Publié le jeudi 8 janvier 2009

[livre] Adios Shéhérazade

08 01 2009

Putain ! Elle commence bien cette année et cette chronique si j’en juge par cet étalage gratuit de vulgarité. Mais il faut me comprendre ! Un grand Monsieur vient de s’éteindre laissant derrière lui une œuvre qui vous gardera haletant bien plus de mille et une nuits.

Il faut dire qu’il s’agissait d’un auteur américain prolifique avec plus de 90 livres à son actifs depuis 1960 dont un grand nombre ont subi des adaptations cinématographique plus ou moins réussies (plus moins que plus, pour être honnête).

Par une curieuse coïncidence, j’ai appris la triste nouvelle alors que je venais juste de m’offrir mes traditionnels deux livres du maître que je me paie à chaque retour au pays : « Pierre qui roule » écrit en 1970 et qui lance le flamboyant personnage de Dortmunter ainsi qu’un livre plus récent « Fire break » écrit en 2005 sous le pseudonyme de Richard Stark.

Vous voyez de qui je veux parler ?

Il s’agit bien entendu de Donald Westlake, alias Richard Stark, alias Tucker Coe, alias Samuel Holt, alias Edwin West, alias Curt Clark, alias Thimothy Culver, autant de pseudonymes derrière lesquels se cachait un stakanoviste à côté duquel Stephen King fait figure de fainéant.

Donald Westlake est un maître du roman noir.

Il a révolutionné le genre en y introduisant une bonne dose de nonsense. Un bel exemple est le personnage de Dortmunter, son héros favoris, sorte de cambrioleur aussi fou qu’absurde, capable du plus grand génie et de la plus grande bêtise mais assez cinglé pour se sortir des pétrins les plus fous (pour vous donner une bonne idée du personnage, voir « Payback » avec Mel Gibson inspiré d’un roman de Westlake).

Mais en 90 romans, Westlake s’est essayé à bien des genres. Le roman nonsense, délirant et d’une grande intelligence narrative (par exemple, « Adios Shéhérazade »), le polar classique, la satire sociale (par exemple, « Le couperet » qui a été adapté par Costa Gavras avec Garcia) mais il s’est aussi attaqué avec plus ou moins de succès à des mythes comme l’homme invisible (« Smoke ») ou encore la religion (« Trop humain »).

Mais le point commun à toute son œuvre reste l’humour, « comme moyen de faire naître l’émotion et la peur ».

Donald Westlake est décédé la nuit de la saint Sylvestre âgé de 75 ans mais il me reste encore bien des nuits à passer dans son univers.

Pour en savoir plus : http://www.donaldwestlake.com/