Publi le lundi 17 décembre 2007

[livre] Le huit de Katerine Neville

17 12 2007

Cela fait plusieurs mois que pour diverses raisons (dans l'ordre: un nouvel enfant et un boulot de malade), j'ai délaissé les pages de ce blogue que j'alimentais presque religieusement chaque jour depuis plusieurs années.

Ce n'était pas par manque d'inspiration, j'ai continué de lire de façon vorace, aussi bien des romans que des magasines scientifiques, regarder films et séries, voyagé (dont un mois en Ecosse avec son lot d'expériences formatrices), etc.

Non, j'ai simplement du recentrer mes priorités et investir mon énergie dans ce que je considérais comme vraiment important. Le fait est que l'écriture de ce blogue (et autres activités virtuelles) ne sont que des hobby pour combler mes excès de temps libre. J'ai consacré les quelques minutes de temps libre à écrire des choses plus consistantes (dont un début de roman pour enfant et une commande de long métrage pour un ami réalisateur).

Aujourd'hui, les choses se sont un peu calmées pour une raison mystérieuse, j'ai décidé de reprendre la plume.

Il me semble difficile de reprendre les choses où je les avais laissées. Il y a à côté de mois plusieurs piles de livres lus dont je ne ferai probablement aucune chronique: la plupart des recueils de nouvelle de Roald Dahl, plusieurs enquêtes sur le meurtre d'Elisabeth « Dahlia noir » Short, une biographie de Philip Pullman, une de Radiohead ou encore une de Johnny Depp, le dernier Pennac, plusieurs Terry Pratchett, et j'en passe. C'est probablement dommage mais je suis certains que ces lectures influenceront mes prochaines petits textes.

Curieusement, le bouquin qui marque mon « retour » dans ce journal égocentrique virtuel pour lecteurs improbables n'est pas un chef d'oeuvre et cette chronique ne sera donc pas un éloge, chose plutôt rare quand on sait que je suis très bon public.

Mais, quitte a faire de digressions interminable, continuons sur cette lancée.

Je dispose d'une bibliothèque impressionnante de plusieurs milliers de volumes. Des ouvrages de référence mais une grande majorité de romans. Et je ne suis pas de ceux, dont disait Hugo (je pense), qui « possèdent une bibliothèque comme les eunuques ont un harem ». J'ai lu la plus grande partie de ces ouvrages.

Mais, pire que tout, ma bibliothèque repose depuis quelques quatre ans dans des caisses entroposées dans une cave. Lorsque je suis partit (au départ pour 15 mois) vivre sur ma petite île suédoise, j'ai du me résigner à laisser derrière moi ces compagnons pour ne prendre avec moi que les quelques volumes qui constitueraient mes futures lectures.

Le temps passe et il semblerait que je n'arrive pas à me résoudre à rejoindre le plat pays qui est censé être miens. A chaque retour au pays, je rapporte les livres lus qui rejoignent les autres dans la cave et j'en reprend une nouvelle fournée.

Je ne dispose dans ma petite maison que de quelques dizaines de livres en transit. Certains semblent pourtant devenir des résidents permanents puisque je trouve toujours quelque chose d'autre á lire.

Il y a quelques jours, j'ai décidé de faire le nettoyage par le vide et de lire ces gros volumes que dont je reportais toujours la lecture pour diverses raisons.

Le premier sur lequel j'ai porté mon choix fut « Le huit » de Katerine Neville.

La raison pour laquelle je n'avais pas encore lu ce livre était que j'avais été passablement déçu par un autre roman de cette même romancière: « Le cercle magique » (dont j'avais fait une critique peu élogieuse il y a quelques temps).

Ma motivation pour lire un autre de ses romans était proche de zéro mais le fait est que j'ai tendance à prendre des risques quand je me lance dans mes achats orgiesques de romans et que j'avais acheté les deux livres sur un coup de tête.

Bref

J'ai donc pris une grosse respiration et je me suis lancé dans la lecture des quelques mille pages de ce roman encombrant les rayons de ma modeste bibliothèque de voyage.

Et? La suite, bordel ?

Commençons par les aspects positifs. « Le huit » est un de ces romans qui se lisent sans réfléchir. Les pages défilent sans effort. Le genre de livre dont on peut dire « je l'ai dévoré », mais comme on mangerait une soupe clairette de cantine, pour se nourrir mais sans réel plaisir.

L'impression qui ressort au fil de la lecture est la mauvaise qualité, jusque dans le peu d'effort qui a été mis dans la traduction et l'édition truffée d'erreurs. Les éditeurs n'ont même pas été fichu d'écrire un résumé correct pour le quatrième de couverture, celui-ci étant truffé d'absurdités (probablement qu'eux non plus n'ont pas eu le courage de le lire avant publication).

L'histoire est digne d'un roman de Dan Brown et possède le même lot de situations absurdes et de personnages improbables. Tout y est: le mystère plongeant aux racines de l'humanité, la quête d'un graal (ici un jeu d'échec contenant un secret), les conspirations, les francs-mâcons, les roses croix, la pierre philosophale, les Atlantes, numérologie, astrologie, science, le tout à toutes les époques impliquant tous les personnages historiques auxquels vous pouvez penser.

Concrètement, cela se présente comme une partie d'échec grandeur nature qui se répète à toutes les époques depuis Charlemagne et donc les pièces sont des personnes de chair et de sang. Le lecteur est plongé dans une partie qui se déroule dans les années 70 et dont l'héroïne devient un pion malgré elle. Assassinat, voyage, aventure, amour, tous les ingrédient du bon roman de gare.

Au niveau écriture, Katerine Neville à un sens de la métaphore digne de Ken Follett (non ce n'est pas un compliment) et pousse le vice jusqu'à intégrer ses notes de bas de page dans l'histoire.

« Le huit » semble tout droit sortit de l'ordinateur imaginé par Roald Dahl et qui pourrait écrire automatiquement un roman en reprenant les règles d'un genre.

Il paraît qu'une suite est en cours d'écriture. Je ne sais pas s'il s'intitulera « Le huit II » ou « Le neuf » mais ce sera sans moi. Une chose est sure, « Le huit » va rejoindre mes autres livres dans la cave mais il ne me manquera pas.





1 Commentaire :

Commentaire crit le lundi 19 mai 2008 à 12:17:50 (lien)
Kullicu Mondai
En deux mots, rendors toi ;)


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