[film] Bambi must die
11 12 2008Le courant de votre pensée est souvent modelé par des rencontres (« C’est bien comme situation rencontre ? »). Ces dernières peuvent prendre diverses formes, un livre, une personne, une idée glissée furtivement dans un dialogue de bistrot. Il s’agit de ces petits « hasards nécessaires » qui nous fait rêver au destin.
Plus rarement, elles prennent l’allure d’un couple de faon qui s’écrasent nonchalamment contre votre pare-choc.
Qu’est-ce que c’est con, un faon… Une sorte d’insulte à Darwin et sa belle théorie de la sélection naturelle. Un pied de nez du grand créateur.
Alors que je contemplais les derniers poils, résistant encore et toujours à l’aspirateur, qui me nargaient sur la calendre de ma skoka familiale décapotable, j’ai été frappé de plein fouet par le fantôme de Carl Jung. Me regardant avec son air cynique, il semblait me dire : « alors ? tu ne crois toujours pas au destin ? » Il était difficile de nier le fait que cette rencontre coïncidait étrangement avec une autre rencontre.
Deux jours plus tôt, mes enfants qui jusque là, tel le prince Siddhartha, avaient été protégé de toute agression cinématographique, avaient exposé à un film innommable. Moi qui amoureusement et la larme à l’œil leurs proposait des « Wallace et Gromit », « Kirikou » et autres perles du cinéma pour la jeunesse, avaient sans préparation aucune, été plongés dans le monde infernal de Walt Disney (NON, Pixar ce n’est pas Disney !!!). Ma mère, telle une Cruelle d’enfer, leur avait fait regarder « Bambi » a mon insu. Depuis, ce film est devenu le « choisi » du moment de télévision du soir.
Cela n’avait été qu’une gêne sans importance jusqu’à cette rencontre avec ces faons en chair et en os.
Et si Jung avait raison ? Si cette rencontre était synchronistique (1) ? Si elle était un appel du destin ?
J’ai été obligé de me faire une raison et accepter l’appel. Il me fallait découvrir la vérité et le nuage pestilentiel et obscur qui entoure ce faon anémique et attardé appelé « Bambi ».
Je me suis alors plongé à corps perdu dans ce bourbier, découvrant des vérités qui auraient peut-être du rester enfouie dans la terre plutôt que de retrouver, dans une demi-vie, la lumière d’un soleil éblouissant.
Je prends aujourd’hui la casquette d’un James Ellroy (2), n’hésitant pas à salir les icones, pour rétablir ce qui aurait pu être la vérité, faisant tomber de leurs piédestals les statues de marbre des cervidés les plus adulés.
Assez palabré, je balance ma bombe : « Bambi » est une incitation à la violence !
Vous ne me croyez pas ?
Voici quelques faits indiscutables :
- Le contexte historique. Nous sommes en 1942. La guerre déchire l’Europe et les Etats-Unis sentent qu’ils ne pourront plus longtemps rester neutre. Walt Disney, malgré ses accointances avec les idées fascistes sent qu’il est temps de retourner sa veste et de participer au futur underground effort de guerre. De source sure (que nous désignerons sous le pseudonyme de « Deep Throat »), nous savons qu’une réunion a réuni tous les cerveaux de l’Amérique secrète de l’époque. Une idée folle apparait alors. Utiliser le cinéma pour enfant pour recruter la future chair à canon. Le résultat sera la sortie du film « Bambi ».
- La méthode est aussi diabolique qu’originale. Fait : aucun adulte ne peut regarder « Bambi » sans être pris d’une envie de meurtre. Outre l’histoire qui est aussi agaçante que ridicule (avec pour héro un jeune faon attardé, avec des problèmes psychomoteurs et de langage, résultat probable de plusieurs mariages consanguin et qui se trouve propulsé « Prince de la forêt »), on y trouve des dizaines de messages subliminaux (par exemple, si vous passez « plic-ploc la chanson de la pluie » à l’envers et en 68 tours, vous entendez distinctement des rafales de mitrailleuses, une des 132 preuves que le film a été financé par la NRA, fait que Michael Moore a été obligé de caché dans « Bowling for Columbine » suite à diverses menaces). Regardez « Bambi », c’est se jeter dans les mains de l’armurier le plus proche.
- Mais pourquoi un film pour enfant ? La naissance d’un jeune enfant pour limiter votre désir de mourir pour la bannière étoilée. Le public visé était donc les jeunes parents condamnés à voir le film pour faire plaisir à ses enfants. Après une vision de « Bambi », les jeunes pères n’étaient que trop heureux que d’aller casser du boche. Petit détail supplémentaire, l’image du père présentée dans « Bambi » montre un père absent, fier et arrogant. Ceci permettait de préparer les mères au futur veuvage.
Je suppose que vous êtes convaincu. Dans le cas contraire, je vous invite à attendre la sortie du livre illustré de 769 pages que j’écris sur le sujet.
Le bon côté des choses est que grâce à Bambi, les alliés ont gagné la guerre.
Mais à quel prix ?
La question est lancée…
--
(1) Autre preuve, alors que j’écris ces quelques mots et que je place astucieusement ce mot aussi joli que sexy (les fameux « Big words » qui ont cet effet si particulier sur la jolie Lara Flynn Boyle dans « Un garçon, une fille, trois possibilité »), j’écoute une émission de radio dans laquelle Claude Lelouch dit « un miracle, c’est une synchronicité réussie ». Tiens, cela me donne envie d’écouter « The Police ».
(2) Un auteur à lire absolument pour son Quatuor de Los Angeles qui a donné naissance à l’excellent film « L.A. Confidential ».
Permalien
Comments :
Catégories : [film]


