Publi le mercredi 16 janvier 2008

[livre] L’épouvantail de Ronald Hugh Morrieson

16 01 2008

Ecrire.

Comme toute activité artistique, l’écriture porte sa part de mystère, à la frontière entre l’inné et l’acquis.

On peut certainement apprendre à écrire, consciemment ou non, on s’améliore avec la pratique, le style se construit au fil de la plume et de l’expérience et non pas dans les tentatives juvéniles et naïves de la construction.

J’en suis un bel exemple.

Je ne suis pas un écrivain, je n’ai pas la prétention de me présenter comme tel, ni même l’espoir d’en devenir un. Il me suffit de quelques lignes de John Irving pour comprendre la différence.

Mais ma passion pour la lectures est toujours aussi vivace. La faim dévorante liée à une peur d’une mort qui m’entraînerait loin de tous ces volumes que je ne pourrais jamais lire à laissé place à une lecture plus raffinée, plus attentive.

Rien dans mon parcours ne m’a jamais préparé à l’écriture mais toujours j’ai ressenti le désir de raconter des histoires. Il y a cinq ans, j’ai finalement écrit ma première ligne pour un blogue qui s’est enrichit aujourd’hui de centaines de textes ; quatre ans que j’ai écrit la première d’une dizaine de nouvelles; deux ans que j’ai écrit le premier jet d’un court roman, un an que j’ai co-écrit un scénario de court métrage avec un ami réalisateur.

Avec la conscience de mes limites, l’écriture est devenu une part importante de ma vie. J’écris pour moi, pour le plaisir que cela me procure, et, soyons honnêtes pour alimenter mon ego virtuel. Aujourd’hui, je termine une nouveau petit roman destiné à la jeunesse. Un petit cadeau pour mes enfants.

Dans cette perspective, certains auteurs paraissent particulièrement intéressant. Des auteurs qui sortent de nulle part avec cette étrange capacité de raconter des histoires. Certains y étaient préparés (par exemple. J.K. Rowling), d’autres sont plus mystérieux.

Ronald Hugh Morrieson, " une énigme littéraire ", fait partie de ceux là.

Publié sur le tard, alors qu’il a déjà quarante ans, il ne publiera que quatre romans et quelques nouvelles. Ses romans connaîtront un succès relatif, c’est surtout après sa mort que son travail sera reconnu, entre autre grâce au cinéma qui adaptera trois de ses livres. Aujourd’hui reconnu comme une figure phare de la littérature néo-zélandaise, de son vivant ses romans furent au mieux ignoré dans son pays, probablement suite à la description un peu trop amère, cynique et dure qu’il en donne. " Je n’y retrouve certainement pas la Nouvelle-Zélande que je connais ", avoue un critique local à la sortie du premier roman de Morrieson en 1963.

Dans L’épouvantail, son premier roman, il faut bien avouer qu’il n’y vas pas avec le dos de la cuillère. Ce roman, à mi chemin entre la nouvelle Stand by me de Stephen King pour le point de vue et les icônes du roman noir.

Parce que s’il n’a rien de policier, L’épouvantail est un vrai roman noir.

C’est au cours de la même semaine que nos poules furent volées et que Daphné Moran eut la gorge tranchée. "

Une ouverture simple et efficace très représentative du style de l’auteur, pourtant parfois surprenant dans son sens de la métaphore. Il nous entraîne alors dans l’univers de Neddy, un gamin de quatorze ans, qui va nous décrire la ville de Klynham des années trente de sa jeunesse. Curieusement, l’histoire de la pauvre Daphné Moran, aussi choquante soit-elle, reste au stade d’anecdote macabre et c’est avec toute la candeur de l’enfance que le lecteur s’enfonce dans le mystère de la mort des poules et de ses conséquences jusqu’à un dénouement prévisible mais qui n’en perd aucunement sa saveur.

Tout l’intérêt de ce roman repose dans la description de la ville et de ses habitants, une faune hétéroclite, de crasseux, d’alcooliques, de pervers, de voleurs, d’arnaqueurs et fainéants. Le tout est particulièrement drôle, très cynique tout en restant réaliste.

L’épouvantail est un voyage initiatique réalisé par un enfant à l’aube de l’adolescence découvre la différence entre la douleur, la violence, qui peut résulter de la bêtise ou de la jeunesse et le mal absolu dont les racines doivent être arrachées sans pitié.

Un livre réédité en français récemment dans la collection Rivage noir et qui vaut le coup d’œil. Un premier roman très mature d’un auteur peu prolifique qui à cinquante ans à peine, affaibli par la mort de sa mère et, à l’instar de John Kennedy Toole, des refus des éditeurs à publier ses nouveaux manuscrits.





2 Commentaires :

Commentaire crit le mardi 22 janvier 2008 à 06:06:30 (lien)
Garci - http://ecriveuse.over-blog.net
Entre écriveurs...

Cela étant, tu as la verve (oui avec un v ;;) ) et le talent nécessaire pour écrire encore et encore :)

Encore un livre pour le coup que je dois mettre sur ma liste des 'à acheter'. ^^


Commentaire crit le lundi 21 janvier 2008 à 16:13:01 (lien)
G Greg
Une petite coquille dans la phrase « d’un auteur peu prolifique qui à cinquante ans à peine ».


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