Publié le lundi 16 avril 2007

[science] wiiiittttccchhhh, wiiiiitttccchhhh !

16 04 2007

A quoi reconnaît-on une sorcière ?

La question mérite d’être posée et certaines pistes ont déjà été apportées par les esprits les plus sage. Par exemple, il est raisonnable de penser qu’elle pèse autant qu’un canard puisqu’elle brûle (1). D’autres références aussi sérieuses, semblent indiquer qu’au contraire une sorcière constitue un piètre combustible (2).

Une chose est sure, personne n’avait imaginé que la célèbre sorcière Jeanne d’Arc passée à la broche à Rouen en 1431 pour diverses exactions maléfiques et quelques taquineries politiques était en fait… une momie ! (un comble pour une vierge !)

C’est ce que vient, en effet, de révéler une très sérieuse étude d’une relique de la sainte femme (3).

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Que reste-t-il de Jeanne d’Arc aujourd’hui ?

Outre quelques lignes dans les livres d’histoires et le film de Luc Besson, l’église dispose d’un reliquaire contenant un fragment de côte, un os de chat et un morceau de bois calciné (4) que vous pouvez admirer au musée appartenant à l’archidiocèse de Tour à Chinon.

Ce reliquaire découvert en 1867, soit plus de 400 ans après le saint barbecue, dans la réserve d’une pharmacie parisienne a été reconnue par l’église.

Personne ne s’est étonnée de la réapparition à propos de cette relique au moment où Jeanne d’Arc faisons son come-back médiatique après avoir disparu des esprits. Les voies du seigneur sont impénétrables (contrairement à celles de Pascal Sevran mais c’est une autre histoire) et cela arrangeait bien l’église qui pouvait ainsi renforcer son message.

L’année dernière, un vil païen appelé Philippe Charlier travaillant à l’hôpital Poincarré à Garche s’est mis en tête d’analyser ces reliques à l’aide de toute une batterie de tests scientifiques : spectrométrie, microscopie, analyse du pollen, datation au carbone-14 et de manière plus originale, il a fait appel à des " nez " de grands parfumeurs (Sylvaine Delacourte de chez Guerlain et Jean-Michel Duriez de chez Jean Patou) pour une étude des odeurs.

L’ensemble de ces analyses montre que le fragment de côte humain présent dans le reliquaire ne peut pas être celui de Jeanne d’Arc sauf si celle-ci était une momie égyptienne d’une personne ayant vécu entre le 3e et le 6e siècle avant Jesus Christ.

Tous les indices vont dans ce sens.

La relique contient de fortes odeurs de vanille caractéristiques d’une décomposition naturelle du corps (produisant de la vanilline) incompatible avec l’hypothèse d’une crémation mais pas avec celle d’un embaumement. La présence de pollen de pin qui était absent en Normandie à l’époque des faits pose également problème alors que la résine de ces mêmes pins était utilisée dans le procédé de momification en Egypte. Ajoutez à cela la structure microscopique et l’analyse spectrométrique qui correspondent à celle des momies (et non pas à celle d’un corps carbonisée) et une datation qui ramène plus de 1500 ans avant la grande sauterie d’Orléans et vous avez de bonne indication que cette relique est un faux !

Mais comment un fragment de momie égyptienne a-t-elle pu se retrouver dans une pharmacie parisienne du 19e siècle ? La chose est loin d’être impossible. En effet, les momies étaient utilisées comme ingrédients de remède dans l’Europe moyenâgeuse.

Curieusement, l’église semble prendre la nouvelle avec une bonhomie inhabituelle et cette découverte ne fait pas le même foin que les études qui démystifient le suaire de Turin. Mais que font les féministes ?

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  1. Selon la référence ultime Monty Python (1975) Monty Python’s holy grail : La sorcière brûle, donc elle est en bois, donc elle flotte, comme le canard, donc elle pèse autant qu’un canard. CQFD.
  2. Rowling JK (1999) Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban indique clairement qu’une sorcière est protégée du feu par ses pouvoirs magiques et que les bûchers moyenâgeux étaient totalement inefficaces : " Au moyen Age, les personnes dépourvues de pouvoir magique (appelés communément ‘Moldus’) ressentaient une terreur particulière à l’égard de la sorcellerie, mais étaient souvent incapable de reconnaître ceux qui la pratiquaient vraiment. Lorsque, par extraordinaire, un sorcier ou une sorcière était capturée, sa condamnation au bêcher n’avait aucun effet. Le condamné se contentait de jeter un simple sortilège de Gèle-Flamme, puis faisait semblant de se tordre de douleur dans l’apparente fournaise alors qu’en réalité, il n’éprouvait qu’une agréable sensation de chatouillis. Gwendoline la Fantasque, par exemple, était toujours ravie de se faire brûler vive, à tel point qu’elle s’arrangea pour être capturée 47 fois sous divers déguisements. "
  3. L’histoire de Jeanne d’Arc semble aller dans ce sens puisque selon la légende, il aurait fallu la brûler presque 3 fois pour tenter, sans succès, de la consumer entièrement, contribuant ainsi à son miracle et sa légende. Ces pissent-vinaigre de scientifiques jouent une fois de plus les blasés en disant que c’est tout à fait normal et que certains organes comme les intestins ou le cœur, très riche en eau, son extrêmement difficiles à brûler. Ils rigoleront moins en enfer !

  4. Si le ton de cette chronique est passablement idiot, sachez que l’histoire est rigoureusement exact. Les informations sont tirées de l’article : Butler D (2007) Joan of Arc’s relics exposed as forgery Nature 446 : 593.
  5. S la sorcière était réellement en bois, elle n’avait pas besoin de bois supplémentaire pour brûler. On supposera alors que le bûcher n’avait pour seul but que de consumer les chats qui étaient traditionnellement brûler avec les sorcières. On savait rire en ce temps là. Pour la décharge des gens du moyen-âge, ils n’avaient ni la télévision, ni Dan Brown pour s’occuper.