[livre] Fantasia chez les ploucs de Charles Williams
08 09 2008- Catégorie ‘Littérature’
- Je prends la main Bruce
- Moi c’est Julien
- OK, compris Batman (le candidat fait un clin d’œil complice à un animateur médusé)
- TOP. Auteur américain, il publie de nombreux romans dont plusieurs seront consacrés à sa passion pour la mer et pour les voyages avant de mettre fin à ses jours…
- BUZZ. Hemingway !
Mon Dieu, qu’il est bête ce candidat ! D’une part, il ne sait pas que Julien Lepers n’est plus Batman depuis l’arrivée de Christian Bale (on passera sous silence les autres Ersatz du ‘Dark Knight’ qui ont évolué avant et entre ces deux périodes) et d’autre part, il n’a pas lu le titre de ce texte (ce qui lui aurait évité cette humiliation publique).
L’auteur en question est sans doute beaucoup moins connu que le grand Ernest mais il a pourtant publié quelques romans clés dont en particulier un des grands classiques de l’humour noir et nonsense américain : ‘Fantasia chez les ploucs’ (une traduction quelque peu fleurie du titre original ‘The diamond bikini’).
Curieusement, je n’ai découvert cet auteur que récemment et totalement par hasard (je me suis offert ‘Calme blanc’, le roman d’où a été tiré le film du même nom qui rassemblait dans un huis clos des plus efficaces la belle Nicole Kidman avant qu’elle ne se transforme en statue de marbre, l’inquiétant XXX et le beau Billy Zane. Par la suite, je n’ai pas résisté à une recommandation de Manu de chez Slumberland à Louvain-la-Neuve dont le goût pour les bonnes choses n’est pas à démontré lorsqu’il à mis en exergue ‘Fantasia chez les ploucs’).
‘Fantasia chez les ploucs’ est une petite perle sortie en 1956 dans laquelle on retrouve le jeune narrateur, un petit gamin diablement intelligent, qui observe avec les yeux de l’innocence les arnaques organisées par son paternel et son oncle Sagamore, sorte de génie de la magouille vivant dans une petite ville de bouseux intemporelle. Le résultat est une sorte de ‘Sheriff fait moi peur’ qui aurait été co-écrit par John Irving et Woody Allen.
Le point culminant de cette histoire truculente étant une chasse à l’homme – ou plutôt une chasse à la femme – orchestrée par les deux frères dont je vous laisse apprécier l’annonce d’origine :
« RECOMPENSE
JEUNE NUDISTE
PERDUE DANS LES MARAIS !
RECOMPENSE ! $ 500. RECOMPENSE
MISS CAROLINE TCHOU-TCHOU.
REINE DU STRIP-TEASE
PERDUE
Cinq cents dollars de récompense à qui ramènera saine et sauve Miss Caroline Tchou-Tchou, reine du strip-tease, du ballet de bulles et de la danse du ventre, qui s’est égarée dans la brousse, aux creux d’un torrent désséché proche de la forme Noonan, à huit kilomètres au sud de la ville de Jerome, compté de Blossom.
Miss Caroline a disparu depuis dix-sept heures, mardi soir, lorsqu’elle a été surprise et attaquée par des gangsters qui ont tiré sur elle plusieurs coups de feu alors qu’elle nageait dans le lac proche, vêtue seulement d’un cache-sexe. On sait qu’elle a pu s’échapper dans le sous-bois, mais du fait qu’elle n’a pas de vêtements sur elle, sa situation ne devrait pas tarder à devenir pénible.
Signalement : Buste
Gagnante de trois concours de beauté, vedette de ballets aquatiques à seize ans, ex-mannequin, reine du festival aquatique en 1955, ravissante, adorable brune aux yeux bleu azur et aux cheveux noir corbeau. Dix-neuf ans. Beauté satinée tout entière délicatement dorée par le soleil. Reconnaissable à un tatouage en forme de liseron qui s’enroule autour de son sein droit avec une petite rose en son milieu.
PRIERE DE NOUS AIDER A RETROUVER CETTE JEUNE FILLE ! »
Une telle annonce ne peut que réveiller l’altruisme qui ha-bite en chacun de nous (mais comme dit l’oncle Sagamore, une petite lueur de malice dans les yeux : « Faut faire tout notre possible pour aider. ») et je vous laisse découvrir l'origine et les conséquences de cette folle histoire.
Charles Williams a écrit une suite à ce roman, ‘Aux urnes les ploucs’ dont je vous parlerai à l’occasion.
Publié par : Owen Meany à 02:15:39
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