Publié le mercredi 6 août 2008

[humeur] Alors, une fois j’ai vu un chien...

06 08 2008

Ma fille est très friande d’histoires. Plusieurs fois par jour, elle me demande de lui raconter des histoires, vraies ou imaginaires, avec de préférences une bonne dose de nouveauté à chaque fois. Je dois, pour cela, plonger dans mes souvenirs, piocher dans les classiques ou encore faire preuve d’imagination.

Aujourd’hui âgée de trois ans, elle se met à raconter ses propres histoires en s’inspirant de son propre imaginaire , produit délirant de toutes les histoires que je lui raconte.

Une belle illustration du fait que le nonsense est avant tout un retour intellectualisé vers l’enfance.

Un petit exemple

« Alors, une fois j’ai vu un chien. Il était ENORME. Il était grand jusqu’au ciel. Il s’appelait aussi Poudy (1).  Il faisait caca partout. Alors, un jour, il voit un Monsieur qui lisait des journaux et tu sais quoi ? Il lui a fait caca sur la tête ! (2) Il a mis la main dans ses cheveux et il a fait « beeeeeekkkkk, c’est horrrrrible ».

Alors, des voleurs ont cassé une vitre pour voler les affaires dans ma chambre (3). Et tu sais ce qu’il a fait Poudy ? Il les a mangé…  aaaaaarrrrrmmmmm  (4).

Alors, le chasseur est arrivé, il a prit un grand couteau, il a coupé le ventre de Poudy, sortit les voleurs et l’a recousu. Ensuite, on était bien tranquille. »

Une histoire de ma fille, c’est comme un rêve. On prends des éléments connu et on en fait une soupe á la sauce absurde.

Je crois que je suis assez fier de moi, sur ce coup là…

REFERENCES

(1)    Cette partie provient certainement de l’histoire de mon chien Poudy. Celui-ci était un vrai fauve qui défendait son territoire crocs et griffes. Plutôt intimidant, il n’a avoué la défaite que devant Tom, un croisé bouledogue-Saint Bernard devant lequel il est partit la queue entre les jambes. Preuve qu’il n’était pas stupide.

(2)    On voit ici clairement l’allusion au livre « De la petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête » de Holzwarth & Elbrukh.  Celle-ci est amalgamée avec celle de Poudy qui, comme bien des mâles, avait tendance à pisser aux quatre vents. Il a, entre autre, pissé dans un magasin de journaux et sur les jambes d’un pauvre gars qui regardait passer les voitures sur un pont (une activité plus dangereuse qu’il n’y parait).

(3)    Poudy était le chien de garde attitré de la creperie de mes parents quand j’étais enfant. J’ai raconté à ma fille comment  il avait été héroïque en faisant fuir des voleurs qui avaient cassé une vitre pour tenter de piquer la caisse.

(4)    Le thème de dévorement est présent dans de nombreuses histoires, des trois petits cochons au petit chaperon rouge en passant par « Le bon gros géant » de Roald Dahl. Ma fille, qui semble présenter des tendances psychopathes marquées (l’autre jour elle me proposait de tuer des vaches ensembles pour prendre leur viande) ne semble pas éprouver le moindre problème avec cela. Le concept de perte de son doudou semble être beaucoup plus dramatique.