[TV] Oz, saison 1
29 04 2007
Si les séries ont le succès qu’elles ont aujourd’hui, c’est en partie grâce à HBO qui a donné au genre de nouvelles règles de qualité avec des séries comme Six feet under ou les Soprano. Une des premières séries de cette maison de production est Oz, une série qui nous plonge dans l’enfer de l’univers carcéral. Oz, c’est le petit nom de la prison de Oswald dans laquelle un homme essaye de créer une section, Emerald city ou Em city, plus humaine et d’y projeter ses idéaux : essayer de donner un espoir au prisonnier d’évoluer en dehors de la spirale de la criminalité. La première saison est l’histoire de son échec. -- La méthode de narration est d’une incroyable originalité pour une série de la fin des années 90. On suit de nombreux personnages, prisonniers, gardien, directeur, prêtre, politicien, etc. et l’on assiste impuissant à la mort à petit feu d’une belle utopie. Le grand intérêt d Oz est que la réponse apportée est d’une incroyable subtilité. Le spectateur est bombardé d’informations, parfois contradictoires, absurdes ou dénuées de logique, toutes contribuant à la mort de nos préjugés. De nombreux aspects de la vie en prison sont présentés au cours de 8 épisodes de cette première saison : la corruption, le trafic, la violence, le sexe, la peine de mort, la politique, les gangs, etc. Des aspects positifs sont aussi abordés, souvent de manière très politiquement incorrecte : la religion, catholique ou musulmane, chacune avec ses points forts et ses débordements. La série pose aussi la question de l’origine de la violence, insistant sur l’impact de la société qui crée des criminels. Elle dénonce l’hypocrisie de vouloir améliorer les conditions en prison (mais aussi le système purement punitif) alors que le système au dehors qui devrait être revu. Oz joue littéralement avec le spectateur, ses émotions et ses certitudes. Elle fait évoluer votre point de vie, casse vos vérités à grands coups de retournement de situations. Qui est le pire ? celui qui tue un dealer qui vendait de la drogue à ses enfants ou celui qui écrase une adolescente alors qu’il conduisait en état d’ivresse ? celui qui propage une idéologie nazie ou un avocat binoclard ? Il n’y a pas de réponse simple à ses questions et il est toujours dangereux de mettre les gens dans des boites avec de jolies étiquettes. L’humanité est beaucoup plus qu’un stéréotype. A Oz, comme dans la vie, les choses ne sont jamais fixe, tout évolue, et la prison est une sorte de monstre évolutif, en pleine mouvance, et qui gronde de colère. Mais la vraie puissance de cette série, sa véritable originalité, est qu’elle est probablement la première série sans héros (il n’y a même pas un anti-héros comme Tony Soprano). Le seul personnage central est la prison, tous les autres ne jouent que des rôles secondaires et sont potentiellement jetables. Il y a aussi une réelle recherche esthétique. Certains plans sont très recherchés, en particulier ceux impliquant le narrateur ou la présentation éclair des prisonniers. Les acteurs sont choisis avec soins et on remarque la présence d’Edie Falco qu’on retrouvera un peu plus tard dans le rôle de Carmela Soprano. La première saison se termine de façon très prévisible mais quand même surprenante et je suis impatient de replonger dans l’enfer de Oz pour une saison de plus !
Permalien
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