[livre] Les chiens de Riga de Henning Mankell
11 02 2008La Suède
Si pour vous la Suède c’est des blondes athlétiques et légères buvant de l’aquavitt les seins nus dans un sauna brûlant, vous avez partiellement raison. Si ce genre de chose arrive deux ou trois fois par an lors des beuveries organisées (en particulier pour la fête de Midsommar), le reste du temps, force est d’avouer que la Suède, son lourd passé chargé de zones d’ombres et sa culture luthérienne, est loin d’être le pays le plus joyeux du monde.
« La matinée était grise et venteuse. On annonçait une tempête de neige pour la soirée. »
Si vous en douter, je vous invite à lire l’œuvre de l’auteur de roman noir le plus connu de Scandinavie, Henning Mankell, dont les nombreux romans ont été traduit dans la collection point (sans aucune logique chronologique rendant la tâche du lecteur rigoureux quelque peu difficile).
Un des plus connu est le second volume de sa longue série consacrée à Kurt Wallander, un petit inspecteur de province que l’on a découvert dans Meurtriers sans visages, est Les chiens de Riga.

L’histoire débute quand un canot pneumatique échoue sur une plage de Scanie avec à son bord les cadavres de deux hommes visiblement exécutés. Rapidement, l’enquête révèle des connections avec la Lettonie et Wallander va se retrouver impliqué dans une enquête tentaculaire qui l’entraînera dans un pays encore dans le chaos engendré autour de la Baltique suis à la dislocation de l’empire soviétique fin des années 90.
Henning Mankell fait partie de ces auteurs de roman noir à l’écriture efficace à défaut d’être réellement brillante (tout comme Lawrence Block ou Michael Connely de l’autre côté de l’Atlantique). C’est un bon conteur dont l’originalité tient dans le cadre sombre d’une Suède en pleine mutation.
« Je me surprends parfois à reculer devant certaines enquêtes. Trop désagréables. Trop sanglantes, trop irréelles. A l’école de police, on ne nous a jamais appris à faire face à des cadavres torturés échoués dans des canots. J’ai l’impression d’être dépassé. Et je n’ai que trente ans. »
Les chiens de Riga est particulièrement intéressant par son contexte et la plongée dans un monde en pleine mutation et à la merci de toutes les avidités. Les visites de Wallander à Riga donnent une image réaliste de la lutte pour la liberté dans un pays encore sous dominance politique russe et où tous les coups sont permis.
Beaucoup de noirceur et de tristesse, aussi, dans le personnage de Wallander, hanté par les fantômes de son couple brisé et de son mentor décédé. Un homme simple, pas vraiment un héros, très humain de par ses nombreux doutes et faiblesses.
Les romans de Mankell vous donneront une autre vision de la Suède moderne, un pays à la croisée de deux époques, réaliste à défaut d’être gaie.
Permalien
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