Publi le dimanche 10 février 2008

[science] Brève de comptoir - les pets de Kangourou

10 02 2008

Si la science a prouvé quelque chose, c’est que tout groupement masculin rassemblé dans un bistrot et partageant des boissons alcoolisées finira inévitablement par aborder des sujets tels que les flatulences ou la météo.

 

Revenu pour quelques temps à la civilisation, je me suis infiltré dans un bar pour éprouver (une fois de plus, mais le chercheur sérieux est toujours condamné à une monotone répétition de ses expérience) cette théorie.

 

Extraits de mon carnet de terrain (je sers la science et c’est ma joie)

 

Bourré 1 : « Beau temps pour la saison, pas vrai ? »

Bourré 2 : « Tu parles ! J’ai fait mon premier barbecue  aujourd’hui ! »

Bourré 3 : « On a enregistré des températures record, aujourd’hui ! Plus de 16 degrés à Uccle, seloin l’IRM »

Bourré 2 : « On n’aura pas eu d’hiver, cette année. »

Bourré 1 : « Tant mieux ! Je n’ai pas envie que cela change ! »

Bourré 2 : « Moi non plus ! Vais m’acheter un 4x4 et rouler un maximum. »

Bourré 1 : « Vive les changements climatiques ! »

Bourré 2 : « Cela me ferait chier qu’il fasse froid, cela m’a coûté assez cher en Diesel ! »

Bourré 1 : « Et au prix où cela coûte ! »

 

Bourré 3 : « Vous avez entendu parlé de cette étude sur les kangourous ? »

Bourré 2 : « Une histoire de prout ? C’est ça ? »

Bourré 3 : « Oui. Les moutons et les vaches, quand elles pètent, produisent du gaz à effet de serre. »

Bourré 1 : « Du méthane ! »

Bourré 2 : « Mais pas les kangourous ! Et les scientifiques essayent de trouver le gène pour le mettre dans les vaches… »

Bourré 3 : « En fait, ce sont les bactéries dans le tube digestif qui sont différentes et ils voudraient essayer de les implanter dans les vaches et les moutons. En plus, la digestion serait plus efficace et on ferait des économies sur la nourriture. »

Bourré 1 : « Pour qu’ils pètent écologique ? »

Bourré 3 : « Oui… dans certains pays, les pets de moutons et de vaches sont un contribution majeure à l’effet de serre. Presque 50% en Nouvelle-Zélande. »

Bourré 1 : « Tu m’étonnes, 15 moutons par habitant. »

Bourré 3 : « Enfin, cela prendra encore des années pour qu’une telle étude puisse aboutir. »

Bourré 2 : « Ce serait plus simple de remplacer vaches et moutons par des kangourous. »

Bourré 3 : « C’est ce qu’ils essayent de promouvoir en Australie, je pense, la viande de Kangourou est plus saine que celle de bœuf. »

Bourré 1 : « Tu imagines si on remplaçait toutes les vaches et les moutons par des kangourous chez nous ? »

Bourré 2 : « Cela ne doit pas être facile de traire un kangourous… »

Bourré 1 : « En plus, les éleveurs vont faire la gueule… faudrait changer la hauteur de toutes les clôtures. »




[création] Le FEU: Le feu et la glace

10 02 2008

« Some say the world will end in fire,
Some say in ice.
From what I've tasted of desire
I hold with those who favor fire. »

- Robert Frost -

Faire un feu est tout un art. Je commence toujours mon bûcher par quelques feuilles de papier journal roulées en boule. Je les couvre ensuite de petites brindilles de bois sec que j'ai été préalablement ramasser dans les sous-bois qui soulignent les contours des champs. Mon édifice est enfin complété par deux ou trois grosses bûches disposées artistiquement sur l'ensemble. Vient alors le moment de craquer une longue allumette, d'enflammer le papier. Quelques volutes de fumées dansent quelques instant dans l'âtre avant de mourir étouffées par les flammes dévorant l'oxygène en même temps que le bois craquant de plaisir sous la caresse brûlante.

Je suis un homme de rituels. J'aime plonger dans ces petites habitudes que la jeunesse associe avec l'ennui. Elles constituent pour moi l'étincelle du bonheur.

J'avais préparé notre soirée avec un soin maniaque. Une couverture posée devant l'âtre, le feu qui crépite, des verres de vin blanc. Presque un cliché. Elle s'était retiré quelques temps dans la salle de bain pour en ressortir vêtue de sa courte nuisette bleu-nuit brillant de reflets métalliques. Elle était rayonnante.

On s'est installé sur la couverture et pendant un temps, j'ai joué avec la bretelle déchirée de sa nuisette. On s'était un peu laissé emporté par la passion, et le pauvre vêtement avait fait les frais de nos ébats de la vieille.

J'ai pris tout mon temps pour nous rouler un petit joint. Une nouvelle flamme. De la fumée. L'odeur âcre et envoûtante. La montée du désir. Le besoin douloureux de replonger en elle, encore et encore, me perdre dans ses yeux de glace, jouir, la sentir pleurer, incapable de contrôler le bouleversement de son corps.

Tomber. Dormir. Oublier.

Il faisait pratiquement noir quand je me suis réveillé. Le feu était presque mort. Seules quelques braises rougeoyaient encore, endormies au milieu de la neige cendrée. Pendant un instant, j'ai voulu remettre une bûche et offrir à ces cailloux incandescents une seconde vie. Souffler pour leurs insuffler une seconde vie. Voir renaître la flamme. La revoir danser dans le miroir de ses yeux, maintenant fermé dans un paisible sommeil. Mais je n'a rien fait.

Tout est parfait en cet instant. Elle est belle. Tout est paisible.

Je vais aller me coller contre son corps chaud et chasser ce petit frisson qui secoue mon corps et que la disparation du feu ne fera qu'amplifier.

Pourquoi est-ce que je ne l'aime pas ?

Demain, il faut vraiment que je la quitte.

Oui. Demain.