Publi le jeudi 03 janvier 2008

[livre] Au pire, qu’est-ce qu’on risque ? de Donald Westlake

03 01 2008

Il y a des limites à ne pas dépasser !

Ainsi, lorsque le milliardaire Max Fairbanks interrompt le cambriolage de Dortmunder, un voleur professionnel, le met en joue avec un revolver et le livre à la police, personne n’y trouve rien à redire. Cela fait partie des risques du métier et Dortmunder prend la chose avec philosophie.

Mais quand Max profite de la situation, sous le coup d’une impulsion malsaine, pour lui voler la bague que le voleur porte au doigt et qu’il vient de recevoir de sa copine, il franchit la ligne rouge.

Non pas que cette bague de quatre sous aient la moindre valeur, sentimentale ou financière, mais en humiliant Dortmunder de la sorte, il fait du cambrioleur la risée de sa profession. Et c’est quelque chose qu’il ne peut supporter !

Il décide alors de s’évader et de récupérer sa bague… à n’importe quel prix et contre tout bon sens. Et lorsque l’opération devient diablement rentable et prend des allures de voyage en absurdie, Dortmunder peut alors compter sur les princes de sa profession pour réaliser quelques cambriolages de haut vol.

Au pire, qu’est-ce qu’on risque ? est un roman de Donald Westlake, auteur inégal mais capable de réel moments de grandeurs. Très à l’aise dans le genre du polar délirant (avec d’autres succès à son actif, comme Le couperet, adapté il y a quelques années au cinéma ou Le contrat alors que d’autres romans plus surréalistes comme Trop humain ou Smoke sont beaucoup moins intéressants), il nous offre un bouquin truculent, à l’ironie légère, absurde á souhait et diablement amusant qui repose en grande partie sur le personnage de Dortmunder.

Dotmunder, c’est une tête de bois, têtu comme une mule et prêt à tout, surtout du pire et du plus imprudent. Par de nombreux aspects, il m’a immédiatement fait penser au personnage de Porter, le héros de Payback interprété par Mel Gibson, et qui contre toute logique s’attaque seul au syndicat du crime dans sa totalité (en faisant une petite recherche sur imdb.com pour me rappeler le nom de Porter, j’ai découvert que ce lien n’est pas fortuit puisque le scénario du film est une adaptation d’un autre roman de Westlake). Fort de son bon droit, Dortmunder en devient invincible et faire trembler sur son socle l’empire de Max Fairbanks.

De son côté, l’inquiétant Fairbanks, l’anneau au doigt semble sombrer dans une douce folie et ignorer tous les signes qui lui indique qu’il serait temps de faire machine arrière (c’est un adepte du Yi-King).

« Il ne l’aura pas. Max contempla la bague qui lui clignait de l’œil, étincelante à son doigt. Elle était si confortable, si chaude, tellement à sa place. Ceci est mon trigramme. »

Au pire, qu’est-ce qu’on risque ? est une version polar délirante de Le seigneur des anneaux, une lutte entre deux camps pour la possession d’un anneau maléfique, entre Payback et Ocean’s eleven.

Un livre et un auteur à découvrir !