[musique] Young Owen plays it cold (0)
16 09 2008
(0) Est-il besoin de rappeler que l’humour nonsense est glacé, sophistiqué et hautement référencé et que la note de bas de page (de préférence totalement hors sujet) fait partie de ses traditions ? Commençons donc par une note de bas de page perdue en haut de page et vous proposant le jeu : « toi aussi explique le titre de ce texte ». A gagner un apéritif au dernier restaurant avant la fin du monde. -- « A un moment, ells n’existaient pas, en tout cas sous une forme qui retenait l’attention, et le moment d’après on ne pouvait plus les éviter : elles étaient partout, où qu’on tourne les yeux. » Cette petite remarque anodine de Nick Hornby (1) concernant l’apparition presque magique des filles au début de l’adolescence pourrait aussi s’appliquer aux références au ‘Guide Galactique’ lorsque celui-ci s’introduit subrepticement dans votre vie. Ne le niez pas, les ‘42’ sont partout, parfois dans les endroits les plus inattendus et ils nous sautent à la figure, tel des labradors mouillés sur votre costume du dimanche. Je n’ai pas la moindre idée de ce que cela peut signifier (probablement rien mais il faudrait mesurer un kiosque à journaux pour en être sûr, 2). Un exemple ? Prenez Coldplay, le « plus grand groupe de rock du monde » selon les délires radiophoniques de publicitaires belges (3). Il est déjà discutable de considérer Coldplay comme un groupe de Rock mais en plus chacun sait que le plus grand groupe de rock du monde et de l’histoire n’est autre que Plan Orsec ! (4). Il faut cependant reconnaître que ces deux groupes ont en commun un succès énorme sans faire preuve d’une grande originalité et que tous deux ont finit « Dans le soleil » (5). Attention, je n’ai pas dit que je n’aimais pas Coldplay. Il faut leurs reconnaître une redoutable efficacité (á défaut d’une réelle originalité). Les balades de Chris Martin sont magnifiques, les morceaux sont parfaitement huilés selon des recettes parfaitement éprouvées (par d’autres groupes plus expérimentaux) avec au final, par exemple sur leur dernier et quatrième album ‘Viva la Vida or Death and All His Friends’, à une succession de hit à la perfection effrayante. C’est très beau, très plaisant mais un peu lisse au point que cela pourrait presque plaire à la grand-mère susmentionnée (suce mentionnée ???) si elle n’était pas en phase terminale depuis 10 ans. Rien à voir avec un groupe comme Radiohead (auquel Coldplay est souvent injustement comparé) qui est devenu le plus grand groupe de rock du monde (oubliez la note (4)) en revisitant le genre rock dans sa période bénie ‘The Bend’ et ‘OK Computer’ avant de le quitter pour se lancer dans de nouvelles aventures. Pourtant, les deux groupes ont bien quelque chose en commun… Ne citons que quelques pistes célèbres de ces deux artistes : ‘Paranoïd androïd’ pour Radiohead et ‘Don’t panic’ & ‘42’ de Coldplay. Vous l’avez compris (une page de déblatération pour en arrivez là), il s’agit de références à saint Douglas Adams ! (6). ‘Don’t panic’ est la plage d’ouverture de ‘Parachute’, le premier album de Coldplay sortit en 2000 et qui fera découvrir le groupe avec des titres comme ‘Yellow’ ou encore ‘Trouble’. Un morceau ‘guitare’ pop-rock folk de base, ma foi assez plaisant, avec des paroles répétitives et assez minimaliste : « Oh, we're sinking like stones, All that we fought for, (…)We live in a beautiful world » ‘42’ est une des plages marquante du dernier album en date sortit cette année. Il débute sur une balade voix-piano qui a fait les heures de gloire du groupe. La douce voix de Chris Martin est rapidement rejointe par une pléiade d’instrument, base, violon, batterie discrète. « Those who are dead are not dead, They’re just living my head (…) » Le morceau bascule alors dans une partie plus rythmée qui emprunte des riffs à Radiohead et les changements de rythme que l’on retrouve par exemple chez Dire Straits de l’époque ‘Romeo & Juliet’. « You thought you might be a ghost, You didn’t get to heaven but you made it close » Efficace mais rien à voir avec la richesse musicale de ‘Paranoïd android’ dont les paroles plus délirantes et moins faussement profondes qui rendent hommage à l’univers nonsense (« That's it, sir, You're leaving, The crackle of pigskin, The dust and the screaming, The yuppies networking, The panic, the vomit, The panic, the vomit, God loves his children, God loves his children, yeah! » Alors l’éternelle question revient sur toutes les lèvres : « Pourquoi 42 ? » Est-ce une blague en base 13 ? Est-ce une réponse à une question que le groupe se pose ? Les paroles de la chanson sont assez peu éclairante et les spécialistes se disputent sur la question (enfin surement). Certains évoquent le fait que l’album dure 42 minutes, font allusions aux 42 chansons qui ont été évincées de l’album précédent et d’autres explications farfelues du même tonneau. La réponse, comme souvent, est venue de la bouche de Chris Martin (7) : « Je ne pense pas que vous puissiez essayer de devenir le meilleur groupe du monde sans avoir une chanson qui soit un numéro » (8). Et quitte à prendre un numéro, pourquoi pas 42, comme le répétait Douglas Adams… -- (1) Dans son premier et probablement meilleur roman ‘Haute fidélité’. (2) Je sais, cette phrase est encore plus absurde que les autres. Dans ma mythologie personnelle, Umberto Eco aurait fait référence au fait qu’on aurait retrouvé le nombre d’or, cette proportion ‘magique’ censée conféré beauté et longévité à toute création, un grand nombre de fois dans un kiosque à journaux des plus banal (et donc des plus hideux et périssable, tout comme ma grand-mère). L’histoire est belle, peut vous aider à séduire une poulette perturbée dans un bar enfumé mais je ne suis pas certain mes sources. J’ai eu beau me replonger dans ‘Le pendule de Foucault’ que je pensais être l’origine de l’histoire, je n’ai jamais pu remettre la main dessus… (3) Je place un copyright sur cette nouvelle insulte ! (4) Selon le Guide Galactique (voir ‘Le dernier restaurant avant la fin du monde’) : « Plan Orsec, groupe de pluto-rock originaire de la région d’A.J.T. du Bocal est considéré non seulement comme le plus bruyant de tous les groupes de rock de la Galaxie mais en fait comme le plus bruyant de tous les bruits tous court. » et selon Ford Escord et Zappy « Le plus grand », « le plus riche » des groupes de rock de l’histoire de l’histoire elle-même. (5) Une des grandes performances de Plan Orsec est de terminer un concert en plongeant dans un soleil alors que plus prudent, Coldplay en collaboration avec Michael Stipe de R.E.M. se sont contentés de chanter sur la chanson ‘In the sun’. (6) « J’aime bien les préliminaires », comme me le disait encore ma belle hier… Rhaaaa Lovely. Sinon, on notera aussi l’apparition d’un robot « marvinien » dans un clip de Coldplay dont j’ai oublié le titre. (7) Est-il de la famille de Dean, Aston et Ricky ? Une chose est sûre, il aime les films gore (Martin… Gore… humooouuurrrr !) (8) Ne citons que ‘40’ de U2, ‘1979’ de Smashing pumpkins ou encore ‘39’ de Queen. Il faudra que je consulte la discographie de Plan Orsec pour vérifier cette théorie.
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