[film] L’homme des hautes plaines
19 09 2008La chaleur fait scintiller la plaine qu’une musique stridente contribue à rendre malsaine. Et soudain, un cavalier dont le cheval trottine calmement vers la petite ville de Lago, petite ville minière surréaliste posée au bord d’un lac. L’homme pénètre dans la ville sans un regard pour ses habitants, ces derniers visiblement intrigués par l’arrivée de l’étranger. Une chose est sure… personne n’oubliera le jour de son arrivée.
Ainsi débute " L’homme des hautes plaines ", un des westerns les plus étranges et remarquable sortit au début des années 70. Une fois de plus, il porte l’empreinte de celui qui contribuera à renouveler ce genre encore et toujours, Clint Eastwood, portant dans ce film les casquettes d’acteur, réalisateur et producteur.
Pour cette seconde réalisation qui marque le début d’une longue carrière à la reconnaissance tardive, Clint Eastwood décide de donner une nouvelle dimension surréaliste au western.
Si certains aspects sont conventionnels du genre (on est encore loin du réalisme de " Deadwood "), " L’homme des hautes plaines " est un OVNI (tout comme le seront " Josey Wales hors la loi " ou " Impitoyable " bien des années plus tard). Un film à la croisée des genres, entre " Pour une poignée de dollars ", " Lost highway " et " Angel heart ".
En choisissant de tourner loin des studios hollywoodien (tout en bouclant son film en 6 semaines, en avance sur le planning et en dessous du budget), Clint donne au film un cadre d’étrangeté que vient compléter le parfum surnaturel du héros, sortit de nul par pour plonger une petite ville littéralement en enfer. Loin du justicier, il n’hésite pas à se faire le bras droit du diable pour tourner les habitants les une contre les autres, prendre ce qu’il veut en tout impunité (femmes comprises) et plonger cette " babylone du far " dans le chaos.
L’étranger est un archange apocalyptique venu perpétrer la vengeance d’un marshall victime de la cupidité et de la lâcheté des citoyens. Curieusement, personne dans la ville ne semble remarquer la ressemblance troublante entre les deux hommes, cet étranger mystérieux et l’homme enterré sans même une plaque portant son nom, sans doute aveuglé par le péché et la culpabilité qui les ronge.
" L’homme des hautes plaines " est un film culte pour son mélange de genre et son ambiante sans comparaison encore aujourd’hui, sorte de " Une nuit en enfer " qui aurait la sobriété de la caméra de Clint Eastwood. A voir aussi pour découvrir les premiers pas d’un des plus grands réalisateurs de notre temps.
Publié par : Owen Meany à 02:41:14Permalien
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