[TV] On roule comme des patates

25 12 2007

tum tududum tududum tududum tududum...

Ceux qui comme moi ont grandit devant la petite lucarne de la télévision belge se souviendront du générique de l'émission « Contact ».

Pour les autres, cette émission apparue sur les écrans pour la première fois en 1970 avait pour objectif la sensibilisation aux dangers de la route. Plusieurs présentateurs se sont succédés, dont le célèbre commandant De Nève qui est à la gendarmerie ce que Jules Smett est à la météo.

Cette émission légendaire connu entre 1997 et 2000 un regain de gloire avec la création par le regretté Manu Thoreau d'une facétieuse parodie intitulée « Faux contact » dans laquelle le comédien , alias « Le commandant », donnait des conseils pour le moins farfelus en se moquant de la diction si particulière du présentateur original (1).

Et bardaf, c'est l'embardée.

Quelques années plus tard, un autre pilier de l'humour belge, Jean-Luc Foncq et Christian Martin, un de ses alcoolites dans le groupe Sttellla, tournent une seconde parodie de l'émission « Contact » curieusement intitulée « On roule comme des patates » (2).

Dans 20 sketches aussi délirant les uns que les autres, le duo se lance dans des conseils de sécurité routière... avec des pommes de terre. Le plus absurde est que ces émissions sont diffusées en lieu et place de la vrai émission !

Générique:

« pom pom pom pom pom pom pom... de terre »

Avec sa façon unique de jouer avec les mots, Fonck nous offre ici des courts métrages magnifiques centré presque exclusivement sur ce légume de la famille des Solanacées et qui participe tant à l'identité du plat pays.

J'en reste sans voix et vous laisse juge puisque ces films sont disponibles gratuitement sur le site officiel de Sttellla: http://www.sttellla.be/Multimed/Videos.htm

Et n'oubliez pas de mettre vos lunettes de sécurité, c'est plus sur ! (de pomme de terre !)

(1) Pour rappel, quelques extraits des 169 épisodes sur http://gigistudio.over-blog.com/article-6663868.html

(2) Ils avaient déjà joués ensemble dans le programme « mets ta ceinture ! » pour Les allumés.be




[TV] Jericho, saison 1

17 05 2007

Internet et le téléchargement offre au passionné de série une source pratiquement inépuisable de choses plus ou moins intéressantes à regarder. Ainsi, j’ai pris l’habitude d’avaler des séries par saisons entières. Cette facilité fait que j’ai perdu en chemin le plaisir de l’attente, celui qui fait que chaque semaine on attend avec impatience le nouvel épisode de sa série préférée.

Mais dernièrement, j’ai retrouvé ce plaisir grâce à 3 séries au rythme de leur diffusion aux Etats-Unis : la saison 3 de Lost qui en est à son 20e épisode, la première saison de Heroes (dont le dernier épisode sera diffusé lundi prochain) et Jericho que j’ai pris en route il y a peu.

Hier, je m’apprêtais à regarder l’épisode de la semaine passée (le 22e). Je m’installe confortablement et profite de la balade qui se termine sur un énorme point d’interrogation. Impatient de connaître la suite, je vais consulter le site de CBS pour voir combien d’épisodes seront encore diffusé avant la fin de la saison et je découvre avec consternation que ce 22e épisode est aussi le dernier.

Je venais de regarder sans aucune préparation le dernier épisode de la saison dont la fin est loin d’en être une !

Mais pire, je découvre que CBS annonce officiellement qu’il n’y aura pas de seconde saison !

Et pan… encore une autre de ces séries qui ne connaîtra jamais de dénouement (faisant suite à Surface ou Carnivale, par exemple).

L’action se déroule à Jericho, une petite ville rurale du Kansas. Un beau jour, les habitants de la ville observent un magnifique champignon atomique au loin, sur ce qui est probablement Denver. Rapidement, il va apparaître que cette explosion n’est pas un accident isolé mais le résultat d’une attaque terroriste de grande envergure sur l’ensemble du territoire américain. Commence alors à Jericho et partout sur le territoire des Etats-Unis une lutte sans merci pour la survie dans un monde retombé plusieurs siècles en arrière.

L’histoire a un petit air connu : la survie dans un monde post-apocalyptique qui a été décliné de nombreuses façons dans des romans (Malevil de Robert Merle, La mort blanche de Frank Herbert ou encore Le fléau de Stephen King), des films (ne citons que Mad Max) ou des BD (Jeremiah). Comme souvent, le chaos engendré fait ressortir le pire et le meilleur de chacun.

Le tout pivote autour de plusieurs personnages clés : Jake un mauvais garçon ténébreux joué par Skeet Ulrich dont on se souvient du rôle dans Scream (même s’il n’a jamais réellement décollé après cela), qui revient en ville après des années d’absence, Robert Hawkins, un nouvel arrivant qui semble en savoir plus qu’il ne le laisse supposer ou encore Johnston Green, le maire de la ville (joué par un magistral Gerald McRaney déjà remarqué dans Deadwood).

L’intérêt de Jericho réside dans l’origine de ces explosions et la série joue avec succès sur le mystère entretenu et la divulgation d’informations. Chaque information fournie est généralement contrebalancée par un nouvel aspect du mystère (même si la clé semble une fois de plus être la thèse du complot gouvernemental… finalement on n’a rien inventé de nouveau depuis X-files).

Maintenant, si la série ne doit vraiment pas connaître de suite, cette première saison perd tout son attrait puisqu’elle laisse de trop nombreuses questions en suspens et ne se clôture pas proprement.

Dommage.




[TV] Sleeper cell, saison 1

06 05 2007

Il y a peu, je vous parlais d’une série plutôt originale dans le paysage télévisuel actuel, Dexter, qui bien que bourrée de clichés et de stéréotypes avait le mérite de faire du divertissement sans tomber dans la simplicité. Sleeper cell, autre production de la maison Showtimes, est également dans cette catégorie.

Cette série s’intègre parfaitement dans l’actualité américaine largement exploitée dans les films et les séries (ne citons que Jericho ou 24), à savoir la peur du terrorisme après 11 septembre exacerbée par la politique américaine au proche orient.

Sleeper cell est avant tout une série de divertissement sans pourtant tomber dans l’excès de 24 ou dans le grotesque de Desperate housewives (il m’a suffit d’un seul épisode de la troisième saison pour en être dégouté), mais un divertissement tout en nuance.

On y suit les aventures du seul agent du FBI infiltré dans une cellule terroriste islamique dormante sur le territoire américain.

On y découvre un monde a faire frémir les américains pro-Bush: un groupe de fanatiques, parfaitement intégrés dans la société, de l’américain de pur souche au français en passant par un serbe. Tous sont animés par la même haine des Etats-Unis mais tous sont arrivés par des chemins différents.

Notre agent infiltré devra faire de nombreux sacrifices pour gagner la confiance de ses pairs et tenter d’arrêter une opération de grande envergure à faire pleurer Jack Bauer ou faire passer le 11 septembre pour une minable petite répétition.

Mais le véritable atout de cette série est la vision présentée de l’Islam : à travers la foi de l’agent ou encore des nombreux personnages secondaires que l’on croise au fil des épisodes. Les choses sont remises dans leur contexte:  oui de nombreux terroristes agissent au nom de l’Islam mais le message du Coran et la grande majorité des musulmans n’est pas la destruction, que tout cela n’est que propagande et détournement du message original à des fins politiques. La série fait le procès du terrorisme mais aussi de l’Amérique et de ses actions qui ne font que créer plus de peur, de colère et d’envie de revanche. La conclusion étant que le changement ne viendra pas par les armes mais bien par l’éducation et que celui-ci devra se faire à l’intérieur de l’Islam.

Sleeper cell est un excellent divertissement dont les 9 épisodes forment un tout sans tirer sur la corde (ce que l’on peut reprocher, par exemple, à Prison break, qui aurait fait une excellente mini-série mais devient ridicule en 24 épisodes). Pour cette raison, je suis assez sceptique quand à la réussite d’une seconde saison. Mais j’essayerai malgré tout.




[TV] Dexter, saison 1

03 05 2007

Les séries sont terriblement à la mode et également très addictives. Une fois qu’on y a touché, il est très difficile de se sevrer. Jouant le rôle de dealer, j’ai transmis cette passion autour de moi en offrant à des amis et collègues des DVD avec quelques épisodes : " pour voir ".

Cela a été particulièrement efficace avec une collègue espagnole a qui j’ai donné un DVD avec 6 épisodes de Heroes et 6 épisodes de Jericho (qui m’avait été fourni par mon dealer habituel, mon ami Chuck).

Depuis, elle est comme folle. Elle suit ces deux séries avec une passion inégalée. Elle est capable de regarder 10 épisodes d’une série de suite et se procure les épisodes nouveaux sans attendre plus de quelques heures après leur diffusion aux Etts-Unis.

Encore plus fort, elle transmet aussi ce virus autour d’elle, en parlant avec fougue mais surtout faisant tourner le DVD accrocheur que je lui avais donné.

Mais je lui avais passé un autre DVD avec 6 épisodes de la troisième saison de Lost, qu’elle n’a pas regardé puisqu’elle n’avait pas suivit les deux premières mais aussi 6 épisodes de Dexter.

Curieusement, elle n’a pas accroché à cette dernière série, qu’elle a trouvé trop sanglante et effrayante.

Et il faut bien avouer les choses comme elles sont : Dexter est vraiment en série pas comme les autres. C’est un petit diamant brut dans le monde des séries qui devient pourtant de plus en plus formaté, effet secondaire de son succès et de sa popularité.

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Dexter est un jeune homme charmant. Il travaille comme spécialiste du sang dans la police scientifique de Miami. Une sorte de tradition familiale puisque sa sœur et son père sont également dans la police. Il partage la vie d’une jeune mère divorcée d’un mari violent avec laquelle il fait preuve de trésor de patience.

La série est centrée sur le service de police alors qu’il doit faire face à un tueur en série qui a la particularité de vider ses victimes de leur sang et de les découper en petits bouts pour les présenter artistiquement dans divers endroits.

Policiers et scientifiques se lancent alors sur sa piste.

Pas très original me direz-vous ?

Je ne saurais qu’abonder dans votre sens. Il s’agit d’un scénario digne d’un épisode des Experts vaguement combinés avec une version édulcorée de The shield. En plus, les acteurs ne sont pas tous convainquant, en particulier Jennifer Carpenter qui joue le rôle de la sœur de Dexter, sorte de Susan dans Desperate housewives, qui est totalement exaspérante et aussi convaincante en super flic que Vandamme en physicien nucléaire.

Oui, mais !

Dexter est bien plus que ce qu’il semble être !

Dexter est un maître du déguisement. Sous ses allures de gendre parfait se cache un psychopathe, totalement incapable de ressentir la moindre émotion et qui joue la normalité pour rendre les choses supportables et surtout pour assurer sa survie. En effet, Dexter est un tueur en série.

Toute la série repose sur les épaules de ce personnage, magistralement interprété par Michael C. Hall, méconnaissable par rapport à son rôle de David dans Six feet under.

Dexter nous plonge dans la tête de ce tueur en série qui a eu la particularité d’avoir un père adoptif policier qui lui a appris à se fondre dans la masse, à couvrir ses traces et surtout qui lui a donné un code : ne tuer que les coupables, les meurtriers qui sont passés aux travers des mailles de la justice. Dexter se laisse alors allez à son petit penchant tout en jouant le justicier.

Mais sa petite vie bien huilée lors de l’arrivée dans sa vie de ce collègue, cet autre tueur en série, un véritable artiste aux yeux de Dexter avec qui il va jouer un jeu dangereux qui le conduira à ses origines.

Après quelques épisodes, on est séduit par le personnage de Dexter, sorte de monstre que l’on ne peut qu’aimer. Mais rapidement on prend conscience des limites de la série : soit elle monte à un autre niveau, soit elle ne sera qu’une bonne idée tirée mal exploitée (comme Prison break qui tourne rapidement à la blague trop longue). Mais la série réussi sont pari en prenant une autre dimension : la relation de Dexter avec son père, son quotidien ou le jeu complexe avec l’autre tueur rend l’histoire haletante jusqu’à un final un peu prévisible et tiré par les cheveux mais terriblement efficace.

Une belle réflexion sur les racines du mal, l’inné et l’acquis, le bien et le mal dans une série avant tout distrayante. Du tout grand spectacle !

Vivement la saison 2 !




[TV] Oz, saison 1

29 04 2007

Si les séries ont le succès qu’elles ont aujourd’hui, c’est en partie grâce à HBO qui a donné au genre de nouvelles règles de qualité avec des séries comme Six feet under ou les Soprano. Une des premières séries de cette maison de production est Oz, une série qui nous plonge dans l’enfer de l’univers carcéral.

Oz, c’est le petit nom de la prison de Oswald dans laquelle un homme essaye de créer une section, Emerald city ou Em city, plus humaine et d’y projeter ses idéaux : essayer de donner un espoir au prisonnier d’évoluer en dehors de la spirale de la criminalité.

La première saison est l’histoire de son échec.

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La méthode de narration est d’une incroyable originalité pour une série de la fin des années 90. On suit de nombreux personnages, prisonniers, gardien, directeur, prêtre, politicien, etc. et l’on assiste impuissant à la mort à petit feu d’une belle utopie.

Le grand intérêt d Oz est que la réponse apportée est d’une incroyable subtilité. Le spectateur est bombardé d’informations, parfois contradictoires, absurdes ou dénuées de logique, toutes contribuant à la mort de nos préjugés.

De nombreux aspects de la vie en prison sont présentés au cours de 8 épisodes de cette première saison : la corruption, le trafic, la violence, le sexe, la peine de mort, la politique, les gangs, etc. Des aspects positifs sont aussi abordés, souvent de manière très politiquement incorrecte : la religion, catholique ou musulmane, chacune avec ses points forts et ses débordements.

La série pose aussi la question de l’origine de la violence, insistant sur l’impact de la société qui crée des criminels. Elle dénonce l’hypocrisie de vouloir améliorer les conditions en prison (mais aussi le système purement punitif) alors que le système au dehors qui devrait être revu.

Oz joue littéralement avec le spectateur, ses émotions et ses certitudes. Elle fait évoluer votre point de vie, casse vos vérités à grands coups de retournement de situations.

Qui est le pire ? celui qui tue un dealer qui vendait de la drogue à ses enfants ou celui qui écrase une adolescente alors qu’il conduisait en état d’ivresse ? celui qui propage une idéologie nazie ou un avocat binoclard ?

Il n’y a pas de réponse simple à ses questions et il est toujours dangereux de mettre les gens dans des boites avec de jolies étiquettes. L’humanité est beaucoup plus qu’un stéréotype. A Oz, comme dans la vie, les choses ne sont jamais fixe, tout évolue, et la prison est une sorte de monstre évolutif, en pleine mouvance, et qui gronde de colère.

Mais la vraie puissance de cette série, sa véritable originalité, est qu’elle est probablement la première série sans héros (il n’y a même pas un anti-héros comme Tony Soprano). Le seul personnage central est la prison, tous les autres ne jouent que des rôles secondaires et sont potentiellement jetables. Il y a aussi une réelle recherche esthétique. Certains plans sont très recherchés, en particulier ceux impliquant le narrateur ou la présentation éclair des prisonniers. Les acteurs sont choisis avec soins et on remarque la présence d’Edie Falco qu’on retrouvera un peu plus tard dans le rôle de Carmela Soprano.

La première saison se termine de façon très prévisible mais quand même surprenante et je suis impatient de replonger dans l’enfer de Oz pour une saison de plus !




[TV] Rome – Saison 2

19 04 2007

Les 10 épisodes de la seconde saison de Rome reprennent la même recette que la première : raconter la grande histoire (le querelle de succession après le meurtre de Jules César) selon le point de vue des grands figures histoires (Brutus, Octave, Marc-Antoine, Cléopâtre, etc.) mais aussi celui plus individuel du peuple (toujours à travers les deux figures Titus Pullo et Lucius Veronus).

La première saison se déroulait entre la guerre des Gaules et la mort de César sur le marbre du sénat. L’histoire reposait principalement sur le personnage hautement charismatique de Jules César et sur la question : qu’est-ce qui a poussé Brutus a participer à ce crime. La réponse y était très intéressante, cherchant dans l’humanité à son niveau le plus fondamental, la cause des grands changements de l’histoire.

Le dernier épisode de la première saison était particulièrement intense, de par la mort de César, mais aussi les terribles événements qui frappent Lucius Veronus et sa famille.

On en ressort le cœur battant et Jérémie Malaussene hurlant dans votre tête : " La suuuiiite, la suite bordel ! "

La seconde saison s’ouvre sur la cadavre ensanglanté de Jules César et enchaîne immédiatement après les faits sans aucune transition.

Cet épisode charnière marque le début d’une seconde saison d’une qualité égale à la première, mettant toujours autant de soin et d’argent dans les décors (même si les spécialistes s’accordent pour dire que la reconstitution de l’Egypte n’est pas aussi fidèle que celle de Rome), les intrigues et le réalisme dans les relations humaines (selon les standards de l’époque).

Au niveau scénario, la seconde saison présente un intéressant effet miroir avec la première. La saison 1 commençait de façon très racoleuse à grand renfort de violence et de sexe particulièrement explicite pour une série télévisée (mais il est bien connu que HBO n’a peur de rien) pour glisser vers un monde basé sur les intrigues.

Ce sont les intrigues qui sont mise à l’honneur dans la première partie de la seconde saison, violence et sexe ne faisant qu’une réapparition remarquable dans les derniers épisodes, atteignant de nouveaux sommets, comme une sorte d’étrange récompense pour les spectateurs.

L’Histoire-avec-un-grand-H est connue : le soldat et ami de César, Marc-Antoine jouant de l’amour que lui porte le peuple pour retirer son épingle du jeu, Brutus en exil et qui tente vainement de revenir au pouvoir (la scène métaphorique de sa mort est quelque peu ridicule) et surtout le terrible Octave, héritier officiel de Jules César, froid, intelligent et calculateur, prêt à toutes les alliance et toutes les traîtrises pour arriver à ses fins et qui tiendra finalement les rennes.

C’est en particulier l’opposition Marc-Antoine et Octave qui est mise en avant et c’est encore une simple histoire d’amour (impliquant bien entendu Cléopâtre mais aussi Domina) qui est le point d’appuis de l’histoire.

Au niveau du peuple, Titus Pullo s’est assagit et Lucius Veronus, écrasé par le chagrin, sombre dans une sorte de violence désabusée. Ils se voient confier la mission de tenir les bas quartier de Rome, en pleine effervescence fasse à la constante mouvance du pouvoir. Une fois encore, ils joueront des rôles clés dans la petite mais aussi la grande histoire.

Le tout est d’une grande qualité, une leçon d’histoire flamboyante, mais pour une raison que je m’explique pas, la seconde saison manque de la petite étincelle qui rendait la première totalement extraordinaire. S’il s’agit d’un spectacle de très grande qualité et bien au-delà des nombreuses séries disponibles actuellement (et qui semble se formater de plus en plus), il y a quelque de chose de moins dans la seconde saison, sans que je puisse mettre le doigt dessus. Peut-être le plaisir de la découverte. Peut-être un personnage aussi intriguant que Jules César.


Quoi qu’il en soit, les deux saisons de Rome valent certainement la peine qu’on s’y intéresse !

The rest is history !

D’autant plus que HBO a été très clair : il n’y aura pas de troisième saison.




[TV] X-files, saison 2

17 04 2007

tu tu tu tu ti tuuuuuuu

N’écoutant que mon courage, j’ai continué mon voyage au delà du réel en compagnie de Dana Scully et Fox Mulder en enchaînant directement sur la seconde saison après la vision d’une première saison rafraîchissante.

Il faut dire que la première saison se termine sur un événement choc : la fermeture des affaires non-classées, les X-files, et la dissolution de l’équipe Scully-Mulder, laissant en suspend de nombreuses questions telles que " Comment les seins de Scully arrivent-ils à défier la gravité " (1) ou " Comment David Duchovny a-t-il fait pour devenir acteur avec si peu de talent ? " (2)

Cette seconde saison est particulièrement décevante et n’offre même pas la satisfaction d’une fin de saison digne de ce nom.

Pourtant cela commençait bien !

Les fans attendaient avec impatience de savoir comment les X-files allaient être ré-ouverts.

Dans les premiers épisodes, on découvre un Fox Mulder qui a perdu la foi (ce qui dans le jeu d’acteur de David Duchovny se traduit par la disparition des lueurs de malice qu’il arrivait à glisser dans son jeu) et se morfond dans des tâches subalterne. Il remplace Scully dans le besoin de recherche de preuves, il doute même de ce qu’il a vu, tout en continuant à subir ses obsessions et à subir le même cauchemar de l’enlèvement de sa sœur (dans une version différente de celle de la saison 1).

De son côté, Scully est également rongée par l’ennui et pour des raisons que l’on devine plus personnelle, souffre également de la dissolution de l’équipe. Elle est prête à tout pour reformer cette équipe et redonner la foi à son partenaire.

Le début de saison est magnifique.

Les épisodes quittent le carcan " 1 épisode, 1 histoire " pour avancer dans l’histoire générale : les complots schizophréniques du gouvernement, les extra-terrestres, les X-files, le rapprochement affectif entre les deux coéquipiers, etc. La série prend alors une autre dimension.

Et puis, suite à l’épisode clé du retour de Scully (et le retour du congé de maternité de Gillian Anderson), la série fait un brusque bond en arrière. On retrouve le format plat d’une histoire par épisode et on se demande si le scénariste n’est pas resté à la maison pour prendre soin du bébé de Scully !

Au fil de la saison, les épisodes sombrent de plus en plus dans la facilité et le ridicule (pour culminer avec l’épisode sur les monstres de foire), ne nous offrant même pas la satisfaction d’une fin de saison digne de ce nom puisqu’elle se clôture sur un épisode comme les autres. Si Fox retrouve la foi vers la fin, David Duchovny semble pourtant avoir oublié comment jouer l’enthousiasme (espérons qu’il profitera de ses vacances avant le début de la saison 3 pour prendre quelques cours de comédie) et c’est Gillian Anderson, plus humaine, plus encline à accepter les hypothèses alternatives, qui devient réellement le pilier de la série.

Suite à cette seconde saison peu convainquante, je sens que de l’eau va couler sous les ponts avant que je n’attaque la suite !

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  1. C’est particulièrement évident dans l’épisode du retour de Scully, lorsqu’elle est étendue sur une table, ses énormes seins dus à la grossesse qui l’avait écartée provisoirement des plateaux tendu vers le ciel dans une forme totalement anormale. Faut-il y voir un effet secondaire de ces épaulettes qui ornent systématiquement ses tailleurs ?
  2. Dans cette seconde saison, Fox mériterait l’oscar du pire acteur de l’année pour une scène particulièrement risible dans laquelle il doit jouer la douleur et annoncer à son père qu’il a (encore) perdu sa sœur.




[film] Surplus

05 04 2007

Michael Moore est au film documentaire ce que JK Rowling est à la littérature pour la jeunesse. Il a su ouvrir un genre méconnu au grand public et son succès retentissant à donné des idées à d’autres.

L’idée de base est de s’attaquer à une Grande Cause (avec un grand G et un grand C) : l’origine de la violence, la propagande anti-terroriste aux USA, etc. et l’attaquer avec un mélange de bonne foi et de manipulation pour faire passer de façon convaincante et surtout très rock’n’roll, une idée ou un message. Journalistiquement, c’est très discutable mais d’un point de vue efficacité, c’est redoutable.

La même recette a été reprise récemment et avec un succès équivalent par Al Gore dans sa croisade pour une prise de conscience du phénomène de réchauffement climatique (An unconvenient truth).

Mais si la méthode semble justifiable lorsque la cause et le message sont justes, elle devient inquiétante lorsqu’elle est utilisée intelligemment pour faire passer un message plus ambigu (et dès lors pose la question de la justification de l’utilisation de méthodes partiales en général).

Le film Surplus réalisé par Erik Gandini en 2003 (voir lien ci-dessous) qui a fait grand bruit à sa sortie en Suède et qui est passé récemment sur Arte en est une belle illustration.

Sa Grande Cause est celle de la surconsommation et son corollaire : la surexploitation des ressources et l’inégalité de répartition des richesses.

Le film peut s’observer selon différents angles avec des regards totalement différents

Techniquement, c’est un petit bijou. Le montage est très original, rapide et efficace. C’est beau comme une publicité ou un clip (mais de 50 minutes quand même). La musique (qui n’est pas sans rappeler celle de Fight Club, ce qui n’est peut-être pas une coïncidence) porte littéralement le film et maintien un rythme de croisière qui ne laisse pas le temps au spectateur de souffler (penser ?) Certains effets de montage sont terriblement ingénieux, comme ce discours d’ouverture contre la surconsommation qui est progressivement noyé par les bruits des émeutes et de la violence. Les associations d’idées visuelles sont bien faites et originales, laissant parfois notre imagination vagabonder dans des endroits inattendus.

Pour faire simple, c’est terriblement efficace !

Au niveau de la structure, c’est très classique. On part de l’universel, du général, pour présenter l’idée de base (la surconsommation c’est mal, la société de consommation c’est mal, ce monde est sans avenir), pour l’illustrer par des exemples chocs (l’interview d’un personnage effrayant et charismatique, l’écrivain John Zerzan, des cas particuliers des dérives de la surconsommation : une fabrique de poupée gonflables de luxe faisant des parallèles avec le culte de l’uniformité et des apparences ; le témoignage un peu ridicule d’un jeune suédois qui démontre que l’argent ne donne pas de sens à la vie ; une alternative à la société de consommation avec le socialisme à Cuba et le témoignage d’une jeune cubaine qui a voyage en Angleterre). En chemin, on place quelques stéréotypes et images chocs et ridicules des partisants de l’autre camp (comme ce bon vieux Bush ou encore Steve Ballnerde chez Microsoft), quelques chiffres chocs (20% des habitants consomment 80% des richesses ou encore un américain consomme 30 fois plus qu’un indien) et on termine par un take-away-message.

Et c’est bien là que le bas blesse !

Soit ce film fait preuve d’une magnifique ironie (comme le laisse supposer quelques séquences, comme la reconstitution de la vie des hommes des cavernes illustrant et tournant en ridicule les propos extrémistes de John Zerzan dont la solution à la surconsommation est le retour à l’âge de pierre), soit il est une incitation à la violence et un remarquable manque de confiance en l’humanité à qui il montre bien peu de respect.

Si le film se veut ironique, c’est loin d’être évident et seule une élite pourrait éventuellement percevoir le réel message. Dès lors, on est en droit de se demander l’intérêt d’un tel film. D’autre part, ce léger parfum ironique ne pourrait être qu’un moyen de défense pour camoufler le but réel de ce film, à savoir faire passer le message qui transpire au premier degré : seule la violence et la destruction sont des solutions pour lutter contre la société de consommation.

Dans ce cas, Surplus apparaît comme une version documentaire de Fight Club avec John Zerzan débitant ses vérités à la manière de Dantec dans le rôle de Tyler Durden (en beaucoup beaucoup moins sexy, il faut le reconnaître).

Le problème est que le discours est beaucoup trop blanc/noir. La société de consommation vous abreuve de publicité et de propagande pour vous " pousser à consommer ". Vous êtes une pauvre victime impuissante et passive, que l’on " force " et c’est la " force d’inertie qui le (ce monde) fait avancer. "

Bref, vous êtes totalement dépourvu d’esprit critique ou de liberté de choix et toute la faute en revient á la société de consommation. C’est elle qui vous pousse à consommer, qui détruit la planète, etc. Vous n’avez aucune responsabilité puisque vous n’êtes que des marionnettes.

Par conséquent, la seule réponse possible est de répondre par la violence et la destruction. La seule manière de protester est d’entamer la guerre !

Je ne peux en aucun cas cautionner un tel message !

S’il est très plaisant en tant qu’outil pour une œuvre de fiction (comme dans le roman de Chuck Palaniuk), il est absolument inacceptable dans la réalité.

Il est trop facile de blâmer notre société pour nos choix. Il est trop facile de détruire plutôt que d’éduquer.

Par exemple, ne serait-il pas plus efficace d’apprendre l’esprit critique plutôt que de détruire tous les publicitaires ?

La solution ne peut pas venir de la régression et la destruction mais bien de la l’évolution vers un système viable, durable et surtout réaliste.

Il est tout à fait possible, avec un minimum d’éducation, de bon sens et d’esprit critique, de bien vivre dans la société de consommation, d’être heureux sans pour autant succomber aux mirages que l’on fait miroiter devant nos yeux. Notre meilleure arme contre ceux qui veulent nous pousser dans la mauvaise direction est la prise de conscience et la réaction individuelle, pas le cocktail molotov.

Mais comme souvent, par un procédé hyper-ironique, la leçon que l’on pourrait tirer de ce film très bien fait mais faisant passer le mauvais message, c’est que ce qui est beau, séduisant et efficace n’est pas nécessairement vrai !

Une première étape vers le développement de l’esprit critique !

Pour vous faire votre idée ou comme travaux pratiques, voir :

url= http://video.google.com/videoplay?docid=-6265290247873039570




[TV] The Hitchhicker’s guide to the galaxy

11 03 2007

Lorsqu’une œuvre est déclinée sous différentes formes, l’ordre dans lequel vous les découvrez a parfois une importance capitale. Ainsi, beaucoup clament qu’il est important de lire le roman avant de voir le film dont il est tiré, sinon la lecture est influencée par les images du film. D’autres disent le contraire, parce qu’une adaptation est souvent décevante lorsqu’on a imaginé un monde au fil des mots.

Le problème est particulièrement difficile avec Le guide galactique de Douglas Adams, parce que peu d’œuvres ont été déclinées sous autant de format.

A l’origine, il s’agissait d’un série radiophonique diffusée à la BBC.


Suite à un succès aussi phénoménal qu’inattendu du uniquement au bouche à oreille, son créateur, Douglas Adams, s’est vu demandé de le transposer en roman (l’émission de radio originale a ainsi donné naissance à deux tomes. Trois autres tomes verront le jour et ne seront adaptés à la radio que récemment).

Plus tard, la BBC mettra le tout en image par le biais d’une minisérie de 6 épisodes sortie en 1981.

Enfin, Douglas Adams en fera également un jeu vidéo, un site internet et se battra toute sa vie pour que Le guide galactique passe sur le grand écran (ce qui sera fait après sa mort avec un succès plus que discutable).

Le hasard a voulu que je découvre ces différentes interprétation dans l’ordre de leur création (avec le constat que la qualité se faisait décroissante avec le temps). A une exception près.

Pour des raisons pratiques, je n’ai pas eu la possibilité de voir la minisérie télévisée (et j’ai bêtement hésité à m’offrir le DVD lors de mon passage à Stockholm mais pour ma défense, je venais de m’offrir l’intégrale des Monty Python’s flying circus). Ce n’est que récemment que j’ai pu enfin obtenir les 6 épisodes de 30 minutes tant convoités.

Si le format radio reste incontestablement le mieux adapté pour Le guide galactique (avec ses sons et ses voix délirantes et super soignés mais laissant une large place à l’imagination pour les créatures absurdes imaginées par Adams), la série TV prend sans discussion possible la seconde place.

Vous pouvez pourtant imaginez à quoi peut ressembler un programme de science-fiction de la BBC au début des années 80 !

Visuellement ne tient pas la comparaison avec le film. Par exemple, les effets spéciaux sont très basiques et certains personnes sont risibles (la seconde tête animée de Zappy/Zaphod ressemble vaguement à un personnage de Fraggle rock ou encore Marvin à un robot en fer blanc de notre enfance, sa vitesse de déplacement faisant de C3PO un sprinter). D’autres choses plus réussies : le visuel du guide est très amusante et les acteurs sont bien choisis (le personnage de Arthur est " so british ! "). L’exception pour les acteurs est peut-être la belle Trilian qui ici est, certes, une belle plante pour celui qui aime ce genre de végétaux mais ne tient pas la route comme scientifique de haut niveau avec ses fringues dont le seul but est de mettre son corps en évidence et sa voix d’idiote.

Cela pose d’ailleurs une question amusante à propos de l’humour nonsense anglais. En effet, d’où vient cette tendance à y ajouter de belle demoiselle dévoilant leurs charmes, parfois dans les situations les plus incongrues (ne citons que Carrol Cleaveland dans les Monty Python’s) et surtout d’où leur vient cette tendance à vouloir s’exposer nu ? Ainsi, Douglas Adams fait plusieurs apparitions dans la série et surtout… nous montre ses fesses.

L’histoire est toujours la même (bien que largement épurée par rapport à la version radio) : Un anglais découvre qu’un de ses amis est un extra-terrestre et quitte la terre avec lui juste avant qu’elle ne soit détruite pour faire place à une déviation galactique. Commence alors un voyage tellement improbable à travers la galaxie qui mènera à la découverte du sens de la vie (la série TV est d’ailleurs le seul format qui donne à la fois la réponse mais aussi la question).

Ceux qui goûtent à l’humour absurde ou qui ont aimé Le guide galactique sous l’un de ses nombreux formats, cette série devrait passer un bon moment avec cette courte série télévisée.

Owen, un homme qui sait où se trouve sa serviette !




[TV] X-files, saison 1

02 03 2007

X-files est une série qui a marqué l’époque de sa sortie. En jouant sur cette douce paranoïa que nous avons tous, en jouant la carte de la théorie de complot à l’extrême et en amalgamant au tout l’ensemble des mythes, légendes, témoignages et autres observations de la culture ésotérique et paranormale, elle a réussi malgré ses nombreuses faiblesses a attiser la passion du public pendant 9 saison.

 

Pour des raisons purement pratiques, j’ai loupé le phénomène à sa sortie et ce n’est que bien des années plus tard que j’ai vu la première saison en DVD.

 

Cette expérience m’avait laissé un agréable souvenir et dès lors, lorsque j’ai vu début janvier le coffret de l’intégrale dans les invendus de Noël et soldé pour seulement 150 euros (pour plus de 60 DVD et plus de 200 épisodes), je sauté sur l’occasion et me suis donc plongé dans une expérience aux frontières du réel.

 

Pour les petits hommes gris qui viendrait de se cracher sur notre belle planète, X-files relate les aventures de deux agents du F.B.I. : Fox « spooky » Mulder, un petit génie passionné de surnaturel depuis que sa petite sœur s’est faite enlever devant ses yeux par des hommes venu d’ailleurs et Dana Scully, médecin spécialisée dans la médecine légale.

 

Suite à ses appuis politiques et son indéniable talent, Mulder est responsable des X-files, les dossiers inexpliqués du F.B.I. et impliquant tout ce que vous pouvez imaginé comme phénomènes inexpliqués.

 

L’histoire commence lorsque Scully reçoit comme mission de seconder Mulder et surtout de le surveiller pour le compte de ses supérieurs.

 

La série se déroule alors sur deux niveaux.

 

Chaque épisode raconte une histoire unique, un cas étrange sur lequel nos deux agents enquêtent. Tous sont construit autour de la même trame : Mulder, le génie intuitif et convaincu y voit la marque des extra-terrestres, mutants, revenants ou autres pouvoir paranormal ; Scully, la scientifique sceptique, trouve des explications rationnelles (souvent encore plus tirées par les cheveux que son coéquipier). Vers la moitié de l’épisode, le même dialogue est décliné sous différentes formes :

 

Fox : Mais Scully, comment peux-tu encore douter avec toutes les preuves que tu as devant les yeux ?

 

Scully : Mulder, dans certains cas, une grande fatigue peut avoir des conséquences sur notre perception…

 

Au final, ils résolvent l’affaire, Scully est troublée mais soit ils n’ont aucune preuve pour étayer ce qu’ils ont vu (elles sont détruites, volées, etc.) et on recommence a zéro à l’épisode suivant.

 

Le second niveau est l’évolution des personnages, de leur psychologie, et surtout des motivations du Gouvernement.

 

La paire Mulder-Scully évolue au fil des épisodes. On découvre la raison de l’obsession de Mulder et au fil des épisodes Scully devient plus ouverte aux phénomènes inexpliqués (jusqu’à cette poignante scène dans le dernier épisode de la premiere saison : « Pour la première fois de ma vie, je ne sais plus que croire »).

 

Le Gouvernement apparaît comme un organise prêt à tous pour conserver ses secrets. Ils savent pour les extra-terrestres, le surnaturel, etc. mais ne veulent surtout pas que le grand public découvre la vérité.


Dès lors, une grande question se pose : pour quelle raison Mulder et Scully ont-ils le droit d’enquêter sur les X-files ?

 

Quelles sont les motivations du gouvernement ? Pourquoi ne tuent-ils pas ces deux agents alors qu’ils effacent toutes personnes dérangeantes et brûlent tout au lance-flammes sans la queue d’un remords ? Quel bénéfice apportent-ils dans ce jeu dangereux ? Quel est le rôle joué par les supérieurs et en particulier cette « taupe » qui semble en savoir tant et tuyaute Mulder ?

 

Autant de questions qui ne trouvent pas vraiment de réponse plausible ou satisfaisante au terme de la saison 1 (qui se termine par la fermeture du département et la séparation du couple Mulder-Scully qui commencent pourtant à dépasser la limite de la relation purement professionnelle).

 

Regardez X-files aujourd’hui, alors que nous sommes dans l’âge d’or des séries et que le genre fait des pieds-de-nez au cinéma, est une expérience amusante. On ressent le petit frisson de plaisir moqueur et attendri que l’on peut avoir lorsque l’on regarde les photographies de nos parents.

 

D’une part, la série a terriblement vieilli et il est difficile de rester sérieux devant les coiffures et les fringues de l’époque. D’autre part, les deux protagonistes principaux jouent comme des patates ce qui les rends terriblement attendrissants (c’est tout un art de mal joué avec conviction). Mulder est totalement inexpressif et monocorde ; Scully est aussi plausible en médecin que Joey Tribiani en neurochirurgien. Les effets spéciaux sont souvent risibles comparés au standards d’aujourd’hui, utilisant tous les trucs possibles pour être le moins cher possible (beaucoup de fumée, c’est toujours la nuit quand il se passe quelque chose de surnaturel ou alors l’électricité est mystérieusement en panne, etc.)

 

Mais le côté vieillot et kitsch ne fait qu’ajouter au plaisir de ces petites histoires sans aucune originalité (la plupart des histoires ne fait que reprendre les classiques du genre voire de pomper dans les films et séries qui ont déjà exploité le sujet). C’est d’ailleurs ce manque d’originalité qui la rend la série si amusante. On est en terrain connu, on devine ce qui va se passer comme à la centième relecture de cette histoire qui faisait peur quand nous étions enfants. Et surtout, cela fait rêver. X-files nous offre un monde beaucoup plus délirant que le nôtre et donne réalité à ces choses que l’on aimerait tous voir un jour : ovni, télékinésie, etc.

 

Je vais de ce pas me lancer dans la seconde saison.




[TV] Heroes – saison 1

21 02 2007

Genre largement décrié par le passé, les séries télévisées sont devenues un sujet de discussion tout à fait acceptable dans les réceptions de l’ambassadeur entre deux Ferrero rochers.

  • Comment ? Vous n’avez pas vu le dernier épisode de " Desperate housewives " ???

Les séries déferlent sur nos écrans et dans nos lecteurs DVD et le phénomène de dépendance n’est plus à démontrer (que celui qui n’a pas regardé 10 épisodes de " 24 " de suite me jette la première bière).

Il y a de tout, de la grande qualité avec les complexes et fouillées séries de HBO (de " Six feet under " à " The Sopranos " en passant par " Rome " ou " Deadwood ") aux séries plus classiques voire mauvaises. Tous les genres sont abordés : peplum (" tu aimes les séries de gladiateurs ? "), policier, western, mafia, science-fiction, mystère, romance, etc.

Si chaque série à son héros (ou anti-héros pour de nombreuses séries HBO), certains sont basées sur les super-héros, comme " Loïs et Clarke " ou " Smallville ", toutes deux consacrées à Superman.

Mais s’il est UNE série qui est intéressante pour tant soit peu que l’on s’intéresse aux super-héros, c’est bien " Heroes ".

Cette série, dont la première saison est actuellement diffusée sur NBS (déjà 19 épisodes), n’est pourtant pas très originale. Elle ne fait que compiler les classiques du genre.

L’idée de départ est simple : des gens comme vous et moi se révèlent être porteur d’une mutation qui s’exprime sous la forme d’un super pouvoir : modifier la toile de l’espace-temps, régénérer, voler, lire dans les pensées, etc. Ils sont sans doutes plusieurs milliers (ce qui soit dit en passant laisse la porte ouverte pour des suites sans fin) mais une poignée d’entre eux semblent interconnectés, s’attirer les uns les autres et être lié par un même destin : sauver le monde. En effet, ils leurs restent quelques semaines pour empêcher qu’une explosion ne ravage la ville de New-York. Le problème est qu’ils ne se connaissent pas et ne savent pas quel rôle ils ont a joué.

Cela a un grand air de déjà-vu (dans " X-men " par exemple) mais c’est très efficace et on se laisse rapidement prendre au jeu démontrant que l’originalité n’est pas la condition nécessaire au succès.

Alors que la saison 1 n’est pas encore finie, la série connaît un succès phénoménal qui rappelle celui de " Lost " à ses débuts. Les internautes se perdent en folles conjonctures sur l’évolution de la série, les producteurs laissent filtrer des informations et la série se poursuit sous différents formats en dehors de la télévision (par exemple sous la forme de blogue de certains personnages ou encore d’une BD pleine de liens que vous pouvez consulter gratuitement sur le net : http://www.nbc.com/Heroes/novels/).

De quoi passer un excellent moment pour les amateurs de ce genre !




[TV] The lost room

10 02 2007

Dans l’engouement actuel pour les séries, nombreuses sont celles qui fleurent bon le fantastique, ce genre qui a connu son heure de gloire avec une des meilleures séries de tous les temps grâce à la plume de Rod Serling dans les années 50-60: La quatrième dimension (encore une traduction étrange puisque le titre original était The twilight zone et que le petit texte introductif commençait par: " There is a fifth dimension… ").

Parmi les plus intéressantes, Lost et Heroes connaissent un énorme succès auprès du public qui se perd en conjoncture sur le net. Mais si la passion est toujours là, le public semble avoir du mal à suivre sur la longueur (le succès de la troisième saison de Lost ne semble pas atteindre les espérances des producteurs). Il faut dire qu’il n’est pas facile de maintenir le dangereux équilibre instable entre le mystère et la révélation lorsqu’un projet est programmé sur plusieurs années et certaines idées seraient largement mieux développée en quelques heures que sur des dizaines d’épisodes (dans un autre genre, nous pouvons penser à l’inégal Prison break).

Lost room produit et diffusé par Sci-Fi channel en juillet 2006 semble tirer les leçons de ces constatations. Il surfe certainement sur le succès de séries comme Lost avec une ambiance fantastique qui plonge aux racines du genre à la télévision avec des idées tirées de La quatrième dimension (des objets du quotidien dotés de pouvoir inattendus), une excellente idée de départ entre Stargate et Dans la peau de John Malkovitch et exploitée sur 3 épisodes de 2 heures chacun.

Tout commence lorsqu’au cours d’une enquête, le détective Joe Miller (interprété par Peter Krauze, très proche de son jeu dans Six feet under et qui ne réussi par une transformation à la Dexter) se voit remettre accidentellement une clé toute banale de la chambre numéro 10 d’une chambre d’hôtel. Rapidement, il découvre qu’il ne s’agit pas d’une clé comme les autres puisqu’elle ouvre toutes les portes sans exception à condition qu’elle dispose d’une serrure. Mais ce n’est pas tout. Outre son pouvoir de passe-partout universel, lorsque vous ouvrez une porte avec cette clé, elle donne systématiquement au même endroit : une chambre d’hôtel toute banale. Et lorsque vous ressortez de la chambre, vous pouvez choisir l’endroit où vous ressortez. La clé devient alors un moyen de transport fabuleux puisqu’elle vous permet de vous téléporter où vous voulez.

Miller va vite devenir le centre de toutes les attentions et découvrir que la clé n’est que l’un (mais le plus important) d’une centaine d’objets, provenant tous de la chambre, et possédant tous des propriétés étranges : du peigne qui arrête le temps à la montre qui cuit des œufs, en passant par les lunettes qui empêche la combustion au réveil qui fait fondre les soudures au souffre. Et depuis plus de 40 ans, diverses personnes se déchirent pour essayer de rassembler ces objets : les Collecteurs, la cabale mystique de l’Ordre de Réunification ou encore La Légion.

Mais rapidement, Joe Miller va trouver des raisons personnelles pour tenter de résoudre le mystère de l’origine de la chambre hors de l’espace et du temps, et de ces objets qui semblent s’attirer les uns les autres.

L’idée de départ n’est pas des plus originales mais tout comme dans Heroes, elle est exploitée avec efficacité, ici en une minisérie de 6 heures. Le format est intéressant parce que la série ne perd jamais son souffle et le spectateur passe de révélations en rebondissements. L’histoire se boucle au terme des 3 épisodes même si de nombreuses questions restent ouvertes et la motivation de certains personnages ne sont pas tout à fait claires.

Outre la présence de Peter Krauze, on retrouve dans Lost room d’autres figures familières pour ceux qui aiment les séries (il faudrait un jour faire les liens entre les séries sur base des acteurs, il y a sûrement un message caché) comme Julianna Margulies d’Urgence ou Roger Bart qui continue ses rôles de méchants après celui de pharmacien-psychopathe (belle insulte, soit dit en passant) dans Desperate housewives.

Des rumeurs lancées par des fans avides laissent suggérer que Lost room pourrait donner naissance à une série dans un format plus classique et s’il est vrai qu’il y a le potentiel pour une suite, sous une forme ou une autre, rien d’officiel n’a encore été annoncé à ce sujet et aucun projet n’est encore envisagé.

Quoi qu’il en soit, de quoi passer un agréable moment !




[TV] The Shield, saison 1

30 01 2007

La première impression est la bonne " ou " L’habit ne fait pas le moine " ?

Parfois la sagesse populaire se contredit et elle est d’un piètre secours. De mon côté, j’ai naturellement tendance à me faire une forte première impression et s’il n’est pas exclus de me faire changer d’avis, c’est un travail de longue haleine.

Cela donne naissance à une vision dichotomique du monde qui se sépare en plusieurs catégories : les gens que j’aime, ceux que je n’aime pas et la catégorie fourre tout et aussi largement la plus importante, les gens qui m’indiffèrent. Bien entendu, je suis conscient que le monde est largement plus complexe que cela, que les gens ne possèdent plusieurs facettes, que le bien et le mal n’existent pas. C’est d’ailleurs une des recettes les plus classique de la bonne littérature ou du cinéma, celle qui met à mal notre vision du monde et fait évoluer nos positions sur les personnages au fil des pages ou du temps qui passe.

Les séries ne font pas exception à la règle et particulièrement HBO a su tirer parti de cette trame en créant des personnages extrêmement complexe et souvent flirtant dangereusement avec la limite, des méchants que l’on ne peut d’empêcher d’aimer, Tony Soprano et Al Swearengen de Deadwood en tête de file.

The shield surfe également sur cette vague en reprenant un genre parmi les plus classique à la télévision, le policier, pour le réinventer sous la lumière de rapports humains complexes.

Tout se passe dans le sanctuaire, une église récupérée pour devenir le QG de la police dans le quartier le plus chaud de L.A. Un nouveau capitaine Aceveda y met en pratique une nouvelle technique de gestion avec comme résultat une baisse notable de la criminalité. L’élément clé de ce succès est la présence de la brigade de choc, petite équipe soudée de têtes brûlées dirigée par Vic Mackeyet qui tient les quartiers dans un équilibre instable, entre dealers et gang, meurtriers et prostituées.

Mais derrière les histoires policières se cache de complexe relations humaines et jeu de pouvoir qui atteignent leur paroxysme dans l’antagonisme entre le capitaine et Vic, le premier jouant la carte de l’incorruptibilité pour assouvir ses aspirations politiques, quitte à arrêter ses propres collègues, l’autre jouant allègrement dans l’illégalité pour maintenir une paix relative et faire vivre sa famille au sens large et près à franchir la ligne rouge si nécessaire.

Derrière ces deux personnages phares, on suit en profondeur une multitude de personnages pas si secondaire que cela, là aussi source de revirement d’opinions et de remises en question.

La série évolue au fil des épisodes jusqu’à un brillant final dans lequel de façon très classique, les deux ennemis, luttant selon des méthodes différentes pour une même cause, vont devoir d’associer pour lutter contre le vrai méchant caché dans l’ombre et qui n’a rien à envier au Dudley Smith d’Ellroy. Au passage, chacun devra mettre un pied dans le camp de l’autre et payer sa dîme au passage.

A peu de choses près, The shield exploite la même trame que celle qui sera utilisée dans l’extraordinaire Deadwood (qui en plus repense l’histoire et notre vision de la conquête de l’ouest) et compense son manque d’originalité par des personnages intéressants et une efficacité à toute épreuve. C’est du divertissement de grande qualité.

Une excellente première saison. Il me reste maintenant à découvrir si la série tient ses promesses sur le long terme puisque de nombreuses saisons sont déjà disponibles.




[TV] Prison Break – saison 1

03 01 2007

C’est un fait de société: les séries sont un phénomène de mode.

 

Après être devenu le berceau de la créativité visuelle, principalement grâce à HBO, et avoir donné une énorme claque au cinéma hollywoodien devenu trop formaté, politiquement correct et prévisible, les séries sont redevenu à la mode et il est bon aujourd’hui de clamer son amour pour le genre.

 

Les séries ringardes de notre enfance ressortent dans de magnifiques coffrets pour les fêtes (plus de raison d’avoir honte, outre la sortie du placard et la nostalgie, on peut faire jouer la carte du facteur historique) et un nombre incroyable de nouvelles séries font leur apparition, s’attaquant à tous les genres sans distinction.

 

Le ‘la’ est encore donné par HBO qui survole ce petit monde et en gardant toujours une longueur d’avance, aussi bien au niveau artistique que celui de la prise de risque.

 

D’autres séries, sortent quand même du lot : Nip/tuck, version beta de Six feet under et qui si très sympathique, n’arrive pas à sa cheville ; l’énigmatique Lost, Heroes qui camoufle son manque total d’originalité derrière une redoutable efficacité ou encore Dexter, relatant les aventures d’un tueur en série caché dans la vie d’un légiste.

 

Mais un des grands succès de ces dernières années est Prison break, une série d’évasion entre JFK et L’évadé d’Alcatraz, dont la seconde saison, Les fugitifs, est actuellement diffusée aux Etats-Unis.

 

L’idée de départ est très intéressante : un homme, Michael Scofield, se fait incarcérer dans la même prison que son frère condamné à mort quelques jours avant son exécution pour essayer de le faire évader. Le projet semble impossible mais il dispose d'un avantage de poids. Outre sa grand intelligence et une particularité neurologique qui le rend beaucoup plus sensible aux détails, il a planifié son évasion dans les moindres détails et surtout a eux accès aux plans des bâtiments. Le tout étant tatoué de manière codée sur l’ensemble de son corps.

 

Le premier quart de la série est d’une superbe efficacité. On découvre les dures lois de l’univers carcéral en même temps que le héros met les pièces de son puzzle en place (non sans son lot d’imprévu et de difficulté). Cette partie, culmine avec un magnifique double épisode très prenant qui n’est pas sans rappeler une certaines scène de Natural born killer. Le second quart est passablement ennuyeux. Après le point culminant de l’angoisse et du stress, cette partie semble terriblement plate et il ne se passe plus rien. Le nombre trop grand de retournement de situation fait que l’on s’immunise progressivement, un peu comme après une saison de 24 et les faits ne sont plus à la hauteur de nos attentes. Il faut attendre le début de la seconde partie de la saison pour que la série retrouve un peu son souffle jusqu’au final tant attendu mais décevant et bassement mercantile (il fallait bien trouver un moyen de faire une seconde saison).

 

Derrière la série d’évasion se cache une autre dimension. A l’extérieur de la prison, des avocats mènent l’enquête pour tenter de prouver l’innocence du frère. Rapidement, on se retrouve imbriqué dans une histoire de complot qui trouve ses racines dans les plus hautes sphères du gouvernement ainsi que dans une société toute puissante qui tire les ficelles. Rien de neuf sous le soleil de ce côté là, la recette ayant déjà été utilisée jusqu’à la corde.

 

Mais il est un mérite, et pas de moindres, que l’on doit reconnaître à Prison break, c’est celui d’avoir réussi à intéresser le public féminin à un série d’évasion ! Cela est du uniquement à la présence du beau Michael Scofield, personnage principal dont les yeux magnifiques sont complétés par un air énigmatique et un petit sourire en coin qui n’est pas sans rappeler celui de Clint Eastwood à ses débuts.

 

En conclusion, Prison break est basé sur une idée excellente mais se développe selon les lois du cinéma plutôt que celles des séries créatives. Si on ajoute à cela un réel essoufflement en court de route, on peut conclure que cette histoire aurait trouvé une place de choix au cinéma plutôt qu’à la télévision.

 

Quoi qu’il en soit, je ne suis pas pressé de voir la seconde saison. J’ai trop de choses plus intéressantes à explorer.