Publi le jeudi 19 avril 2007

[TV] Rome – Saison 2

19 04 2007

Les 10 épisodes de la seconde saison de Rome reprennent la même recette que la première : raconter la grande histoire (le querelle de succession après le meurtre de Jules César) selon le point de vue des grands figures histoires (Brutus, Octave, Marc-Antoine, Cléopâtre, etc.) mais aussi celui plus individuel du peuple (toujours à travers les deux figures Titus Pullo et Lucius Veronus).

La première saison se déroulait entre la guerre des Gaules et la mort de César sur le marbre du sénat. L’histoire reposait principalement sur le personnage hautement charismatique de Jules César et sur la question : qu’est-ce qui a poussé Brutus a participer à ce crime. La réponse y était très intéressante, cherchant dans l’humanité à son niveau le plus fondamental, la cause des grands changements de l’histoire.

Le dernier épisode de la première saison était particulièrement intense, de par la mort de César, mais aussi les terribles événements qui frappent Lucius Veronus et sa famille.

On en ressort le cœur battant et Jérémie Malaussene hurlant dans votre tête : " La suuuiiite, la suite bordel ! "

La seconde saison s’ouvre sur la cadavre ensanglanté de Jules César et enchaîne immédiatement après les faits sans aucune transition.

Cet épisode charnière marque le début d’une seconde saison d’une qualité égale à la première, mettant toujours autant de soin et d’argent dans les décors (même si les spécialistes s’accordent pour dire que la reconstitution de l’Egypte n’est pas aussi fidèle que celle de Rome), les intrigues et le réalisme dans les relations humaines (selon les standards de l’époque).

Au niveau scénario, la seconde saison présente un intéressant effet miroir avec la première. La saison 1 commençait de façon très racoleuse à grand renfort de violence et de sexe particulièrement explicite pour une série télévisée (mais il est bien connu que HBO n’a peur de rien) pour glisser vers un monde basé sur les intrigues.

Ce sont les intrigues qui sont mise à l’honneur dans la première partie de la seconde saison, violence et sexe ne faisant qu’une réapparition remarquable dans les derniers épisodes, atteignant de nouveaux sommets, comme une sorte d’étrange récompense pour les spectateurs.

L’Histoire-avec-un-grand-H est connue : le soldat et ami de César, Marc-Antoine jouant de l’amour que lui porte le peuple pour retirer son épingle du jeu, Brutus en exil et qui tente vainement de revenir au pouvoir (la scène métaphorique de sa mort est quelque peu ridicule) et surtout le terrible Octave, héritier officiel de Jules César, froid, intelligent et calculateur, prêt à toutes les alliance et toutes les traîtrises pour arriver à ses fins et qui tiendra finalement les rennes.

C’est en particulier l’opposition Marc-Antoine et Octave qui est mise en avant et c’est encore une simple histoire d’amour (impliquant bien entendu Cléopâtre mais aussi Domina) qui est le point d’appuis de l’histoire.

Au niveau du peuple, Titus Pullo s’est assagit et Lucius Veronus, écrasé par le chagrin, sombre dans une sorte de violence désabusée. Ils se voient confier la mission de tenir les bas quartier de Rome, en pleine effervescence fasse à la constante mouvance du pouvoir. Une fois encore, ils joueront des rôles clés dans la petite mais aussi la grande histoire.

Le tout est d’une grande qualité, une leçon d’histoire flamboyante, mais pour une raison que je m’explique pas, la seconde saison manque de la petite étincelle qui rendait la première totalement extraordinaire. S’il s’agit d’un spectacle de très grande qualité et bien au-delà des nombreuses séries disponibles actuellement (et qui semble se formater de plus en plus), il y a quelque de chose de moins dans la seconde saison, sans que je puisse mettre le doigt dessus. Peut-être le plaisir de la découverte. Peut-être un personnage aussi intriguant que Jules César.


Quoi qu’il en soit, les deux saisons de Rome valent certainement la peine qu’on s’y intéresse !

The rest is history !

D’autant plus que HBO a été très clair : il n’y aura pas de troisième saison.