Publié le samedi 6 décembre 2008

[film] Casino Royale – James Bond begins…

06 12 2008

Peu importe le format, quand il est question de super-héros, c’est toujours le récit des origines qui est le plus excitant (oui, je sais, « Dark Knight » et tout ca). James Bond ne fait pas exception à la règle.

STOP… arrêt sur image !

- Pardon ? James Bond ? Un super-héros ? Vous vous moquez de qui, Monsieur ? Il n’a aucun super pouvoir, ce minable agent secret à l’humour douteux.

PLAY…

Il est vrai que considérer James Bond comme un super-héros est sujet à discussion. C’est vrai qu’il n’a aucun super pouvoir. Quoi que… on pourrait lui trouver des points communs avec « Mystic » dans la série des X-men. Après tout, il change assez facilement de visage, d’apparence et même de styles. En 23 films, il a eu la tête de Sean Connery, George Lazenby, Roger Moore, Timothy Dalton, Pierce Brosnan, Daniel Craig et je ne vous parle même pas de la ribambelle de Bond de la première adaptation de « Casino Royale ».

De plus, si posséder un super pouvoir est la condition sine qua non pour recevoir l’étiquette « super héros », Batman peut aller se rhabiller.

STOP… arrêt sur image !

- Et là… on ne touche pas à Batman ! Je vous rappel, Mossieur, qu’il fout quand même la pâtée à Superman (par exemple, dans « The Dark Knight strikes again ») Il a au moins le pouvoir d’encaisser comme personne !

PLAY

Et pas James Bond, peut-être ?

Mais revenons à nos moutons. Si on accepte l’idée que James Bond est un super-héros…

STO…

Toi, ta gueule !

PLAY

… le récit de ses origines est « Casino Royale ». Cette histoire a été déclinée sous de nombreuses formes depuis la sortie du premier roman de Ian Flemming en 1953 : un téléfilm, un film parodique délirant avec une brochette d’acteurs incroyable et une fin à faire frémir de honte les Monty Pythons de « Sacrée Graal » (qui avait avoué avoir essayé de faire la pire fin de l’histoire du cinéma) et enfin, le film de 2006 qui a fait découvrir Daniel Craig dans le rôle du super-agent.

Ce dernier film est sans doute celui qui rend le plus hommage à l’œuvre de Flemming (qui n’a pas fait que découvrir la pénicilline… non, je déconne… c’est le Flemming way).

STOP… arrêt sur image

-…

- Oui ?

- Non, rien, pardon

- J’aime mieux cela !

PLAY

Dans le roman original, James Bond vient de gagner ses galons de double zéro, preuve qu’il est capable de tuer en mission si nécessaire. On lui confie alors la mission de se rendre dans un petit casino de la côte normande pour jouer une partie contre « le chiffre », sinistre malfrat communiste, et de le ruiner. Ainsi discrédité, il pourra être éliminé par le SMERSH. L’homme froid et sans passion va alors jouer la partie de baccara de sa vie, se faire tortuer à grand coup de tatannes dans les couilles, se découvrir un cœur pour le perdre tout aussitôt (Le roman se termine sur un magnifique « La garce est morte »).

L’adaptation de 2006 est bien entendu remise au goût du jour : courses poursuites haletantes (la scène d’ouverture est grandiose), les poussiéreux communistes sont remplacés par de très modernes trafiquants d’armes, la grise côte normande est remplacée les Bahamas et le baccara fait place à une bonne partie de poker.

Mais le personnage de James Bond est tel qu’il doit être : une machine parfaitement huilée, sans états d’âmes, manipulatrice et n’utilisant le charme qu’à dessein. Avec Daniel Craig, on est a cent lieues de l’humour de Roger Moore ou le charme de Sean Connery qui étaient bien loin du sadisme  et de l’érotisme qui teintait les romans de Flemming : « Soyez régulier, espionnez bien ou vous mourrez ».

« Casino Royale » est aux James Bond ce que « Batman begins » est aux… Batman.




[humeur] La machine à voyager dans le temps – Retour vers Nostalgie (0)

06 12 2008

J’écris une lettre à mon Père (1)

Cher Papa, je suis bien arrivé à l’hôpital. J’en profite pour t’envoyer par hirondelle d’or et son générateur d’improbabilité cette petite bafouille, que tu liras si tu as des couilles.

Normalement, elle est programmée pour arriver quelques jours avant ton septantième anniversaire (ou cinquante-vingtième anniversaire comme on dit maintenant dans la Belfrance du Sud), pour te prévenir et essayer de changer le passé (enfin le futur dans ton cas). Bien entendu, c’est peine perdue puisque d’après la théorie du grand physicien Kalish, le paradoxe temporel n’existe pas et toute altération du passé fait partie intégrante du futur. J’avoue ne rien comprendre a tout cela mais cela expliquerait le bordel qui nous entoure.

Je suis donc bien arrivé à l’hôpital et mon foie artificiel fonctionne à merveille.

Note, cher Papa, je ne peux m’en prendre qu’à moi-même. La fête de tes septante ans m’avait pourtant préparé au pire mais, dans ma grande naïveté, je pensais que tu te serais calmé pour tes cent ans.

Mais assez parlé de moi ! Je t’écris cette lettre dans un but précis.

Alors que tu es à quelques heures de ton septantième anniversaire, tu es loin de te douter que tu n’es encore qu’au tout début de l’œuvre de ta vie (qui ne consiste pas uniquement à détruire mes cellules hépatiques). Le fait que ton âge mental n’ait jamais dépassé 4,2 ans en est peut-être un indice.

Inutile de revenir trop longuement sur ton passé, il est largement étalé dans les livres d’histoires et les innombrables biographies (dont celle écrite par ton grand ami André Grafitti) : ta naissance à même la table de la cuisine (dont la légende dit que tu es tombé plusieurs fois), ton enfance dorée à la campagne entre rationnement salvateur pendant la guerre et bains glacés dans des mangeoires, tes turpitudes sexuelles, ta reconversion en égérie du mouvement surréaliste belge, ta rencontre avec des icones de la scène francophone, et j’en passe et des meilleures.

Tu fus alors sauvé d’une vie de saltimbanque par la fille de sainte Lucette. Lucette, une femme exemplaire et aux talents multiples (elle combinait la fonction de directrice de la banque locale, éleveuse de quelques 150 000 poules, neurochirurgienne et chercheuse en astrophysique), au charme dévastateur inspirant un amour inconditionnel, pur et unique à l’homme de sa vie (qui nageait beaucoup pour entretenir la forme). Sa fille donc, qui t’a sortit du caniveau pour te transformer malgré toi en un honnête père de famille pointant à l’usine.

Elle te donna aussi un fils dont on dit que trois rois mages se penchèrent sur son berceau pour bénir son destin exceptionnel (malheureusement, Lucette passant par là aurait renvoyé ces « bougnouls » (sic) d’un cinglant « ce n’est pas le messie, juste un méchant petit garçon »).

Mais nous ne sommes pas là pour parler de moi.

Après tout, nous connaissons tous le rôle que tu as joué dans mon éducation : la valeur du travail (en me faisant lever tous les jours à 3h30 pour préparer la pâte à crêpe pour le « fournil », un tea room que la fille de Lucette avait créé avec l’argent qu’elle avait gagné dans un fructueux négoce de meuble, et où tu essayais tant bien que mal de faire bonne figure), un alcoolisme chronique (en me forçant à boire de la bière) et une vision tordue de l’amour (sans commentaire).

Mais l’amour a ses raisons qui fait déborder le vase et, cher Papa, j’ai décidé de prendre la plume aujourd’hui, alors que mon foie confit d’alcool servira bientôt de base pour les futurs repas de Noël, pour te rendre l’amour que tu m’as toujours porté et te lancer une mise en garde.

Si tu n’y prends pas garde, les 30 prochaines années risquent de te surprendre : sept mariages (dont un avec Lucette), 42 enfants (dont 3 avec Lucette), un poste de président sur un monde virtuel (Lucette comme vice présidente), la création de la secte qui balayera les religions du monde entier (et comme le chantera Julian Lennon dans son dernier bide : « Imagine all the people, living for Kiglisss, ouh ouhhhh »), etc. etc.

Mon conseil ?

Tout a commencé le jour de cette fête pour tes septante ans sous la forme du verre de vodka de trop. Je t’en conjure, pas de vodka, papa ! Et surtout pas de lapin aux pruneaux !!!

Cela peut te sembler obscur, mais papa, je t’en conjure, écoute mes augures, c’est plus sur. (si j'avais habité à genappe, j'aurais ouvert mon dictionnaire de rime à une autre page)

Sur ce, cher Papa, je te souhaite un joyeux anniversaire.

Sam

 

PS : La nuit de ton anniversaire prochain, tu auras trop bu et tu oublieras de mettre un préservatif (que tu es obligé de porter à chaque rapport sexuel, ayant découvert par trois fois dans le passé (ce chiffre est sujet à caution et certains spécialistes parlent de nombreux bâtards répandus à la surface du globe et qui par un mystérieux hasard se sont tous retrouvés sur un secteur dont tu as contribué à la création) que les pilules contraceptives sont sans effets sur tes spermatozoïdes capables de dénicher un ovule fertile dans les recoins les arides. Ta fraîche et nouvelle épouse tombera enceinte d’un rejeton qui sera le premier d’une longue série. Je ne suis pas autorisé a en dire trop mais sache qu’on est assez nombreux pour faire une équipe de foot et que si tu continues comme cela, on pourra enfin créer l’orchestre philarmonique dont on rêve depuis toujours.

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(0) Ce texte, comme il se doit, rappelant ainsi l’esprit de nos maîtres du nonsense, est plein de digressions et de notes cherchant à perdre le lecteur et l’enrober d’une nimbe toute londonnienne d’absurdité. D’autre part, il est également plein de références hautement culturelles. Par exemple, ce titre une allusion subtile à l’œuvre de H.G. Wells et à Olivier Rameau. Ainsi, au final, nous avons un texte intellectuellement lourd, mais en fin de compte complètement idiots. Sur ce, je vous laisse, j’ai des brocolis sur le feu [cette dernière phrase est un exercice pratique… expliquez en 10 lignes comment cette référence correspond au style de cette note de bas de page… toute référence aux coccinelles est considérée comme un atout].

(1) Le format de ce texte est le résultat d’un traumatisme d’enfance, mon père m’ayant laissé écouter en boucle les cassettes (2) des spectacles de Roland Magdane.

(2) Pour les plus jeunes d’entre vous, la cassette est un support qui permet d’enregistrer, ré-enregistrer et écouter des sons. Par exemple, outre enregistrer votre musique favorite à la radio ou copier votre 45 tours (3) préféré, vous pouvez y stocker les données de votre commodore 64 (4).

(3) Le 45 tour est une sorte de grand DVD, noir et couvert de sillons qui permettait d’écouter de la musique. La grande différence entre les deux formats est que le graveur de 45 tours était hors de prix.

(4) Le commodore 64 est un micro-ordinateur qui a fait la joie de toute une génération grâce à sa terrifiante puissance de calcul de 64K. Il a balayé le pauvre ZX80 qui contrairement à ce que son nom pourrait le laisser entendre était bien loin de 80K.