Publi le mardi 22 janvier 2008

[création] Poil au...

22 01 2008

Tout commence un beau matin. Notre héros lève le bout de son... non... il tend l'or... non plus... il regarde autour de lui. En fait, il ne regarde pas vraiment parce qu'il n'a pas d'yeux, pas plus d'oreille, de nez que de bouche ou encore moins de... cheveux ?

Il vit simplement au fond d'un trou et un beau jour il passe le bout de son... enfin bref il regarde... bref, il observe le paysage autour de lui.

Tout était rose. Une grande plaine rose, parcourue de petite vallée. Un petit cratère de ci, de là pour égayer ce morne désert. A l'occasion, un petit tremblement de terre faisait apparaître des montagnes et des canyons, comme si notre héros habitait un monde en plasticine ou sans raison apparente, le sol se couvrait d'une pellicule d'eau.

En voilà une histoire tirée par les cheveux, me direz-vous, et vous auriez bien raison.

En effet, notre héros ne le sait pas encore mais il n'est rien de moins qu'un poil, un petit poil solitaire perdu au milieu du... de... mais où est-il au juste ce petit poil ?

C'est justement la question qu'il se pose alors qu'il découvre son univers: Qui suis-je ? Où suis-je ?

Il se met alors à crier: « Il y a quelqu'un ? » Mais personne ne lui répond.

Tandis qu'il se concentre sur la question, il se découvre un pouvoir extraordinaire. Si il pousse de toutes ses forces, il se met à... pousser.

Alors, il pousse, pousse, pousse.

Soudain, alors qu'il glisse agréablement le long de son désert, il aperçoit au loin deux petites îles. A mesure qu'il se rapproche, il découvre qu'elles sont constituées d'une multitude de petits poils courts, organisés et serrés les uns contre les autres.

« Sssalut à tousss »

Notre petit poil sursauta. C'était la première fois de sa vie qu'il prononçait un « S » et il découvrait avec stupéfaction qu'il avait un cheveu sur la langue, enfin c'est une façon de parler parce que, bien entendu, il n'avait pas vraiment de langue.

Les petits poils lui répondirent dans une cacophonie désordonnée de « sssalut, nous sommes les sssoursssils ». En effet, tous les poils ont un petit cheveux sur la langue.

L'un d'entre eux pris alors la parole :

« Qui es-tu toi ? Tu ne ressembles pas au cheveux qui viennent d'ordinaire nous rendre visite ! »

Notre petit poil, plein de candeur, rétorqua :

« Tiens, tu n'as pas de ssseveux sur la langue ? »

Le petit cil se mit à rougir et devint tout roux :

« Ce n'est pas très gentil de me le faire remarquer. »

Et il retomba dans son mutisme.

Notre poil se confondit en excuse mais le mal était fait. Il hasarda :

« Esss-ssse que vous pourriez me dire qui ze sssuis ? »

Les sourcils se mirent á parler tous ensemble: « Tu es un poil », « non, tu es un sssil ? », « mais non, sss'est un ssseveux ». Tous se tournèrent alors vers le poil blanc. Un vénérable vieux cil qui savait tout. Après avoir longuement observé le petit poil, il expliqua d'une voix chevrotante :

« hummm, tu me rappelles un sssheveux de bébé, tout fin et transssparent. »

Les autres sourcils acquiescèrent. Le vieux sourcil enchaîna :

« Sssi tu nous dizais d'où tu venais, sssela nous aiderait. Il exissste de nombreuzes sssortes de poils en fonction de leur endroit d'origine. »

Notre petit poil se mit alors à décrire dans le détail son désert rose. A mesure qu'il racontait, les sourcils faisaient des commentaires: « Sss'est un ssseveux de sssauve », « nooon », « sssssiiii ». Une fois de plus, le poil blanc trancha:

« Ssse que tu décris est le front or sss'il est une sssose universsselle au pays des poils, sss'est qu'il n'y a pas de poils au front »

Face à ce mystère, un sourcil eut une idée de génie :

« Tu devrais pousser un peu et aller demander aux cils qui vivent un peu plus bas, ils ont l'oeil sur tout »

Il s'agissait du sourcil qui n'avait pas de cheveux sur son absence de langue. Mais son petit sourire ne laissait rien présager de bon.

Ne sachant pas quoi faire d'autre, le petit poil mystérieux remercia les sourcils et se remit à pousser, pousser, pousser.

Un petit peu plus loin, il découvrit un spectacle étonnant. Deux rangées de poils, solidement arrimés en rang au bord d'une longue couverture de chair, se cramponnaient de toutes leur force. Toutes les deux ou trois secondes, ils étaient projetés en avant à toute vitesse, comme sur une attraction de fête foraine. Tous les poils poussaient alors des cris de joie: « ouuiiiii », « waaaooouuuu », « youpieeeee » et rigolaient comme des bossus.

Entre deux balancement, le petit poil salua les cils:

- « sssalut les sssils ! »

Tous les cils tournèrent la tête en même temps sous le coup de la surprise. L'un d'entre eux répondit:

« - poil au nombriiiiiiil »

Avant d'être une fois encore projeté en avant alors que tous éclataient de rire.

Notre petit poil ne savait plus trop quoi penser. Était-ce là les poils qui allaient répondre à ses questions ? Il retenta néanmoins sa chance lorsque les cils eurent récupéré leur place:

« Zzze voudrais vous pozer une question »

« Poil au mentooooon »

« Esss-ce que vous pourriez me dire qui ze suis ? »

« Poil au zizzziiiiiii »

« Mais... sssérieuzement ? »

« Poil aux deeennntttts »

Comprenant qu'il ne tirerait rien de sérieux des cils, le petit poil pris la décision de devenir poil-aventurier. Il pousserait un peu partout et irait poser sa question à tous les poils du corps humain.

Au cours de son long voyage, il découvrit qu'il y avait des poils partout : des poils de barbe, sur les bras, sur le dos, sur le torse, les doigts, les jambes et les orteils. Il y avait des poils cachés sous les bras et d'autres dans les oreilles et même dans le nez. Certains lui dirent qu'il était même possible de trouver un poil dans la main. Il y avait toutes sortes de poils, des longs, des courts, des lisses, des frisés. Il entendu de terribles histoires sur des monstres appelés barbier, coiffeur ou encore esthéticien, qui utilisaient d'affreuses machines pour couper ou arracher les poils : pince à épiler, tondeuse, ciseaux. Il entendit même parler de crème épilatoire et de cire. Heureusement, il existait aussi des créatures bienveillantes qui vénéraient les poils comme les barbus et d'autres qui les soignaient avec des produits appelés shampoing.

Mais une chose était sure, inutile de couper les cheveux en quatre plus longtemps, on n'avait jamais vu de poils sur le front.

Après toutes ses aventures, notre petit poil était arrivé aux orteils et mesurait pratiquement un mètre soixante. Il touchait presque par terre.

Vous vous demandez sans doute ce qui lui est alors arrivé ?

A-t-il rencontré une belle poil avec qui il vécu heureux et eux beaucoup de petits poils ?

Certainement pas ! Nous ne sommes pas dans un conte de fée ici et en plus les poils ne peuvent pas faire de bébés poils. Imagine ce que serait ton corps si les poils pouvaient faire des enfants, tu deviendrais un gros singe tout velu.

Non, notre poil est simplement tombé. A force de se faire des cheveux, il a perdu son poil et s'est retrouvé sous une armoire en compagnie de toute une nouvelle collection de poils inconnus: les poils du chat, les poils du chien, les poils de carotte, et pleins d'autres encore. Il n'avait plus rien à craindre des ciseaux et autres coiffeurs et avait de nombreux autres mondes a explorer.

Je vous raconterai peut-être un jour ses nouvelles aventures et comment il a réussi à échapper à une fin atroce dans le ventre d'un aspirateur glouton.

C'est une histoire au poil mais ce sera pour une autre fois (poil au doigt).





1 Commentaire :

Commentaire écrit le jeudi 24 janvier 2008 à 04:44:23 (lien)
Garci - http://ecriveuse.over-blog.net
Owen, m'enfin! La suite, quoi!

:))


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