[livre] Le Diable s’habille en Prada de Lauren Weisberger
11 01 2008
- O-wwweeeennnn ? - Oui, Sam ! - As-tu fini Le Diable s’habille en Prada, O-wwweeeennnn ? Tu ne souhaites pas réellement sa mort, ai-je pensé. Car si il meurt, tu perds espoir de le tuer de tes propres mains. Et ce serait dommage. S’il est une chose que je dois avouer, c’est que j’ai réellement dévoré le best-seller récemment porté à l’écran, " **Le Diable s’habille en Prada** " de Lauren Weisberger. Enfin, tout dépend de ce que l’on entend par ‘dévorer’. Si pour vous ‘dévorer un livre’ est synonyme de ‘lire à la vitesse de l’éclair’ alors, oui, j’ai dévoré ce livre, lisant sur la fin plus de cent pages de l’heure, un record même pour un lecteur avide comme moi. " Le Diable s’habille en Prada " était un de ces " livre à lire sur la plage " que ma tendre et douce avait acheté à notre dernière razzia en librairie. " C’est un livre pour fille, sans aucun intérêt ", m’avait-elle dit, poussant le vice jusqu’à m’annoncer clairement la couleur : " Ne perds pas ton temps à lire cela ! " Mais bon, le livre était là, j’étais curieux, après tout c’était un phénomène de mode et je me demandais si cette mode là était justifiée par un petit quelque chose en plus. Toujours dans l’optique de nettoyer ma bibliothèque des nombreux livres non lus (dans le but avoué de les remplacer par une quantité indécente de nouveaux livres à lire), j’ai donc entamer sa lecture. Après quelques deux cents pages, force m’était d’avouer qu’elle avait raison. Ce livre m’ennuyait au possible mais comme je suis têtu comme une mule et bête comme Homer J Simpson, j’ai néanmoins décidé d’aller jusqu’au bout. Pour abréger mon supplice (tout en étant conscient de ne plus accorder à ce roman la moindre chance), j’ai lu les trois cents dernières pages en accéléré. Mon regards bondissant de dialogues en dialogues, laissant de coté les descriptions totalement inutiles à la compréhension de l’histoire. Pour ceux qui étaient dans le coma ces dernières années (et qui, chose totalement improbable, lit ces quelques mots à la sortie du lit), " Le Diable d’habille en Prada ", raconte l’histoire d’une jeune fille fraîchement diplômée et qui laisse de côté ses prétentions littéraires pour prendre un premier emploi de rêve comme assistante de la prêtresse de la mode, Miranda Priestly, éditrice de Runaway, LE journal sur le sujet. Il apparaît rapidement que sa patronne est totalement infecte, reflet caricatural de ce monde superficiel. Ce roman, qui n’est que prétexte à une description caustique du monde de la mode, aurait pu donner lieu à une bonne nouvelle mais est tiré en longueur sur des centaines de pages, répétant inlassablement les mêmes caricatures, décrivant par le menu détail la descente aux enfers de la jeune Andrea (" An-dre-âââ ! ") Si, comme moi, le monde de la mode vous inspire autant qu’un traité sur les maladies tropicales de la gencive, n’approchez pas de ce livre à moins de cent mètres. Si vous êtes légèrement curieux, je vous incite plutôt à lire " Comment se faire des ennemis " (1), l’expérience traumatisante de l’anglais Toby Young à la rédaction de Vanity Fair. Pour sa part, Lauren Weisberg a été réellement assistante de l’éditrice Anna Wintour du magasine Vogue et on peut donc imaginer que son premier roman est un reflet de son expérience. Néanmoins, " Le Diable s’habille en Prada " n’a même pas le mérite de poser une quelconque question sur ce qu’est la mode ou, comme Toby Young l’a fait dans son roman : " Qu’est-ce qui fait la mode " ? (pour une petite réflexion sur le sujet, voir (2)). Le phénomène " de mode " autour de ce livre me dépasse tout autant que la fascination pour la mode elle-même ou le jeu extrême des apparences. Sans doute suis-je (et ai-je toujours été) un sale plouc sans aucun sens des priorités. Epilogue: Après avoir tourné la dernière page du roman proprement dit, l’éditeur tente de m’allécher avec un "si vous avez aimez Le Diable s’habille en Prada…" suivit d’une liste d’auteurs et surtout de romans aux titres révélateurs: Une semaine d’enfer pour tomber amouseuse de Rosie Rushton, Journal d’un coup de foudre de Sara Manning, ou encore La bande de Lisi Harrison. Il est toujours bon d’avoir une liste de livre que l’on ne doit absolument jamais lire.
http://owen.monblogue.branchez-vous.com/2004/01/25#35651
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