[science] le chaînon raté !
16 02 2008« Les faits, Watson, les faits. »
Il y a beaucoup à apprendre de la façon dont une personne interprète un même fait, en particulier en sciences.
Ainsi, en utilisant les mêmes données de bases (mais pas la même démarche, ni les mêmes règles de pensées), l’un va y voir la démonstration de la théorie de l’évolution, l’autre la preuve de l’existence d’une intelligence créatrice (ou Dieu pour les moins hypocrites).
Ainsi, les adaptations incroyables que nous pouvons observer dans la nature, que cela soit ce lien unique qui associe une espèce d’abeille à telle espèce de fleur ou encore la complexité presque absurde de certains rites amoureux, sont interprétés par les uns et les autres de manières totalement différentes.
- Il s’agit du produit d’une lente évolution, diront les évolutionnistes.
- Que nenni, seul une Intelligence Créatrice aurait pu donner naissance à un tel degré de perfection, diront les créationnistes modernes.
Mais tous deux acceptent implicitement le fait que tout est adaptation. Tous les êtres vivants sont parfaitement adaptés à leur environnement. Mais est-ce vraiment le cas ? N’y a-t-il pas une petite marge pour l’erreur ?
Ainsi, la sélection naturelle n’est-elle pas basée sur un tri entre les plus et les moins adaptés ?
Si c’est le cas, où sont passées les « erreurs » de l’évolution ?
Le corollaire de cette question devient logiquement : si on trouve une grosse erreur de l’évolution, est-ce la démonstration de la non-existence de Dieu ? (1)
Laissez moi donc vous présenter une véritable erreur de la nature !
Ainsi, les chauves-souris utilisent un sens qui nous est inconnu. Elles sont capables, un peu à la manière d’un sonar, d’utiliser des ultrasons pour se repérer dans le noir et détecter avec une grande précision les proies en vol.
Toutes les chauves-souris, même celles qui se nourrissent de fruit, possèdent ce sens plus ou moins développé.
Pour cette raison, les chercheurs avaient émis l’hypothèse que le vol n’était possible chez les mammifères que grâce à ce nouveau sens.
La découverte de ce nouveau fossile met un terme à cette controverse vieille de plusieurs dizaines d’années. L’existence d’un ancêtre, insectivore, volant mais incapable d’écholocation est la démonstration que les deux choses sont indépendantes. Le vol est apparu avant l’écholocation. Ainsi, cet ancêtre de la chauve-souris était probablement diurne et chassait les insectes à la vue.
Oui, mais…
Pourquoi, lorsque l’on découvre un nouveau fossile, on considère la nouvelle espèce sous l’angle que celle-ci était parfaitement adaptée à son environnement ?
Si l’évolution fonctionne vraiment par essais et erreurs, n’est-il pas envisageable que cette chauve-souris soit un de ces chaînons manquants des ratés de l’histoire évolutive ?
Imaginez
Une chauve-souris se nourrissant d’insecte mais qui, sans l’écholocation (suite à une mutation rigolote) en devient totalement aveugle la nuit tombée et donc incapable de s’orienter ou de se nourrir.
Une pauvre chauve-souris maigrichonne par manque de nourriture et couverte de bosses à force de se prendre des arbres dans la tête et qui immortalise son échec sous la forme d’un fossile parfaitement conservé ?
Voilà qui justifierait parfaitement sa disparition et la raison pour laquelle elle n’a laissé aucun descendant aujourd’hui ?
D’un point de vue de l’ID, ce serait la preuve ultime de la non-existence de Dieu condamné à disparaître dans une explosion de logique.
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(1) C’est bien entendu acceptable uniquement si l’on accepte le schéma de pensée des défenseurs de la théorie de l’Intelligence Design. Mais c’est complètement idiot si l’on s’en tient au bon sens et la pensée scientifique.
(2) Nancy B. Simmons, Kevin L. Seymour, Jörg Habersetzer & Gregg F. Gunnell (2008) Primitive Early Eocene bat from Wyoming and the evolution of flight and echolocation. Nature 451: 818-821.
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