus tard, je serai baptisé ! Moi aussi j’aurai un tablier et une calotte… Après deux ans en Ingénieur, il a pourtant fallu que je me fasse une raison. Ce n’était pas fait pour moi. Je ramais péniblement pour surnager et je ne me voyais pas faire cela toute ma vie. Comme je travaillais depuis plusieurs années pour gagner un peu d’argent, j’ai envisager sérieusement de laisser tomber mon rêve d’enfant et rentrer dans la vie active. Mais mon père, dont la possibilité d’avoir un universitaire dans la famille et surtout croyant en mon potentiel, m’a poussé à donner à l’université une seconde chance. Mais que faire ? Un autre choix s’est alors proposé à moi. Un choix avec beaucoup moins d’avenir en terme de travail, de carrière et dont la vocation était plus tardive même si enfant j’ai toujours été attiré par la démarche scientifique. J’avais construit dans la cave de mes parents un laboratoire respectable, hybride entre une boite de petit chimiste et une caisse de vrai matériel que mes parents avaient rachetés à un étudiant fauché. J’y mettais au point des carburant pour fusée, des super engrais ou encore des solutions au problème araignée (je ne m’étendrai pas sur ma chambre à gaz pour arachnides). Je me souvient aussi d’une dissection de rat devant les yeux fasciné de ma petite sœur ! Mais c’est certainement un excellent professeur de science qui a fait la différence (et, je l’avoue avec un peu de honte aujourd’hui, la lecture de Les fourmis de Bernard Werber à sa sortie). Il m’a confirmé que la science est fascinante et une rélle recherche de trésor. La science me permettrait de combiner deux de mes désirs : ma tendance naturelle à organiser les choses et mettre les pièces en place et mon besoin d’enquêter, de chercher les mystères engloutis, bref l’aventure ! Je me suis donc lancé des études suite à la douce pression de l’environnement et dans la science par second choix. Aujourd’hui je suis biologiste aventurier et je fonctionne au plaisir. Je fais mon travail avec une rare passion et conscient de ma chance, j’en profite tant qu’elle est là. Pourtant, je sais que j’aurais pu être tout autre chose. Le besoin de créativité est toujours là et s’exprime de différentes manières : par ce blogue, par ma vie virtuelle en générale, par mes différents projets d’écriture (je viens de signer mon premier contrat avec une maison de production pour un scénario que j’ai co-écrit avec un réalisateur pour un court-métrage), etc. Je suis un scientifique qui joue à l’écrivain. Dieu sait ce que l’avenir me réserve. PS : J’ai déjà écrit ce genre de texte sur ce blogue. Cette chronique devait, à l’origine, être un texte sur l’Universeum mais elle est partie dans une toute autre direction en court de route, un peu comme moi et ma vie professionnelle. Je m’excuse dont auprès de l’improbable lecteur qui est arrivé au bout de ce texte et qui aurait déjà lu quelque chose de semblable (en fait, soyons réaliste, je m’excuse auprès de moi-même et comme j’ai une terrible mémoire, je ne devrais même pas m’en inquiéter).
Permalien
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