Publi le mercredi 02 mai 2007

[science] La médecine holistique

02 05 2007

Les médecines dites alternatives prennent de plus en plus d’ampleur dans le cœur du public. Nombre d’entre nous préfèrent l’homéopathie ou la médecine chinoise à la médecine plus traditionnelle.

La grande question est de savoir pourquoi ?

En effet, la grande majorité de ces médecines alternatives n’ont jamais passé le filtre de la science. L’homéopathie, par exemple, n’a jamais pu prouver qu’elle était quelque chose de plus qu’un effet placebo (1).

Bien entendu, on connaît tous quelqu’un qui se soigne par une de ces méthodes et qui ne jure que par elle. Des arguments circulent au grand galop par le téléphone arabe : mon enfant à guérit miraculeusement, cela marche même sur mon chien, etc etc.

Mais si ces médecines ont un tel succès, c’est certainement parce qu’elles offrent une approche holistique beaucoup plus humaine que la médecine moderne.

C’est qu’elle est bien loin l’époque où vous aviez votre médecin de famille qui vous connaissait depuis la naissance et savait tout votre histoire. Pour la grande majorité, vos passages chez le médecin sont devenus éclairs, vous passez de spécialistes en spécialistes, etc. et si la médecine à largement fait ses preuves, cette approche déshumanisée a affaibli le pouvoir de guérison de ce système.

Les choses sont bien différentes pour les médecines alternatives. Si vous allez voir un homéopathe ou un médecin chinois, il prendra le temps d’essayer de vous comprendre dans votre globalité, de cerner l’origine de votre mal et de vous offrir un remède personnalisé.

Alors que faire ?

Une approche consiste à essayer de valider les méthodes alternatives en démontrant leurs effets et les faire reconnaître par la science plus officielle.

C’est le cas pour la médecine traditionnelle chinoise.

Le gouvernement chinois à ainsi décidé d’investir une grosse somme d’argent (130 millions de dollars) pour faire accéder les remèdes de cette médecines aux standards de la médecine moderne internationale.

D’une part, la médecine traditionnelle est largement utilisée en Chine où une grande part de la population n’est pas couverte par le système de sécurité sociale et ne sont pas assez riche pour se payer médecins ou hôpitaux. D’autre part, cette médecine connaît un essor à travers le monde. L’exportation des herbes chinoises, par exemple, a doublé ces 10 dernières années en Europe et aux Etats-Unis.

Certains voient dans cette médecine un pseudo-science (2), d’autre une science qui nécessite une reconnaissance. Ce nouvel investissement pourrait faire la différence.

Pour valider la médecine chinoise, plusieurs angles d’approche sont possibles.

La première est d’étudier les ingrédients des remèdes un par un et y chercher la substance active pour développer de nouveaux médicaments. Cette approche a déjà été couronnée de succès et a permis la découverte de médicaments comme l’antemisinin utilisée comme traitement de la malaria ou l’ephedrine utilisée comme décongestionnant.

Une autre approche est d’étudier la médecine traditionnelle selon son approche holistique. En effet, les remèdes sont toujours personnalisés pour chaque patient et sont constitués d’un mélange subtil et unique de différentes herbes.

Cette dernière approche est celle préconisée par le gouvernement chinois mais se pose à plusieurs problèmes :

  • Si certains ingrédients des remèdes possèdent de réelles propriétés curatives, la mythologie associée à médecine traditionnelle est totalement pseudo-scientifique : yin-yang, wa xing et autres qi n’ont jamais pu montrer posséder une quelconque réalité malgré des études très coûteuses réalisées.
  • Cette approche holistique pose des problèmes méthodologiques pour pouvoir tester scientifiquement leur valeur. En effet, impossible dans de telles conditions de tester le remède en double aveugle (3).

L’avenir nous dira si cette démarche pour valider la médecine traditionnelle portera ses fruits et pourra être réalisée dans des conditions scientifiquement satisfaisantes. Mais mon petit doigt me dit que sur le principe cette démarche est vouée à l’échec et que l’argument final restera celui de ce médecin chinois :


Après plusieurs millénaires d’utilisation, la médecine traditionnelle chinoise est pratiquement parfaite et la modernisaton ne peut que pervertir son essence. "

Pour ma part, je pense qu’il serait plus sage de faire prendre conscience à nos médecins occidentaux de l’importance de faire marche arrière et de retrouver quelque peu cette démarche plus humaine dans leur relation avec leurs patients. C’est peut-être la meilleure alternative pour la médecine. La plupart des médecins devraient regagner la confiance et l’affection de leurs patients et réapprendre à jouer avec cette effet placebo, quitte à proposer des pilule d’eau.

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  1. Seules quelques rares et discutables études montrent un effet pour les remèdes homéopathiques. Les effets positifs observés sont dus à un effet placebo, c’est à dire une amélioration du à la croyance du médecin et du patient dans l’efficacité du remède.
  2. Voir, par exemple, Farewell to Traditional Chinese Medicine (Gong-yao Z, 2006, Medicine and Philosophy, 27 : 14-17)
  3. Il s’agit d’un problème semblable à celui de l’homéopathie. Si le remède est différent à chaque fois, comment le comparer à un contrôle ? D’autre part, les médecins traditionnels sont souvent hostiles à l’idée d’administrer un placebo à un patient. En effet, leur relation est basée sur la confiance et la croyance. Donner un placebo est une trahison.