[humeur] Books strike back
11 09 2008Bonjour et bonjour Pénéloppe,
La grande nouvelle de la semaine est le retour de ma bibliothèque. 2000 volumes qui dormaient au fond de la cave de mes beaux-parents depuis mon départ au pays de la korv och bröd et qui a trouvé enfin sa place dans ma nouvelle maison au fond des bois.
Mais, me direz-vous, quel peut être l’intérêt de posséder une bibliothèque à l’heure d’Internet et de Wikipedie ? Pourquoi se faire chier à passer ses dimanches à prendre la poussière sur ces objets disgracieux alors que vous pouvez tout savoir en un click ?
C’est parce que, Pénéloppe Solette, une bibliothèque n’est jamais obsolette, elle est aussi utile qu’une bicyclette, ou qu’une paire de chaussette.
Une bibliothèque se révèle être une partie unique de la connaissance alors qu’Internet n’est que le reflet de l’inconscient collectif. A l’ère de l’uniformisation des connaissances, les livres restent un moyen de se différencier.
La démonstration en sept jours (je pique l’idée à Dieu).
Lundi (en 1789)(ou Vendredi… voir Jeudi ou Lundi… enfin voir plus bas)
Le gang-bang, cette pratique sexuelle extrême, ne date pas d’hier et serait même lié au régime végétarien.
Dans le chapitre " Observations qui prouvent que l’homme peut vivre uniquement de végétaux, sans que sa constitution en souffre " (on savait écrire les titres en 1789) du livre ‘Bibliothèque physico-économique’, on y retrouve consignées les observations de chercheurs ayant participé à l’expédition des frégates ‘La boussole’ et ‘Astrolabe’ autour du monde.
De passage à l’île de Pâque, où la viande se fait plutôt rare et où les autochtones ne mangent que des légumes en se lamentant sur les forêts perdues. Malgré se régime végétarien, " les hommes y sont agiles et lestes comme des cerfs, et ils semblent jouir d’une très bonne santé " et les femmes, elles, loin de dépérir du manque de saucisses n’en sont pas " froides et lentes dans l’exercice des plaisirs de Vénus ".
Pour preuve cette petite anecdote : " Une de ces femmes qui vint à la nage joindre, loin du rivage, le vaisseau à bord duquel étoit M. Sparrman, soutint, dans l’espace de quelques heures, les embrassements de dix-sept hommes de l’équipage, avant de retourner à terre encore à la nage. "
L’histoire ne dit pas si cela c’est passé un lundi mais j’aime à le croire. Par contre, il est certain qu’aucun des 17 mercenaires n’a téléphoné à la demoiselle comme ils avaient tous promis de le faire (" on s’appelle ") et je ne trouve pas que le fait que le téléphone n’existait pas encore à l’époque, ni qu’il ait été installé sur l’île de Pâque soit une excuse valable.
Quoi qu’il en soit, vous y penserez la prochaine fois que vous direz à vos mouflets : " mange tes légumes ! " (1)
" Veg’ baaadd… veg’ baaaad… say not to carrot… "
Lundi, les canards sont á la marre…mar… mar…
Mardi (Samedi)
" Porridge today, Gromit, it’s tueeeee-sday "
5.15 du matin. Fiskebäckskil est loin de se réveiller. Et personne ne m’apporte mon porridge. Ce qui en soit est probablement une bonne chose.
Comme il est trop tôt pour savoir ce qui va se passer aujourd’hui, je vous propose donc de disserter sur le nonsense et pour lancer le débat, je pose les questions suivantes : " est-il possible de définir le nonsense ? " et " peut-on écrire sérieusement sur quelque chose de drôle ? "
Les réponses sont " oui " et " non " mais je ne sais plus dans quel ordre.
Quoi qu’il en soit, je vous invite à lire ‘Les dingues du nonsense’ de Robert Benayoum qui s’attaque malgré lui aux deux questions. Dans une introduction très sérieuse intitulée ‘Le sens du nonsense’, l’auteur nous explique qu’il est impossible de définir le nonsense et ensuite s’applique à le faire, ce qui est parfaitement dans l’esprit du nonsense mais curieusement est incompréhensible et assez peu drôle.
Pour être honnête, je n’ai rien compris. Il faut dire qu’il est trop tôt pour 39 pages de " Ne cherchant pas à discerner le vrai du faux, mais bien à confondre, le nonsense évite soigneusement la méthode discursive et échelonne ses jugements suivant un ordre parfaitement arbitraire. "
Ah ah ah (enfin, pas vraiment).
Alors ? Qu’est-ce que le nonsense ? Une chose est sure… le nonsense n’est pas n’importe quoi et le nonsense à un sens, juste un sens qui va à l’encontre de l’évident, un sens contradictoire et enfantin.
Je vous laisse méditer sur cette petite histoire qui a elle seule définit mieux le nonsense qui nous habite que n’importe quelle définition de dictionnaire.
" J’ai vu un garnement qui debout sur la tête
Riait tout fort, à mon grand désarroi.
Je lui dit de se mettre aussitôt à l’endroit,
Mais pour toute réponse, il se moqua de moi :
Sur vos pieds, me dit-il, vous avez l’air si bête,
Que je ne peux me retenir de rire ! "
Mardi, ils s’en vont jusqu’à la mer…mer…mer…
Mercredi (Dimanche)
Devinez qui est né un mercredi ? Allez devinez ??? Votre serviteur !
Je vous propose donc, plutôt que de célébrer le jour l’année de votre naissance (ce qui vous fait au mieux une centaine d’anniversaire par an), de fêter le jour de la semaine de votre naissance. Cela multiplie par 52 les occasions de souffler les bougies (et cela relancera le commerce de la vente de gâteau, de fabrication de bougies, la médecine et les régimes).
Devrait on changer le mot en semainiversaire ?
Dans la foulée, pourquoi ne pas changer aussi le concept même de l’astrologie ? Créons sept nouveaux signes basés sur les sept jours de la semaine. Tu es né un mercredi à 6.42 ? Tu es donc Pokemon descendant Porridge.
Les Pokemons sont des personnes exceptionnelles. Elles sont belles, intelligentes, drôles, elles sentent bon de la bouche au réveil, et sont capables de replier une carte routière sans se tromper (presque des X-men selon les critères de Gotlieb).
Par contre, si vous êtes ascendant Porridge, cela signifie que vos parents sont distraits et qu’ils ont bêtement oubliés d’inviter la fée marraine à votre baptême et que vous avez un sexe atrophié.
Pour compenser, vous avez une grosse bibliothèque (tu veux la voir, ma grosse bibliothèque ???)
Mercredi, ils organisent un grand jeu…jeu…jeu…
Jeudi (Lundi)
Je viens de relire la Bible.
Enfin, la genèse.
Enfin, le début.
Et en lisant : " Dieu dit : ‘ Qu’il y ait des luminaires au firmament pour séparer le jour de la nuit, qu’ils servent de signes tant pour les fêtes que pour les jours et les années… bla bla bla… quatrième jour. ", je me suis dit que c’est seulement le jeudi que Dieu a créé les jours de la semaine.
Par conséquent, je propose de faire un nouveau calendrier basé sur cette nouvelle lecture de la Bible, créer une secte (ou une sexte, ce qui serait plus drôle) où le premier jour de la semaine (le lundi) serait le quatrième ! Par exemple, le dimanche serait ainsi le jeudi, etc.
Par contre, je me demande ce que cela va changer pour notre nouvel horoscope…
Encore une chose qu’Elizabeth Teissier n’avait pas prévu (par contre Nostradamus, si, comme le prouve ce quatrain : " La verge en main mise au milieu de Branches, De l'onde il moulle & le limbe & le pied. Vn peur & voix fremissent par les manches, Splendeur diuine. Le diuin prés s'assied. ")
Il va y avoir du boulot… Ainsi, il va falloir rebaptiser pas mal de choses : " Vivement lundi ! ", cette série d’auteur avec Bernard Menez, deviendra " Vivement Jeudi ! " (pareil pour " Pas mal pour un lundi " de De Caune et Algoud qui deviendra " Pas mal pour un jeudi "). Francis Cabrel chantera " un mercredi soir sur la terre " et n’oublions pas Sunday Adams.
Jeudi, ils volent dans le vent…vent…vent…
Vendredi (Mardi)
Aujourd’hui est le jour dont vous êtes le héros.
- Si vous adoptez le nouveau calendrier (voir Lundi)… allez à Vendredi (2)
- Sinon (voir Jeudi), lire la nouvelle ci-dessous.
Ahh C’est enfin la fin de la semaine et comme dit le proverbe haïtien : " Si le labeur était une bonne chose, il y a longtemps que les riches l’auraient accaparé. "
Tiens et pourquoi ne pas en profiter pour faire un duel de citation ?
A ma droite, ‘Le grand livre des proverbes Africains’ présenté par Ahmadou Kourouma. A ma gauche, ‘Dictons et expressions populaires de Normandie’ compilé par Hervé Eveno.
Le principe est simple, par 5 fois j’ouvre le livre au hasard et lis la première citation de la page.
Gong
Premier round :
- Au mois d’aout, le vent est fou
- Si tu ne tues pas, tu ne dépèces pas
Second round :
- Vent du nord qui mouille, pas plus de poisson que sur la peau de mes couilles
- Le petit oiseau bavard n’a pas de graisse au derrière
Troisième round :
- Comme la brebis qui bêle, il perd sa gouleye
- Le petit rat ne tète pas les mamelles du porc-épic
Quatrième round :
- Pour dire qu’y a d’la pomme, y en a point ; pour dire qu’y en a point, y en a !
- Où se lève le serval se couche la martre
Cinquième round :
- Prêter son qu’va, c’est plus dur que donner sa fille à marier
- Si tu vois un crapaud couché sur le dos, ce n’est pas le plaisir qui le mit dans cette position.
Ce premier match se termine par un nul… mais lequel ?
Vendredi, ils se dandinent comme ça…sa…sa…
Samedi (Mercredi)
Finalement, ce fut une semaine assez calme ou alors c’est juste que j’ai été trop fainéant pour faire mes devoirs et que je me suis contenté de rester dans ma tour d’ivoire au milieu de la foret à écrire n’importe quoi. A noter que ces deux propositions ne sont pas exclusives.
Il faut dire que j’ai une vie un peu spéciale. Cette semaine, j’ai masturbé des tunicités, tué quelques milliers de bébés en bas âge, pris des photos d’embryons et j’ai préparé ma tournée mondiale (Owen on tour… de nombreuses dates à travers le monde… Ok ce ne sont que des conférences mais j’ai toujours rêvé d’être une rock star et je ne suis qu’un biologiste).
Alors je vous propose de garder ce Samedi pour les commentaires.
Et vous ? vous avez fait quoi cette semaine ?
…
…
…
C’était vraiment très intéressant.
Samedi, ils pensent à Lady Di…di…di… (3)
Dimanche (Jeudi)
" Régis
Né lundi,
Baptisé mardi
Marié mercredi,
Malade jeudi,
Pire vendredi,
Mort samedi,
Enterré dimanche,
Telle fut la fin de Régis. "
Il n’y a pas à dire, c’était vraiment une semaine de merde pour Régis (qu’est-ce qu’il est con ce Régis). Et ca, c’était vraiment l’image de la semaine !
Dimanche, la semaine est finie, on recommencera lundi.
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(1) Comme disait l’Oncle Sagamore dans ‘Fantasia chez les Ploucs’ :
" - Faut qu’elle mange des légume.
- Qué pitié ! Et une jeune fille, encore "
(2) Je viens de constater que si vous êtes un croyant de notre nouvelle religion, vous risquiez d’être bloqué dans une boucle infernale entre vendredi et mardi (mardi renvoyant à vendredi). Je vous laisse donc cette note de bas de page, telle une bouée de secours, pour que vous puissiez vous en échapper en allant directement au mercredi. Maintenant, si vous êtes indécis et que vous changiez d’avis tous les vendredi… allez vous faire foutre.
(3) J’ai curieusement oublié la partie du samedi dans cette comptine des jours de la semaine… Chaque soir, je suis contraint d’inventer une nouvelle rime boiteuse lorsque je la chante à mes enfants… Si par hasard, vous connaissez la phrase originale, merci de me la communiqué !!
Publié par : Owen Meany à 02:19:51Permalien
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