Publié le samedi 14 avril 2007

[culture] Nordens Ark

14 04 2007

Pour une obscure raison, j’aime les zoos et les parcs animaliers. Et si je vis aujourd’hui dans une réserve naturelle qui me permet de voir régulièrement des animaux tels que des élans ou encore une incroyable diversité d’oiseaux des fenêtres de ma maison ou de ma voiture, cela ne m’empêche pas d’avoir pris une carte à l’année dans un parc situé à 60 km de chez moi : Nordens ark (Bohuslan, Suède).

Ce parc, n’est pas un zoo.

Il se présente comme un arche du nord, un endroit où sont rassemblés les espèces du nord de l’Europe, des plus courantes aux plus menacées.

Comme de nombreux autres parcs zoologiques aujourd’hui, ils participent à différents programmes scientifiques dont le but est l’élevage en captivité d’espèces menacées avec pour but ultime la conservation et la réintroduction (1).

Mais Nordens ark se différencie de la plupart des autres parcs sous différents aspects.

Par son aspect géographique. Il est situé dans une région merveilleuse et est intégré à la nature environnante. Le parc semble posé au bord d’un fjord et phagocyté par la forêt qui s’étend à perte de vue. La visite vaut le coup d’œil rien que pour les points de vue époustouflant.

D’autre part, les animaux présentés sortent de l’ordinaire. Pas de girafe, ni d’éléphant, mais des loutres, des léopard et des renards de neiges, des tigres de Sibérie, des loups ou encore le fascinant glouton (si vous ne connaissez pas, sachez qu’en anglais on l’appelle wolverine).

On ne se promène pas non plus dans Nordens ark comme dans un zoo. Oui, les animaux sont confinés dans des enclos, mais pour la plupart, les enclos sont de taille respectables et surtout intégrés dans la nature locale. Dès lors, le visiteur n’est jamais assuré de voir l’animal qui dispose de dizaines de cachettes pour échapper aux regards curieux.

S’il veut profiter du parc, le visiteur doit apprendre la patience, une démarche qui n’est plus très en vogue dans notre société de l’information. Si vous vous contentez de traverser le parc, vous ne verrez que la moitié des animaux présent.

Avec ma carte à l’année, je peux me permettre d’aller y flâner quelques heures quand cela me chante, m’asseoir une heure à proximité de l’enclos à tigre et attendre patiemment que l’un d’entre eux décident de venir m’observer.

Vous l’avez compris, la visite du parc peut se révéler particulièrement frustrante si vous n’avez pas de chance.

Pour ma part, j’ai failli avoir de gros ennuis avec ma fille en lui promettant d’aller voir les tigres !

Mais le parc possède une autre facette qui permet de compenser cette incertitude et ravira les enfants. Un peu à l’écart des enclos, Nordens ark entretiens une ferme active contenant différentes espèces utilisées dans les fermes locales (dont certaines espèces rares et menacées) : cochons, vaches, chèvres, chevaux, poules, lapins, etc.

Cette ferme, en forme d’arche, est ludique et interactive. Les enfant peuvent regarder ces animaux de près et éventuellement les toucher.

Lors de ma dernière visite pour le week-end de Pâques, j’ai été particulièrement chanceux. Il s’agit en effet de la période d’accouchement pour la plupart des espèces et la grande majorité des individus étaient soit enceintes, soit venaient juste d’accoucher. Il y avait un nombre incroyable d’animaux nouveau-nés dont un veau qui venait à peine de sortir du ventre de sa mère (qui s’est mis en tête de manger le placenta devant nous, ce qui a particulièrement plus à ma tendre et douce qui devrait accoucher dans quelques semaines).

Nordens ark est un parc qui pourrait vous réconcilier avec les zoos.

(1) L’efficacité et même le fondement de tels programmes est sujette à de violents débats. Une chose est sûre, ces efforts sont surtout une manière de donner un verni de respectabilité à des organismes dont le but premier est avant tout de faire de l’argent. Mais ce n’est pas une raison pour rejeter en bloc ce genre d’initiatives.