[science] Pour en finir une bonne fois pour toute avec Dieu

16 01 2010

Mes chères petites têtes blondes (et moins blondes, d’ailleurs),Nous allons parler aujourd’hui de l’abatage rituel pour l’alimentation et de ses conséquences, non pas gastronomiques mais, une fois n’est pas coutume, philosophique.

Avant de commencer cette démonstration, je vous invite à regarder ce petit film (merci Octarine pour avoir porté mon attention sur ce sujet brulant).

http://www.dailymotion.com/video/xw5ff_lepolygonedewillis-ravronchaya_shortfilms

Pour résumer, si tu tranches la gorge d’un animal, il souffre quelques secondes sauf s’il est kasher. Dans ce cas-là, il ne ressent aucune souffrance (et le fait qu’il se débat ne doit être interprété que comme une danse de la joie) parce que Dieu lui a offert « le polygone de Willis »)

Ainsi, selon cette personne éclairée, le polygone de Willis est la démonstration ultime de l’existence de Dieu.

CQFD et bon appétit bien sur.



Oui, mais…Je passerai sous silence les faiblesses de l’argumentation scientifique pour me concentrer sur l’argument théologique.

La présence du polygone de Willis chez les animaux Kasher peut être considéré comme ce qu’un grand scientifique (Douglas Adams pour ne pas le nommer) aurait pu appeler « l’effet poisson Babel ».

Pour rappel (et selon le Guide Galactique) : « Le poisson Babel (…) est petit et jaune ; il ressemble à une sangsue et c'est sans doute la chose la plus bizarre de l’univers. (…) il vous suffit de glisser un poisson Babel dans votre oreille pour instantanément comprendre tout ce que l’on vous dit et ce, dans n’importe quelle langue. »

Ainsi, cette petite merveille de la nature (presque aussi belle que le polygone de Willis qui permet d’égorger des animaux le cœur léger) est tellement merveilleuse et improbable qu’il n’y a aucune chance pour qu’elle soit apparue uniquement par les lois de l’évolution ou le hasard. Quand vous avez écarté l’impossible, comme dirait Sherlock, il ne vous reste que Dieu !

Ainsi, le polygone de Willis, tout comme le poisson Babel, est donc une preuve de la non-existence de Dieu.

Un autre extrait du « Guide Galactique » devrait vous convaincre (ou pas) :

«- Je refuse de prouver que j’existe, dit Dieu, car prouver c’est renier la foi et sans foi, je ne suis plus rien.
- Pourtant, remarque l’Homme, le poisson Babel en dit long sur le sujet, non ? Son évolution ne saurait être le seul fruit du hasard. Il prouve votre existence et donc, selon votre propre théorie, vous n’existez pas. C.Q.F.D.
- Sapristi, s’exclame Dieu. C’est que je n’avais pas pensé à ça ! » et sur-le-champ il disparaît dans une bouffée de logique.
Bah, c’était facile », dit l’homme puis – en guise de rappel – il se met à prouver sur sa lancée que le noir est blanc et finit écrasé sur le premier passage pour piétons. »

Pour la semaine prochaine, vous m’écrirez 2 pages sur la soupe de pois et le mouvement perpétuel.




[science] café et pousse

09 01 2010

-          Un petit café, Oncle Lucien

-          Avec plaisir, petiote, cela va me remonter… et je ne parle pas de ma…

-          Lucien, les enfants !!!

-          Oh, ca va hein Janine, les jeunes de nos jours ils voient cela dans le poste tous les jours.

-          … et un petit pousse ?

-          Boire ou conduire, j’ai choisis ! Je bois.

Ahhh les fêtes de fin d’année. L’occasion de renouer avec la famille, de retrouver ses grands tantes et autres oncles facétieux. Ahhhh l’esprit de partage, le bonheur qui se lit sur les visages lorsqu’on ouvre ses cadeaux (un enième kit savon-serviette, une centrifugeuse et le dernier roman de Dan Brown).

Mais c’est surtout l’occasion de repenser à ces valeurs chrétiennes qui sont les bases de notre culture.

Bon, OK, qui est-ce que j’essaye de tromper. C’est juste une bonne excuse pour picoler impunément.

Il m’est alors apparu qu’il serait sans doute intéressant de vous faire part des résultants d’une étude scientifique (1) concernant les effets de l’alcool et du café sur notre comportement. Parce que l’alcool peut vous amener à dire et faire des choses affreuses (je vous laisse les commentaires pour nous faire part de vos expériences les plus éclairantes).

Ainsi, ils ont montré sur des souris que :

Fait numéro 1 : Si vous consommez de l’alcool, vous serez bourré (diminution de l’anxiété, de vos capacités d’apprentissage et de jugement, augmentation de votre activité, etc.)

Fait numéro 2 : si vous consommez du café, vous serez plus nerveux (augmentation de l’anxiété, diminution de vos capacité d’apprentissage et de jugement, etc.)

Rien de bien neuf sous le soleil, me direz-vous.

Mais derrière cette rechercher se cache l’idée reçue que « rien de tel qu’un bon petit café pour se remettre les idées en place avant de prendre la route après une soirée un peu arrosée » (dixit Oncle Lucien).

Il est vrai qu’un bon petit café en fin de repas vous donne l’impression de dégriser. Mais cette nouvelle étude tend à montrer qu’il s’agit juste d’une impression.

Fait numéro 3 : la consommation simultanée d’alcool et de café, donne l’impression d’être plus alerte et diminue l’anxiété MAIS n’améliore en rien vos capacités de jugement et d’apprentissage.

En résumé, vous êtes plus détendu (merci l’alcool), plus alerte (merci le café) mais sans être plus apte à apprendre et poser un jugement (donc incapable de conduire ou de vous souvenir qu’il vaudrait mieux éviter de culbuter votre affreuse cousine dans les foins ou de faire du pied à la fiancée de votre frère).  

Pour les souris, cela se traduit par des souris plus alertes et détendues mais totalement incapable d’éviter les pièges dans un labyrinthe (encore un coup de David Bowie… enfin, je me comprends).

La semaine prochaine, je vous parlerai de comment les pratiques SM des canards ont façonné leurs sexes (un long pénis en tire bouchon pour le mâle et un sexe en spirale pour la femelle).

(1) Gulick & Gould (2009) Effects of Ethanol and Caffeine on Behavior in C57BL/6 Mice in the Plus-Maze Discriminative Avoidance Task. Behavioral Neuroscience. 123: 1271–1278




[science] on est ce qu’on mange

07 01 2010

Les philosophes et les scientifiques ont la sale tendance à se poser des questions sans réponse. L’une d’elle est de déterminer ce qui sépare l’homme de l’animal.

Le biologiste que je suis aurait tendance à vous dire qu’en temps qu’espèce (animale), l’homme est aussi différent des autres animaux que n’importe quelle autre espèce (incluant les cafards). Il possède des caractéristiques physiologiques, physiques, comportementales qui le rendent unique tout en montrant quelles sont ses origines.

Notre égo est certainement l’une de ces caractéristiques et on a bien du mal à ne pas nous considérer comme le point culminant de l’évolution. Moi Tarzan, toi misérable scarabée. Moi Adam, toi petite bête jaune à long poil.

Plus sérieusement, il existe un courant philosophique qui estime que la culture est le propre de l’homme. Si certains (dont moi) estiment qu’il existe une forme de (proto)-culture animale, ce courant est encore bien vivace aujourd’hui (1). Jean-Jacques Rousseau fut l’un des premiers à défendre cette idée. Ainsi, il écrivait :

« La bête ne peut s’écarter de la règle qui lui est prescrite, même quand il lui serait avantageux de le faire et que l’homme s’en écarte souvent à son préjudice.  C’est ainsi qu’un pigeon mourrait de faim près d’un bassin rempli des meilleures viandes, et un chat sur des tas de fruits ou de grains, quoique l’un ou l’autre pût très bien se nourrir de l’aliment qu’il dédaigne. » (2)

C’est bien entendu complètement faux. Il serait facile de répondre à Rousseau en le mettant devant un tas de foin avec une vache et de voir lequel des deux va survivre.

Mais il intéressant de voir que l’exemple de Rousseau concerne la nourriture et nous permet de poser une autre question : Et si la cuisine était le propre de l’homme ?

La nourriture a joué un rôle essentiel dans l’évolution humaine et plusieurs théories expliquent le lien entre la cuisine et notre intelligence.

Ainsi, le fait de cuire les aliments à permis de réduire l’effort de mastication et donc, par sélection naturelle, de diminuer l’espace nécessaire pour les muscles de la mâchoire laissant de l’espace pour l’expansion de notre cerveau.

Une théorie plus récente repose sur l’idée que la cuisine permet d’optimiser la quantité de nutriment dans notre alimentation. Pour preuve, notre tube digestif a évolué vers une diminution de taille. Le corolaire de cette évolution, est que notre tube digestif est aujourd’hui trop petit pour nous permettre de survivre avec des aliments non-cuisinés pauvres en nutriment (comme l’a découvert à ses dépends, Christopher  McCandless, alias Alex Supertramp (3)). Cette prise plus efficace de nutriment grâce à la cuisine aurait alors aussi contribué au développement de notre cerveau (4).

Pour résumer, la découverte du feu et la cuisson des aliments pourrait être à l’origine de l’évolution humaine. La cuisine serait ainsi ce qui aurait fait de nous des humains avec un gros cerveau (et une petite bite mais c’est un autre problème).

Bon appétit, bien sur !

--

(1) si vous avez des problèmes á vous endormir, vous pouvez lire : « L’animalité, essai sur le statut de l’humain » par Dominique Lestel.

(2) Cité par Luc Ferry dans « Le nouvel ordre écologique ».

(3) Lire le super « roman » de Jon Krakauer « Into the wild ».

(4) Théorie de Richard Wrangham qui va plus loin en suggérant que la cuisson des aliments est aussi responsable de la séparation des rôles entre hommes et femmes. La femme à la cuisine !

url= http://www.newscientist.com/article/mg20427390.200-richard-wrangham-cooking-is-what-made-us-human.html




[Science] Martini?

06 01 2010

Dans toute recette qui se respecte, il est parfois bon de mélanger les ingrédients. Le secret est de ne pas le faire n’importe comment.

James Bond est particulièrement tatillon sur le sujet, surtout lorsqu’il est question de Martini.

« Martini… Shaken but not stirred » (« Martini… secoué mais pas frappé »).


Mais finalement, allez-vous me dire, qu’est-ce que cela change ? N’est-ce pas là marque de snobisme ?


Des scientifiques se sont posés la question.

En particulier, ils se sont demandés : « mais bon dieu, comment se fait-il que James Bond soit si en forme ? »

Ils ont alors posé l’hypothèse que le martini et en particulier ses propriétés anti-oxydantes pouvaient être responsable de son énergie débordante. Encore plus fort, ils se sont demandés si la manière de mélanger les ingrédients (secoué ou frappé) en changeait les propriétés.

S’en est suivit une étude très sérieuse à la méthodologie irréprochable et ils sont arrivés à la conclusion que le martini « secoué » avait des propriétés anti-oxydantes plus importantes que le martini « frappé ».

CQFD (1).

Vous savez ce qu’il vous reste à faire...

A votre santé (c’est le cas de le dire).



Tout abus d’alcool, bla bla bla

(1) Cette étude loufoque a donné lieu à une publication scientifique des plus sérieuses dans un excellent journal médical. Si vous ne me croyez pas, je vous invite à consulter le lien ci-dessous. Cela pose bien entendu la question de la santé mentale des scientifiques ainsi que l’utilisation des deniers publics.
Shaken, not stirred: bioanalytical study of the antioxidant activities of martinis:
http://www.bmj.com/cgi/content/full/319/7225/1600




[science] Même pas mal !

27 12 2009

Nous entretenons une relation sado-masochiste avec l’alcool. Une relation faite de plaisir et de douleur, le plaisir de l’ivresse et la douleur de la gueule de bois.

Nous avons tous nos petits secrets pour limiter les dégâts mais la recette miracle n’existe pas. Il m’est souvent arrivé de rêver à cette pilule miracle imaginée par Joe Haldeman et qui pourrait faire disparaître instantanément les désagréments de l’alcool.

Mais parfois la réalité rattrape la fiction.

Une équipe de chercheur dirigée par le controversé David Nutt (1) s’est lancé sur une piste intéressante : un alcool artificiel.

Cette nouvelle boisson basée sur des molécules proche du valium procurerait des effets similaires à l’alcool (relaxation, bien être), sans en avoir les effets secondaires nocifs dont la dépendance. Encore plus fort, une simple pilule permettrait d’en éliminer rapidement les effets.

Une nouvelle opportunité pour se bourrer la gueule et puis prendre le volant sans danger ou retourner au boulot frais comme un gardon après avoir plongé dans les paradis artificiels avec la nouvelle secrétaire.

Bien entendu, cela ne remplacera pas l’alcool en tant que plaisir gustatif mais plutôt qu’en tant que véhicule. Après tout, peu importe le vin pourvu qu’on ait l’ivresse.

Qui monte à bord ?

--

(1) Il fut démis de sa position au  Advisory Council on the Misuse of Drugs (ACMD) après sa déclaration selon laquelle le cannabis et le LSD seraient moins nocifs que l’alcool. Voir : http://en.wikipedia.org/wiki/David_Nutt




[science] Esprit (critique) ? Es-tu là ?

08 03 2008

Il y a quelque chose de vraiment séduisant dans le paranormal.

Qui n'a jamais rêvé de se découvrir un pouvoir exceptionnel, la télékinésie, la télépathie ou encore la possibilité de voir l'avenir ? Qui n'a jamais été intrigué devant les prédictions des voyants ?

Mais derrière le rêve se cache souvent une sordide réalité, certains n'hésitant pas à exploiter les personnes sensibilisées á des fins malhonnêtes, d'autres plus honnêtes se laissant abuser par des chimères.

Au jour d'aujourd'hui, aucun phénomène paranormal n'a été éprouvé ou simplement constaté scientifiquement.

Les convaincus y voient une gigantesque conspiration visant à cacher une vérité connue depuis toujours. Entre nous, les scientifiques ont autre chose à faire et une conspiration d'une telle ampleur serait bien difficile á cacher si de tels pouvoirs existaient réellement.

La grande force des adorateurs du paranormal est qu'il est impossible de démontrer que cela n'existe pas. Le fait que personne n'ait jamais pu démontrer l'existence du paranormal n'est en aucun cas la preuve de sa non-existence. Le paranormal se nourrit de ce doute qui subsiste et pourra toujours subsister.

De nombreux charlatans ont été dénoncés mais l'existence de fraudeur n'exclus nullement l'existence de personnes réellement doués de dons (et certains sont de bonne foi).

Ce n'est pourtant pas faute de chercher.

De nombreuses personnes essayent depuis de nombreuses années de trouver des personnes possédants de vrais dons paranormaux.

C'est le cas des zététiques qui pendant 15 ans ont offert jusqu'à 200 000 euros (1) ou encore le magicien Randi qui offre encore aujourd'hui 1 million de dollars (2) a quiconque démontrera un quelconque pouvoir paranormal (allez voir les sites ci-dessous pour le résultat de ceux qui ont tenté leur chance).

Le principe est pourtant très honnête.

Chaque candidat doit expliquer son « don » et mettre au point un protocole de test qui était accepté par les deux parties. Ils déterminent ensuite ce qui, au terme de l'expérience, sera considéré comme un succès ou un échec.

Personne à ce jour n'a passé ce test avec succès.

Outre le fait de démontrer au grand jour l'existence du paranormal, il est difficile de croire que celui qui possède un réel « don » crache sur de telles sommes.

C'est une démonstration par défaut mais si l'on doit s'en tenir à l'esprit critique, force est d'avouer que le paranormal a bien peu d'arguments en sa faveur.

Pour terminer sur une note plus poétique, je trouve que la vie nous réserve tellement de surprise et de mystère qu'il n'est point besoin du paranormal pour s'émerveiller.

(1) http://www.unice.fr/zetetique/defi.html

(2) http://www.randi.org/research/index.html




[science] La fin d’un monde

28 02 2008

Part 1: les leçons du passé…

Il était une fois, à la fin du Permien, il y a de cela 250 millions d’années, la terre et les océans étaient fort différents de ce que l’on connaît aujourd’hui. On y retrouvait une abondance de forme de vie que l’on pourrait qualifie des plus étranges selon les standards actuels (1).

Tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes jusqu’à ce que ‘quelque chose’ arrive.

Personne n’est totalement sur de ce qui a été la cause première. Peut-être une météorite. Peut-être un subtil changement dans l’axe de la terre. Peut-être une augmentation de l’activité volcanique.

Ce que l’on sait, c’est que des gaz á effet de serre ont été libéré massivement dans l’atmosphère, provoquant des changements drastiques dans le climat.

Si l’on ignore ce qui a poussé sur la gâchette, on comprend assez bien les conséquences qui se sont étalées sur plusieurs centaines de milliers d’années : la température dans l’atmosphère a grimpé de quelques degrés, le taux de CO2 à grimpé. La chimie des océans a été perturbées par les changements atmosphériques : diminution de l’oxygène disponible, augmentation de l’acidité et de la température.

Rien de bien impressionnant : quelques degrés par ci, quelques dixième d’unité de pH en moins.

Mais voilà… la vie est distribuée en réseaux complexes et des modifications qui semblent subtiles peuvent avoir de terribles conséquences.

En quelques millénaires, la face du monde a été modifiée.

Dans cette masse d’eau gigantesque qu’est les océans, tellement gigantesque qu’il semble presque impensable de la perturber, ces changements se sont propagés comme un véritable fléaux provoquant la disparition de plus de 92% de toutes les espèces vivantes.

De nombreux facteurs étaient responsables de la mortalité de ces espèces mais l’un d’entre eux a déterminé qui survivait et qui mourrait : l’acidité.

En devenant légèrement plus acide, les océans diminuaient la quantité de carbonate de calcium disponibles pour les animaux et essentiel pour nombre d’entre eux (par exemple, pour construire les coquilles des mollusques).

Une extinction de masse (2).

Mais certains ont survécu… et la vie et l’évolution a repris son cours. Des tas de nouvelles formes de vie sont venue remplacer celles qui avaient disparu.

Tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes jusqu’à ce que ‘quelque chose’ arrive.

Une espèce de mammifère est apparue avec la capacité de raison : l’homme.

Part 2 : Une autre vérité qui dérange…

L’homme possède une incroyable capacité à modifier son environnement. Cette capacité a pris une allure inquiétant au détour de la révolution industrielle il y a de cela quelques 150 ans. De par ses activités, l’homme a libéré des quantités considérables de gaz à effet de serre dans l’atmosphère entraînant des changements rapides et au delà de tout ce qui avait été observé ces dernières centaines de millier d’années.

Ces changements très rapide (3) et dont la vitesse de changement s’emballe á des conséquences déjà observable sur nos écosystèmes.


Et ce n’est qu’un début.

A ce rythme, les choses vont rapidement devenir alarmantes.

Par exemple, le CO2 libéré depuis seulement 150 ans ont déjà modifié nos océans. L’eau de mer est déjà plus acide qu’il y a un siècle et les prédictions les plus optimistes prédisent une eau 1.5 fois plus acide pour 2050 et 2.5 fois plus acide en 2100.


Et alors ?

Pour vous donner une idée, ce serait des conditions semblables à celles observées lors de la grand extinction du Permien avec pour grande différence que la vitesse de changement serait beaucoup plus rapide, laissant ainsi peu de temps aux espèces vivantes pour s’adapter.

A ce rythme, on peut donc s’attendre à une extinction massive.

Bien entendu, la vie reprendra ses droits. Mais peut-être que nous n’aurons pas cette chance.

Alors que faire ?

Je n’ai pas la réponse à cette question. Il n’y a pas de solution miracle.

On dit qu’il faut au moins une génération pour faire changer les mentalités. Peut-être que cette fois-ci il va falloir faire un petit peu plus vite.

--

(1) Une belle illustration de la diversité de la vie aujourd’hui perdue est disponible dans le livre de Stephen G Gould, La vie est belle.

(2) Pour une magnifique revue sur le sujet, lire Knoll et al. (2007) Paleophysiology and end-Permian mass extinction. Earth and Planetary Science Letters. 256 : 295-313.

(3) Un des arguments largement utilisés par les " climats sceptiques " c’est que les taux de CO2 observés aujourd’hui sont jusqu’à 10 fois inférieur à ceux observés par le passé. C’est totalement vrai. Mais ce qui est important, c’est la vitesse de ces changements. Les changements observés par le passé se déroulaient sur plusieurs centaines de milliers d’années alors que ceux visibles actuellement sont beaucoup plus rapides (de l’ordre de quelques dizaines d’années, ne laissant ainsi que peu de marge de manœuvre pour s’adapter que cela soit au niveau du vivant ou de la terre). C’est cette vitesse de changement qui est critique. Les conséquences en sont beaucoup plus désastreuses !




[science] le chaînon raté !

16 02 2008

« Les faits, Watson, les faits. »

 

Il y a beaucoup à apprendre de la façon dont une personne interprète un même fait, en particulier en sciences.

 

Ainsi, en utilisant les mêmes données de bases (mais pas la même démarche, ni les mêmes règles de pensées), l’un va y voir la démonstration de la théorie de l’évolution, l’autre la preuve de l’existence d’une intelligence créatrice (ou Dieu pour les moins hypocrites).

 

Ainsi, les adaptations incroyables que nous pouvons observer dans la nature, que cela soit ce lien unique qui associe une espèce d’abeille à telle espèce de fleur ou encore la complexité presque absurde de certains rites amoureux, sont interprétés par les uns et les autres de manières totalement différentes.

 

- Il s’agit du produit d’une lente évolution, diront les évolutionnistes.

- Que nenni, seul une Intelligence Créatrice aurait pu donner naissance à un tel degré de perfection, diront les créationnistes modernes.

 

Mais tous deux acceptent implicitement le fait que tout est adaptation. Tous les êtres vivants sont parfaitement adaptés à leur environnement. Mais est-ce vraiment le cas ? N’y a-t-il pas une petite marge pour l’erreur ?

 

Ainsi, la sélection naturelle n’est-elle pas basée sur un tri entre les plus et les moins adaptés ?

 

Si c’est le cas, où sont passées les « erreurs » de l’évolution ?

 

Le corollaire de cette question devient logiquement : si on trouve une grosse erreur de l’évolution, est-ce la démonstration de la non-existence de Dieu ? (1)

 

Laissez moi donc vous présenter une véritable erreur de la nature !

 

Cette semaine, le sérieux magasine Nature (2) présentait la description du fossile de la plus vieille chauve-souris connue. Celle-ci possèdent plusieurs caractéristiques des chauve-souris vivant actuellement : membranes autour des mains qui lui permettent de voler ou encore une dentition d’insectivore. Mais, chose plus intéressante, contrairement à toutes ses descendantes, l’étude de son oreille interne a montré qu’elle était incapable d’écholocation.

 

Ainsi, les chauves-souris utilisent un sens qui nous est inconnu. Elles sont capables, un peu à la manière d’un sonar, d’utiliser des ultrasons pour se repérer dans le noir et détecter avec une grande précision les proies en vol.

 

Toutes les chauves-souris, même celles qui se nourrissent de fruit, possèdent ce sens plus ou moins développé.

 

Pour cette raison, les chercheurs avaient émis l’hypothèse que le vol n’était possible chez les mammifères que grâce à ce nouveau sens.

 

La découverte de ce nouveau fossile met un terme à cette controverse vieille de plusieurs dizaines d’années. L’existence d’un ancêtre, insectivore, volant mais incapable d’écholocation est la démonstration que les deux choses sont indépendantes. Le vol est apparu avant l’écholocation. Ainsi, cet ancêtre de la chauve-souris était probablement diurne et chassait les insectes à la vue.

 

Oui, mais…

 

Pourquoi, lorsque l’on découvre un nouveau fossile, on considère la nouvelle espèce sous l’angle que celle-ci était parfaitement adaptée à son environnement ?

 

Si l’évolution fonctionne vraiment par essais et erreurs, n’est-il pas envisageable que cette chauve-souris soit un de ces chaînons manquants des ratés de l’histoire évolutive ?

 

Imaginez

 

Une chauve-souris se nourrissant d’insecte mais qui, sans l’écholocation (suite à une mutation rigolote) en devient totalement aveugle la nuit tombée et donc incapable de s’orienter ou de se nourrir.

 

Une pauvre chauve-souris maigrichonne par manque de nourriture et couverte de bosses à force de se prendre des arbres dans la tête et qui immortalise son échec sous la forme d’un fossile parfaitement conservé ?

 

Voilà qui justifierait parfaitement sa disparition et la raison pour laquelle elle n’a laissé aucun descendant aujourd’hui ?

 

D’un point de vue de l’ID, ce serait la preuve ultime de la non-existence de Dieu condamné à disparaître dans une explosion de logique.

 

--

 

(1) C’est bien entendu acceptable uniquement si l’on accepte le schéma de pensée des défenseurs de la théorie de l’Intelligence Design. Mais c’est complètement idiot si l’on s’en tient au bon sens et la pensée scientifique.

(2) Nancy B. Simmons, Kevin L. Seymour, Jörg Habersetzer & Gregg F. Gunnell (2008) Primitive Early Eocene bat from Wyoming and the evolution of flight and echolocation. Nature 451: 818-821.




[science] Brève de comptoir - les pets de Kangourou

10 02 2008

Si la science a prouvé quelque chose, c’est que tout groupement masculin rassemblé dans un bistrot et partageant des boissons alcoolisées finira inévitablement par aborder des sujets tels que les flatulences ou la météo.

 

Revenu pour quelques temps à la civilisation, je me suis infiltré dans un bar pour éprouver (une fois de plus, mais le chercheur sérieux est toujours condamné à une monotone répétition de ses expérience) cette théorie.

 

Extraits de mon carnet de terrain (je sers la science et c’est ma joie)

 

Bourré 1 : « Beau temps pour la saison, pas vrai ? »

Bourré 2 : « Tu parles ! J’ai fait mon premier barbecue  aujourd’hui ! »

Bourré 3 : « On a enregistré des températures record, aujourd’hui ! Plus de 16 degrés à Uccle, seloin l’IRM »

Bourré 2 : « On n’aura pas eu d’hiver, cette année. »

Bourré 1 : « Tant mieux ! Je n’ai pas envie que cela change ! »

Bourré 2 : « Moi non plus ! Vais m’acheter un 4x4 et rouler un maximum. »

Bourré 1 : « Vive les changements climatiques ! »

Bourré 2 : « Cela me ferait chier qu’il fasse froid, cela m’a coûté assez cher en Diesel ! »

Bourré 1 : « Et au prix où cela coûte ! »

 

Bourré 3 : « Vous avez entendu parlé de cette étude sur les kangourous ? »

Bourré 2 : « Une histoire de prout ? C’est ça ? »

Bourré 3 : « Oui. Les moutons et les vaches, quand elles pètent, produisent du gaz à effet de serre. »

Bourré 1 : « Du méthane ! »

Bourré 2 : « Mais pas les kangourous ! Et les scientifiques essayent de trouver le gène pour le mettre dans les vaches… »

Bourré 3 : « En fait, ce sont les bactéries dans le tube digestif qui sont différentes et ils voudraient essayer de les implanter dans les vaches et les moutons. En plus, la digestion serait plus efficace et on ferait des économies sur la nourriture. »

Bourré 1 : « Pour qu’ils pètent écologique ? »

Bourré 3 : « Oui… dans certains pays, les pets de moutons et de vaches sont un contribution majeure à l’effet de serre. Presque 50% en Nouvelle-Zélande. »

Bourré 1 : « Tu m’étonnes, 15 moutons par habitant. »

Bourré 3 : « Enfin, cela prendra encore des années pour qu’une telle étude puisse aboutir. »

Bourré 2 : « Ce serait plus simple de remplacer vaches et moutons par des kangourous. »

Bourré 3 : « C’est ce qu’ils essayent de promouvoir en Australie, je pense, la viande de Kangourou est plus saine que celle de bœuf. »

Bourré 1 : « Tu imagines si on remplaçait toutes les vaches et les moutons par des kangourous chez nous ? »

Bourré 2 : « Cela ne doit pas être facile de traire un kangourous… »

Bourré 1 : « En plus, les éleveurs vont faire la gueule… faudrait changer la hauteur de toutes les clôtures. »




[science] Quand le chat n'est pas là, Jonathan Livingstone planque ses oeufs

29 01 2008

Cette fois c'est sûr, je suis grillé. Aussi grillé que Ross dans « Friends » quand il essaye de draguer la livreuse de pizza en lui parlant de gaz.

- « On a tendance à l'oublier, mais il fut un temps où il y avait des... des... »

- « Des quoi ??? »

Putain de mémoire... Je n'ai que trente ans et j'en arrive à buter sur les mots les plus simples. Et dire que mon vieux et sa carrière éthylique derrière lui se souvient encore de ce qu'il a mangé la veille de son divorce. Il n'y a pas de justice !

- « des hippopotames nains en Corse ! »

- « han han... »

Comment j'en suis arrivé à parlé d'hippopotames à une inconnue dans un bar. Cela n'avait pourtant pas trop mal débuté. On avait échangé des regards, des sourrires, elle avait accepté le verre que je lui proposait et pan, l'hippopotame.

- (...)

- « Vous savez, moi, les animaux... »

- « Vous n'avez même pas un chat ? »

- « Je ne peux pas les blairer... en plus suis allergique. »

- « De toute façon, les chats, ce sont tous des branleurs ! »

- « Vous faites aussi partie des CCC ? »

Une petite lueur s'est allumée dans ses yeux. Comme quoi pour draguer, Les Nuls, c'est souvent mieux que le magasine Nature ! Peut-être que je ne vais pas passer la nuit seul, finalement.

- « Vous savez que certains scientifiques préconisent l'éradication des chats ? »

- « Vraiment ? »

- « Oui, sur certaines îles. Les oiseaux y vivent en paix depuis des millénaires et souvent l'arrivée de nouvelles espèces prédatrices peut avoir des conséquences cat... à strophique. »

- (...)

- « En effet, les oiseaux sont incapables de se défendre et les chats font de véritables ravages. Alors, pour le bien de la faune locale, les amis de la nature préconisent de tuer tous les félins. »

- « Han han »

Zut, j'ai recommencé. Difficile de m'arrêter en si bon chemin.

- « Le problème, c'est que quand les chats sont partit les souris dansent. »

- « Vous voulez aller danser ? »

- « Non, ce que je veux dire... »

La prochaine fois qu'une jolie fille te demande si tu veux danser, tu dis OUI ! »

- « ... c'est que les protecteurs de la nature n'avaient pas pensé au fait que les chats n'étaient pas le seul problème. Ainsi, les chats sont de gros prédateurs et peuvent d'attaquer aux adultes ET aux petits. Mais il y a aussi les rats, qui sont de petits prédateurs qui s'attaquent principalement aux oeufs et aux tout petits. Bien entendu, les chats mangent aussi les rats. Donc, la situation est complexe. En tuant les chats, les rats peuvent pulluler et les dégâts sur les jeunes oiseaux est plus important. Les biologistes pensaient que le bénéfice de tuer les chats (la survie des adultes reproducteurs) compenserait largement l'augmentation des dégats causés par les rats (la destruction des oeufs). Mais en fait, il n'en est rien ! Une nouvelle étude publiée récemment dans PNAS qui a étudié l'impact de l'éradication sur des îles et l'évolution des populations d'oiseau sur plus de trente ans à montré que la relation chat-rat-oiseau était mal comprise. Après la disparition des matous, l'impact des rats a été dramatique et les populations d'oiseaux ont décliné encore plus. C'est fou, non ? Non ? »

Merde, elle est partie...

Tiens, c'est qui cette petite brunette qui s'est installée au bar ?

- « Bonjour, vous aimez les animaux ? »

Qui sait, si elle répond oui, peut-être que je perdrai enfin mon pucelage aujourd'hui.


REFERENCE: Rayner et al. (2007) PNAS 104: 20862-20865




[science] Mickey mouse shit…

10 01 2008

- A quelles vidéos le professeur Dimitry Christakis, pédiatre de l’Université de Washington fait-il allusion lorsqu’il déclare :

Je préférerais que les bébés regardent ‘A la recherche de la nouvelle star’ plutôt que ces vidéos. " (1).

A. Blanche fesse et les sept mains, B. Bébé Einstein, C. Rambi 3, D. Totoro hotel, live

- Je ne sais pas, je vais demander l’avis du public, Jean-Pierre.

Nous sommes pratiquement tous des enfants de la télévision mais nous avons aussi grandit avec l’idée largement répandue que la télévision c’est mal. Les études ont quelque problème a démontrer les répercutions éventuelles de la télévision sur certains comportements problématiques chez les enfants (l’impact sur, par exemple, les comportements violents sont difficilement imputable à la télévision au détriment d’une faille dans l’éducation (2)) mais, rien à faire, on garde une certaine méfiance quand à l’impact potentiel du tube cathodique sur notre développement. Nombreux sont ceux qui affichent clairement le fait qu’ils ne possèdent pas de télévision, sorte d’exploit que l’on porte fièrement en étendard.

Pour ma part, j’aurais plutôt tendance à reprendre à mon compte les paroles d’Homer Simpson : " Ne dit jamais plus de mal de la télévision ! "

Quoi qu’il en soit, on veut toujours le meilleur pour nos enfants. Alors, quand une étude scientifique (3) montre les danger potentiels de certains programmes sur le développement intellectuel des enfants en bas âge, tout parent qui se respecte tend l’oreille.

Cette étude se concentre sur les programmes destinés spécifiquement aux enfants en bas âge (entre 8 et 16 mois). Personnellement, l’idée de mettre des enfants si jeunes devant la télévision ne m’a jamais effleuré mais le marché des DVD spécifiquement adapté à cette tranche d’âge est en pleine expansion.

Par exemple, Disney a lancé le produit Bébé Einstein, des DVD qui est censé aidé au développement intellectuel du nourrisson en l’initiant aux formes, aux couleurs, à la musique, etc., sorte de version ultra-simplifiée de Dora l’exploratrice et son pote Diego.

Le marché est juteux, et suite à une campagne publicitaire agressive comme Disney et consorts peuvent réaliser, de nombreux parents veulent se procurer ces CD pour " rendre leurs enfants plus intelligents " (ma mère m’a d’ailleurs offert des Bébé Einstein à la naissance de mon premier).

Pour vous donner quelques chiffres, un jeu complet de DVD de Bébé Einstein coûte plusieurs centaines d’euros et Disney estime que la vente de ces disques rapportera un milliard de dollars en 2010.

Alors quand une étude montre que les enfants qui regardent ces vidéos présente des retards de langage par rapport aux autres, Disney ne crie pas " Akunamatata ! ".

Et s’il est bien une chose qu’il ne faut pas faire, c’est mettre Disney en colère.

La réponse n’a pas tardé a se faire sentir : une réponse officielle indiquant que la dissémination de cette information était " irresponsable " et que l’article scientifique présentait " une méthodologie douteuse ".

Les responsables de Disney ont alors décidé de contre-attaqués en demandant de l’aide à un autre scientifique, Deborah Linebarger, experte en développement de l’enfant et la télévision, de l’Université de Pennsylvanie. Si celle-ci avoue être moins catégorique quand aux conséquences éventuelles de tels programmes sur les enfants, elle a néanmoins refusé de les aider. " J’ai suis préoccupée devant des produits appelés Baby Eintein, Génie, etc. qui exploitent des gens vulnérables " et insiste sur le fait que " certaines conclusions de l’article sont valides. " (1).

En attendant que cette étude soit confirmée ou infirmée, souvenons-nous que " Il en faut peu pour être heureux ! " et que rien de tel que la méthode classique (de l’attention, du temps, de l’amour) pour que vos enfants se développent normalement !

- Je vais répondre B, Jean Pierre, c’est mon dernier mot !

--

(1) Cressey D (2007) Nature 448 : 848-849.

(2) http://owen.monblogue.branchez-vous.com/2003/06/02#18312

(3) Zimmerman FJ, Christakis DA & Meltzoff AN (2007) The Journal of Pediatrics 151 : 364-368




[art/science] Genes around the world

08 01 2008

Si vous vous promenez en vélo sur la piste cyclable qui relie Londres à Cambridge, vous remarquerez à proximité de cette ville prestigieuse une succession de lignes colorées sur un peu plus d'un kilomètre.

Des petites bandes de 4 couleurs qui se succèdent, sans logique apparente.

Il s'agit de la représentation colorée de la séquence du gène BRCA2, un gène de 10000 paires de base (1), qui est associé au cancer du sein. Un gène, découvert il y a 12 ans et qui se retrouve ainsi représenté sous la forme d'un ruban coloré sur le sol anglais.

Une drôle d'initiative qui n'est qu'une manière de plus de donner une autre vie aux gènes (2) et à le mérite de nous offrir une idée d e leur incroyable dimension. Ainsi, si l'on devait représenter l'entièreté du génome humain de cette manière, la bande colorée ferait le tour de la terre 10 fois.

Il y a seulement 5 ans, on annonçait à grand renfort de fanfares dans les médias la fin du projet du séquençage du génome humain. 23 paires de chromosomes, quelques dizaines de milliers de gènes et une séquence de 3 milliards de paires de bases (1).

Ce projet initié en 1990 à l'initiative de James Watson, un des deux co-découvreurs de la structure de l'ADN, à coûté 2.7 milliards de dollars.

Beaucoup de promesses ont été faites sur les bénéfices que cette réalisation scientifique allait apporter à l'humanité et il faut bien avouer que ceux-ci se font encore attendre (même si cette étude n'est pas sans intérêt !). Depuis, nous avons découvert que les gènes ne sont pas seuls acteurs en jeu en ce qui concerne notre hérédité, un nouveau pan de notre ignorance des mécanismes de la vie.

Non sans une certaine ironie, le séquençage est devenu aujourd'hui une chose courante. Plusieurs centaines de génomes ont déjà été séquencés et analysés. Il ne faut plus que quelques jours appareils modernes pour séquencer complètement un génome et avec les progrès fulgurant de cette technologie, on peut espérer un séquençage d'un génome complet pour seulement 5000 dollars dans les 5 années à venir.

Bienvenue dans l'ere de la génomique !

--

(1) Pour un rappel, notre ADN est une longue molécule constituée de la succession de 4 acides aminés et peut-être simplifiée sous la forme d'une longue phrase qui serait constitué de 4 lettres A, T, C et G. Ces lettres sont rassemblés en mots, les gènes. Un génome humain est donc une sorte de livre constitué de 3 milliards de lettres. Dans le cas présent, chaque lettre est représentée par une couleur.

(2) Par exemple, « DNA music » de Thomas Mitchell, http://www.tjmitchell.com/yourdnasong/index.html




[science] Dater le passé

05 01 2008

Lorsque je visitais la grotte de Tautavel dans laquelle se déroulait des fouilles archéologiques, notre guide du moment, un fameux professeur nous expliquait comment les découvertes faites sur place permettait de comprendre comment les hommes de l’époque vivaient. Alors que je regardais les pauvres étudiants en archéologie gratter le sol, trier de la terre et faire du travail d’encodage, j’ai posé une question au guide:

- « Comment pouvez-vous savoir que ce vous observez ici est bien représentatif ?

- euuuhhh ?

- Je veux dire, l’homme qui vivait dans cette grotte était peut-être l’idiot du village et les autres qui vivaient plus bas dans la vallée dans des maisons sophistiquées se moquaient de sa façon de vivre. »

Il a été pris au dépourvu mais je suis certain que ma réflexion naïve n’avait rien de neuf pour lui. Après tout, les archéologues doivent compter sur la chance pour reconstruire le passé.

Il est de chose qu’il est impossible d’observer avec nos yeux et certaines sciences qui doivent se contenter de ces preuves indirectes. Ainsi, toute étude du passé est indirecte - histoire, archéologie, paléontologie, étude de l’origine de la vie, etc. - et basent leurs hypothèses et théories sur des faits, parfois disparates, et ne peuvent finalement que donner une certaine vision, entachées des différentes limitations, physiques, personnelles ou socio-culturelles.

Il en est de même lorsque l’on essaye de dater les événements du vivant. On doit se baser pour cela de données disparates, incomplètes et une bonne dose de chance. Pourtant, lorsqu’on vous parle de l’histoire de la vie, les scientifiques n’hésites pas à vous donner des dates plus ou moins précises: les poissons sont apparus à telle époque, les oiseaux se sont séparés des reptiles à telle autre.

Quels sont les moyens utilisés par les scientifiques pour affirmer de telles choses ? Et surtout, quel en est là fiabilité ?

Pour illustrer cela, je vous propose un détour par l’histoire des orchidées qui vient d’être bouleversée par un coup de chance : la découverte d’une abeille parfaitement conservée dans l’ambre depuis quelques 20 millions d’années.

Les orchidées sont des fleurs fascinantes. Déjà Darwin était fasciné par les trésors de complexité mis en œuvre par ces fleurs pour se faire polleniser, séduisant les insectes par leurs formes, leurs parfums et les utilisant comme transporteurs pour leur précieux pollen. . Ces fleurs sont parmi la famille de plante la plus diversifiée au monde, présentant une énorme variété de formes et de plantes.

Jusqu’à peu, les scientifiques pensaient que cette famille était apparue sur terre il y a entre 26 et 40 millions d’années selon les auteurs et les techniques utilisées.

Il existe plusieurs moyens de dater l’apparition d’une espèce au cours de l’histoire évolutive dont la présence de fossile (qu’il faut dater à son tour) et l’analyse des gènes.

La présence d’un fossile dans une couche sédimentaire qu’on peut dater avec relativement de précision est un bon argument. Mais pour trouver LE fossile qui répondra à votre question, il faut une bonne dose de chance. En effet, tous les organismes vivants ne sont pas égaux devant la fossilisation (par exemple, ceux qui disposent d’un squelette calcaire ont plus de chance d’être fossilisé que les autres et certains vivent dans des environnements plus propices au procédé de fossilisation). De plus, il faut aussi avoir la chance de tomber dessus. Enfin, l’absence de fossile ne signifie en rien l’absence de l’espèce.

Ainsi, il existe de nombreux organismes dont on ne dispose pas de traces fossiles, ce qui était le cas des orchidées jusqu’à présent.

L’alternative est d’étudier les gènes. Toute espèce vivante possède de l’information contenue dans ses cellules sous la forme d’ADN, celui-ci étant divisé en plusieurs gènes (chacun codant pour une protéine qui joue un rôle dans la vie de l’organisme). Chaque gène peut être considéré comme un livre de recette qui serait transmis des parents aux enfants.

Ainsi, le livre/gène est copié et transmis lors de la reproduction. Mais il arrive que des erreurs se glissent lors de la copie, ce que l’on appelle mutation. Ces mutations sont d’ailleurs un des moteurs de l’évolution. Au fil du temps, ces erreurs s’accumulent et plus le temps passe et plus les erreurs sont nombreuses.

Pour estimer la distance parcourue entre deux espèces, les chercheurs peuvent donc estimer le nombre d’erreurs au niveau d’un ou de plusieurs gènes (ce sont des méthodes très complexes qui doivent prendre en compte de nombreux paramètres, comme l’impact de la sélection ou encore des corrections qui peuvent parfois apparaître) et transformer cela en temps écoulé.

En effet, le nombre de mutation par unité de temps au sein d’un groupe est relativement stable. C’est ce que l’on appelle une horloge moléculaire et celle-ci est calibrée en faisant des recoupements avec les données fossiles.

La découverte d’un nouveau fossile peut ainsi remettre en question une estimation. C’est ce qui s’est passé récemment avec la découverte d’une abeille magnifiquement conservée dans de l’ambre (une pierre formée à partir de résine d’arbre dans laquelle l’abeille a été engluée). Sur cette abeille, les chercheurs ont pu découvrir des grains de pollens d’une fleur qui était incontestablement une orchidée qui a vécu il y a 15 à 20 millions d’années, le plus vieux fossile d’orchidée jamais découvert.

Cette nouvelle découverte a ainsi permis de recalibrer l’horloge moléculaire et refaire toutes les estimations connues. C’est ainsi, que maintenant, les chercheurs estiment que les orchidées sont apparues il y a beaucoup plus longtemps que l’on ne le pensait jusqu’alors, soit quelques 76 à 84 millions d’années.

Une preuve que ces faits sont à prendre avec des pincettes et seront encore soumis, avec la découverte de nouvelles informations, à de grands changements dans le futur.

Source : Ramirez et al. (2007) Dating the origin of the Orchidaceae from a fossil orchid with its pollinator. Nature 448 : 1042-1045.




[science/art] Nanoart

04 01 2008

L'Afrique est le continent de tous le paradoxes. Berceau de l'humanité, véritable centre du monde à différents points de vue, elle reste pauvre et négligé. Presque un continent invisible.

Pour exprimer ce paradoxe, des artistes d'un genre nouveau ont réalisé une carte de l'Afrique d'une longueur de quelques centaines d'atome.


Cette Afrique, réalisée avec les outils de pointe de la nanotechnologie, n'est observable qu'à l'aide des microscopes les plus perfectionnés. Existante tout en étant invisible. Un tour de force à une époque où les photos satélites sont d'une terrible banalité.

Cette oeuvre d'art appelée Actual Size n'est qu'une des réalisations d'un nouveau genre de création artistique, le nanoart, sorte de lithographie utilisant des techniques ultra-sophistiquée.

Pour en savoir plus sur les artistes, leur démarche et leurs oeuvres, visitez :

http://www.nanoarte.it/nano_eng.html




[science] Les interdictions de fumer – les faits

31 12 2007

Bientôt une nouvelle année et avec elle son lot de bonnes intentions. Si une étude vient de montrer que seules douze pour-cent des bonnes résolutions sont finalement tenues (1), un grand nombre de personnes va certainement jurer ne plus toucher au tabac l’année prochaine. D’autant plus qu’avec cette nouvelle année, une nouvelle interdiction de fumer dans les bars et restaurants va faire son apparition en France et quelques mois plus tard aux Pays-Bas.

Avant même d’être en application, la mesure fait couler beaucoup d’encre et de salive, impopulaire chez de nombreux fumeurs qui y voient une atteinte à leur liberté, populaire chez les autres qui voient une menace en moins sur leur santé. Certains craignent les conséquences sur l’économie et sur la survie des établissements concernés.

Mais la France n’est pas le premier pays à faire appliquer une telle mesure. La Californie a montré la voie il y a déjà plus de dix ans.

Alors ? Quels sont les faits ? Quelles conséquences pouvons nous réellement attendre de l’application de cette loi, au niveau économique mais aussi au niveau de la santé ?

« Dans un premier temps, vous allez lire que tous les bars vont faire faillite, ensuite que les gens vont bloquer les rues en fumant dehors créant de monstrueux embouteillages, ensuite tout le monde va vous dire que la mesure est très impopulaire. (…) C’est la même chanson à chaque fois que ce genre de mesure est appliquée. Après cette vague de mauvaise presse, tout se calme et l’année d’après, tout le monde se dira ‘C’était quoi déjà le problème ?’ » (2)

Ces paroles de Stanton Glantz, directeur du Center for Tobacco Control Research and Education de l’Université de Californie, résume bien la situation actuelle et offre une vision optimiste pour le futur.

Non, l’application de cette loi n’aura pas de désastreuses conséquences économiques. Pour preuve, cette loi a été appliquée dans plusieurs dizaines de pays et états américains ces dernières sans qu’aucune catastrophe n’ait été observée.

Mais est-ce que cette nouvelle loi va avoir de vraies conséquences positives sur la santé des gens ?

Pour rappel, la cigarette tue, comme on peut le lire maintenant sur les paquets de cigarette. Des études épidémiologiques (3) montrent qu’un fumeur a 25 fois plus de chance de mourir d’un problème cardiaque qu’un autre.

Mais, diront certains, chacun est libre de faire ce qu’il veut avec sa santé (4). La raison pour laquelle cette interdiction est appliquée est aussi liée aux conséquences du tabacs sur les non-fumeurs. La fumée de cigarette transporte quelques 4000 substances chimiques (dont 50 au moins sont carcinogènes, donc peuvent induire des cancers) qui peuvent être absorbées par les non-fumeurs avec pour conséquences une augmentation de quelques 25 pourcent de chance de contracter un cancer des poumons et/ou une maladie cardiaque.

L’application de l’interdiction de fumer, souvent associée à de gigantesques campagnes de sensibilisation (payée par les taxes sur les cigarettes dont le prix continue de grimper), semblent efficaces.

En Californie, l’interdiction est appliquée depuis 1995 dans les restaurants et 1998 dans les bars. Il est donc possible de suivre aujourd’hui les conséquences observables (par comparaison avec les Etats où aucune interdiction n’est en application).

Il a été montré qu’il suffit de quelques mois après l’application de l’interdiction pour que la présence de nicotine dans l’air chute de 95% dans les bars avec des conséquences directement observable sur la santé des personnes qui y travaillent. Le nombre de fumeur diminue significativement (23% de la population Californienne fumait en 1988 contre 13% en 2006 ; un impact similaire a été observé en Ecosse et Irlande (une chute des ventres de 8 et 5% respectivement). Un impact sur la santé est aussi rapidement observable ; par exemple, une chute des problèmes cardiaques après la mise en vigueur de l’interdiction (de 11, 27 et 39% en Italie, dans le Colorado et l’Ohio respectivement).

L’interdiction doit donc être considérée comme une bonne chose pour la santé (des non-fumeurs, les fumeurs, eux, continueront à mourir du tabac) et n’aura pas les terribles impacts économiques que prédisent certains.

Pour la petite histoire, la Californie passe une nouvelle étape en interdisant également la cigarette dans certains endroits publiques comme des plages et des parcs.


(1) voir http://www.lesoir.be/actualite/sciences_sante/comment-tenir-ses-resolutions-2007-12-28-568768.shtml

(2) Cette citation est le chiffre présenté dans ce texte sont tiré de l’article Dut from the haze publié dans le magasine Nature (Novak, 2007, 447 : 1049-1051.

(3) Pour tester l’effet d’une substance, les scientifiques travaillent en général sur des modèles animaux en situations contrôlées (des individus traités et d’autres non, les contrôles). Cette approche est utilisée également sur l’homme lors d’essais cliniques lorsqu’il est question de tester des médicaments. Bien entendu, il est hors de question de tester la toxicité d’une substance de cette manière pour des raisons évidentes. Dès lors, les chercheurs doivent s’appuyer sur des données indirectes provenant de l’analyse de données provenant d’un échantillon important de la population (plusieurs milliers de personnes minimum) et essayer de dégager des tendances. Ainsi, en suivant plusieurs milliers de personnes et en séparant les fumeurs des non-fumeurs, on peut avoir une idée de la conséquence du tabac sur la santé. Bien entendu, cette approche est imparfaite puisque d’autres facteurs entre en jeux et la valeur des chiffres présentés est soumise à de violents débats. Il n’en reste pas moins que c’est la seule méthode disponible actuellement. Certains n’hésitent pas à utiliser cet argument pour remettre en cause l’effet du tabac sur la santé (et l’industrie du tabac ne s’en prive pas). Il n’en reste pas moins que la grande majorité des scientifiques s’accordent sur le fait que le tabac est nocif, aussi bien pour le fumeur que pour celui qui subit passivement. Pour être tout à fait honnête, je me dois de parler d’une théorie (défendue entre autre par l’écrivain Didier Van Cauwelaert) qui soutient que le tabac est sans effet sur l’homme et que les effets négatifs ne sont dus qu’à un effet nocebo (l’inverse d’un effet placebo). Ainsi, les maladies ne seraient qu’une conséquence psychosomatique liée à la peur d’attraper la maladie. Les gens (fumeurs principalement) tomberaient malades parce qu’ils ont peur de la maladie. Ils seraient ainsi les forgeront de leur propre maladie. Cette théorie ne repose cependant sur rien de concret. Si cela vous amuse, la théorie est présentée dans le roman L’évangile de Jimmy.

(4) Ce genre de remarque, particulièrement populaire chez les jeunes, en dit long sur la psychologie humaine. La cigarette est liée à la notion de plaisir (tout comme la drogue ou l’alcool), revêt un aspect culturel et les conséquences ne peuvent se voir que sur le long terme. Il est donc difficile, même connaissant les faits, de rationaliser le phénomène.




[science] Linné et le système sexuel

29 12 2007

- Dis Papa, comment on fait les bébés ?

- euuuuhhh

- Alors ???

- Alors, les petites fleurs

Les petites fleurs, les papillons, les abeilles. Quoi de plus pratique pour des parents dans l’embarra pour initier les petits bambins aux mystères du sexe. Quoi de plus innocents et éloigné de ces ébats moites par lesquels ils ont été conçus ?

Pourtant, il fut une époque où la cueillette des fleurs était un passe temps à la mode et on ne peut plus grivois. Pour cela, je dois vous parler d’un temps que les moins de trois cents ans ne peuvent pas connaître.



Alors que 2007 touche à sa fin, il ne me reste que quelques jours pour rendre hommage à Carl Linné, un des plus grands scientifiques de tous les temps, et dont on fêtait cette année le trois centième anniversaire.

Si vous avez entendu parler de cet homme, vous savez peut-être qu’il était suédois et qu’il est à l’origine d’un système de classification des êtres vivants appelé la nomenclature binomiale. Ainsi, depuis Linné, chaque espèce vivante est désignée par un nom latin comprenant un nom de genre (par exemple Homo) et un nom d’espèce (par exemple sapiens). C’est lui également qui a nommé un nombre invraisemblable d’espèces mettant ainsi de l’ordre dans le foutoir qu’était le catalogue du vivant à l’époque.

Si vous êtes allez un petit peu plus loin, vous savez également que Linné était quelqu’un de très croyant (« Dieu crée, Linné ordonne », aurait-il dit) et vous en avez sans doute l’image d’une homme sérieux, académique et pieux.

Plus rares sont ceux qui savent qu’en son temps, Linné fut considéré par certains comme un dangereux pervers, un homme aux influences amorales (comme l’accusait le botanist Johann Georg Siegesbeck).

Son crime ?

Introduire dans la botanique un système diabolique basé sur… le sexe.

Dans les cours de botanique qu’il dispensait à l’Université d’Uppsala, il utilisait un vocabulaire imagé pour faciliter la compréhension de l’anatomie florale et ainsi en faciliter l’identification. Il parlait de « lits » de fleur dans lesquels s’ébataient « maris » (les étamines) et « femmes » (le pistil). La variété des modes de reproduction chez les plantes devenaient alors un véritable miroir des pratiques sexuelles de l’époque de la monogamie à la polygamie, de l’homosexualité à l’inceste.

Ce système s’est alors répandu comme une traînée de poudre dans le grand public et la cueillette des fleurs à pris une toute nouvelle dimension sous ce nouvelle éclairage coquin. Il y avait sans doute quelque chose de subversif à effeuiller une marguerite et offrir des fleurs prenait un autre sens.

La récolte et l’identification des fleurs sont devenus tellement populaires que le jeu a traversé les océans. Un des collaborateurs de Linné, partit récolter des fleurs au Canada pour la Société Royale des Sciences de Suède fut abasourdi de constater que tous s’adonnait à ce jeu avec (h)-ardeur. Prêtres, soldats, politiciens, commerçants, tous passaient leurs dimanches à récolter des fleurs.

Cet engouement pour la botanique a permis à Linné, déjà champion toute catégorie pour ce qui était de créer des contacts, de recevoir un nombre incroyable d’échantillons des quatre coins du monde et ainsi de construire ce qui allait devenir une œuvre majeure de notre temps.

Si après cela, on me dit que ce n’est pas le sexe qui gouverne le monde…




[art/science] Gauchiste

26 12 2007

Finalement, la culture, c'est comme la poésie, ce ne sert qu'à une seule chose: « Séduire les filles ».

Oui, oui, je sais, il y a les émotions qui vous emportent, qui mettent l'homme au dessus de sa condition animale, la création, bla bla bla, je ne suis qu'un sale béotien simpliste.

Si vous avez sans doute raison sur ce dernier point, il n'en reste pas moins que pour séduire une personne du sexe que vous trouvez opposé, et ce peu importe ce que cela peu bien signifier, rien de mieux qu'une petite balade au pays de la culture. Ou comme braillait Cabrel avant de sombrer dans la dépression:

« Tu veux qu'elle t'estime,
Tu sors tes plus belles lectures,
T'as vu des centaines de films,
T'expliques d'où viennent
Ces tapis sur le mur, sur le mur. »

Et quoi de mieux pour briller qu'une petite anecdote bien placée ?

Comme c'est Noël (ou presque), voici une petite histoire à placer la prochaine fois que vous irez vous balader dans la galerie Antique de votre musée le plus proche.

 

Elle/Lui: « Cela fait beaucoup de cailloux, quand même »

Vous: (...)

Elle/Lui: « Je me demande combien cela pese, tout cela ? »

Vous: (...)

Elle/Lui: « C'est beau, non ? »

Vous: « Tu as remarqué que sur presque toutes les fresques et peintures représentant un banquet où les protagonistes sont couchés, ils sont toujours couché sur le côté gauche. »

http://images.encarta.msn.com/xrefmedia/sharemed/targets/images/pho/t242/T242094A.jpg

Ben entendu, vous avez attendu un peu avant de lâcher cette remarque, de préférence sur un ton badin. Il est important de se trouver à ce moment là devant une fresque ou une peinture sur laquelle la personne qui vous accompagne puisse vérifier votre affirmation. Si vous êtes devant la Joconde, une banalité sortie de Da Vinci Code devrait faire l'affaire.

Elle/Lui [intrigué(e)]: « Ah oui, c'est vrai »

Un peu plus loin

Elle/Lui: « Encore une et... oui... encore couché sur le côté gauche. C'est incroyable. »

Vous [modeste]: « N'est-ce pas ? »

Le secret est de montrer votre culture sans tomber dans l'effrayante arrogance. Ainsi, vous ne citerez pas votre livre de chevet 'Le motif du banquet couché dans le Proche-Orient et le monde Grec du VIIe au IVe siècle avant J.-C par Marie Dentzer'.

Vous: « As-tu une idée de pourquoi ? »

Elle: « Non ? »

Vous: « Il y a plusieurs hypothèse. Au début, je pensais que c'était parce que les gens sont droitiers. Etre couché sur le côté gauche permet de libérer la main droite pour manger ou boire. »

Elle/Lui [Réflechissant et vous jetant en coin de regards admiratifs]: « C'est vrai »

Vous: « Mais... »

Elle/Lui [Captivé(e)]; « Mais ? »

Vous: « Mais, sur certaines de ces représentations, les personnes sont visiblement gauchères. Elles mangent de la main gauche, par exemple. L'explication ne tient plus. »

Là, vous arrivez à un moment délicat. Votre compagne/gnon est passé par différent stades: la révélation, l'illumination et glisse à présent dans la déception. Il est temps de donner le coup de grâce.

Vous: « Il y a de nombreuses choses que l'on puisse faire dans un lit, mangez n'en est qu'une. La tradition de manger coucher remonte à l'aube de l'humanité. « Ils reposent sur des lits d’ivoire. Ils boivent le vin dans de larges coupes », comme ils disent dans le livre d'Amos. A l'époque, les repas étaient gargantuesques et duraient des heures. Pas facile de manger autant sans en être malade. »

Normalement, à ce stage. Elle/Lui vous regarde avec un peu d'inquiétude. On ne cite pas la Bible impunément.

Vous: « En fait, les scientifiques pensent que les mangeurs restaient couchés sur le côté gauche pour pouvoir manger plus et éviter de désagréables problèmes de flux gastrique. Ainsi, quand on se couche sur le côté gauche, l'estomac dont la base est tournée vers la gauche est placé dans une position idéale pour présenter un volume maximal et faciliter le déplacement de la nourriture. Si tu te couches sur le côté droit, c'est tout le contraire. L'estomac est compressé et la nourriture a tendance à remonter dans l'oesophage. »

« Vous pouvez accompagner ces considérations anatomiques de petits gestes explicites pour désigner les différentes parties du corps. »

Vous: « Finalement, l'art ne fait que refléter un savoir empire sur l'anatomie de notre système digestif. »

Elle/Lui: « Rhaaaaa Lovely, prend moi, ici, maintenant ».

--


Note:
- Cette méthode est présentée sans aucune garantie et son auteur est un vieux garçon puceau de 76 ans.

- Texte librement inspiré de l'article « Left to digest » par Paolo Mazzarello dans le magasine Nature (2007, 446: 753).




[science] Tout, tout, tout, vous saurez tout sur le...

20 05 2007

Les hommes, surtout dans leur adolescence, se posent de nombreuses questions sur leur zizi, en particulier sur sa taille avec comme leitmotiv : « plus c’est gros, mieux c’est ». Chez certains, cela peut même tourner à l’obsession au point de chercher des solutions, comme la chirurgie ou les traitements hormonaux (il suffit de jeter un coup d’œil aux spams qui fleurissent sur le net pour s’en convaincre).

 

Les femmes délicates vous diront que de toute facon : « la taille n’a aucune importance ! »

 

Mais qu’en est-il vraiment ?

 

Est-ce que le lien entre grand pénis et masculinité et puissance sexuelle trouve une quelconque réalité biologique ? Est-ce que les hommes avec de grands sexes sont plus attractifs que les autres ? Sont-ils de meilleurs amants ?

 

Voici un petit FAQ qui vous donnera les réponses de la science à ces questions que les garçons se posent sur l’importance de leur tuyauterie mais qui pourrait également intéresser certaines demoiselles.

 

--

 

Est-ce que mon zizi est de taille normale ?

 

Les données concernant la taille varient énormément selon les études et différents paramètres. L’un d’entre eux est la population et la taille moyenne du sexe varie fortement entre les pays. Par exemple, la taille du pénis est en moyenne plus petite chez les asiatiques que chez les caucasiens (5).

 

Il existe plusieurs mesures de la taille du sexe : longueur au repos, en érection, étiré ou encore la largeur. Prenons par exemple la longueur du sexe étiré, un des paramètres les plus utilisé : Grèce (12,2 cm, (1)), Angleterre (13cm, (4)), Niger (13,4 cm, (6)), Italie (12,5 cm, (7)).

 

Pour la petite histoire sachez qu’en moyenne, le volume du testicule droit est plus important que celui du testicule gauche (17.5 cm3 contre 15.9 cm3) (1).

 

Un autre facteur intéressant est la préférence sexuelle. Ainsi, les homosexuels semblent avoir en moyenne un sexe plus large que les hétérosexuels (10). Cette différence pourrait s’expliquer par une exposition prénatale à certaines hormones comme la testostérone qui pourraient affecter à la fois le développement des organes sexuels mais aussi le choix de son orientation.

 

J’ai de grands pieds, est-ce que j’ai un grand zizi ?

 

La sagesse populaire est pleine de recette pour estimer la taille du sexe masculin en se basant sur divers paramètres morphologiques. Ainsi, on associe un grand sexe avec différents atouts corporels, des grands pieds chez nous à la taille du fessier dans certaines peuplades africaines (dans la tribu Igbo les hommes avec des fesses plates sont associés avec un long sexe, (6)).

 

Des résultats contradictoires sont observables dans la littérature scientifique. Selon certaines études, aucun lien n’est observé entre la taille du sexe et la longueur des pieds (4), la taille (1,6) ou le poids (1,6). D’autres montrent un faible lien est observé avec la taille de l’index (1) , la taille des pieds (12), la taille (12) ou la taille des fesses (6), voire une forte corrélation avec le poids et la taille (7).

 

Bref, aucune des études n’est totalement convainquante et il ne semble pas y avoir de partie du corps qui prédit à coup sur la taille du pénis.

 

Est-ce que la taille de mon zizi change avec l’âge ?

 

On sait que certaines parties du corps grossissent avec l’âge : le nez et les oreilles par exemple. Pour le pénis, la réponse est non. La taille du sexe en érection reste inchangée au cours de la vie (1,2,3).

 

Comment les hommes voient-ils leur zizi ?

 

Une étude amusante compare la taille réelle du sexe (par rapport à la moyenne nationale) avec la perception que les hommes ont de leur pénis. Ainsi, il a pu être montré que les hommes ont tendance à se sous-estimer et se plaignent d’avoir un petit zizi (8). D’autre part, ceux qui se plaignent (souvent à tort) d’avoir un sexe en dessous de la moyenne, semble posséder des prédispositions à la dépression et sont aussi en général ceux qui voudraient avoir recourt aux méthodes plus ou moins aléatoires pour se le faire agrandir (quelques 10000 hommes se sont fait opérer dans ce sens entre 1990 et 1997 aux Etats-Unis).

 

Ce genre d’étude montre comme il est important de prendre en compte ces paramètres psychologiques dans tous les dossiers sur les personnes voulant subir une intervention chirurgicale pour se faire allonger le sexe. En effet, la plupart de ces patients sont parfaitement dans la moyenne et cherche plutôt un moyen d’améliorer leur image d’eux-mêmes, ce que cette opération ne pourra en aucun cas procurer.

 

Est-ce que la taille du zizi a de l’importance (pour les femmes) ?

 

Voilà LA grande question qui torture les hommes depuis toujours (enfin, les petites bites au moins). Pour tenter d’y répondre, des scientifiques ont été poser la question aux principales intéressées.

 

Dans une première enquête, un quart des femmes interrogées estiment que la taille et le diamètre du sexe sont sans importance (mais 18% pour la taille et 22% pour le diamètre pensent que c’est TRES important). Petit corollaire amusant, ce sont les femmes les plus expérimentées qui accordent de l’importance à la taille (9). Une étude similaire donne des résultats moins tranchés. Seules 21% et 32% des femmes pensent que respectivement la taille et le diamètre du sexe sont importants (15).

 

Mais en quoi est-ce important ?

 

Est-ce que les grands sexes sont plus attirants pour les femmes et que cela contribue ainsi à un climat d’excitation supplémentaire ? Les études semblent montrer que non. Ainsi, les femmes semblent montrer une préférence pour les sexes de taille « normale » (les sexes exceptionnellement grands ou petits sont moins attirants)(11).

 

Est-ce que les grands sexes procurent plus de plaisir ?

 

Une première étude physiologique et morphologique (basée sur la taille du vagin) conclut que la taille du pénis ne peut avoir aucune influence sur le plaisir féminin parce que le vagin est fait pour s’adapter à toutes les tailles de pénis (13). Cependant, lorsque les femmes sont interrogées, elles affirment en masse que les sexes plus larges leurs procurent plus de satisfaction sexuelle (14). Les chercheurs se perdent alors en spéculation : peut-être est-ce purement psychologique, peut-être la base du gros pénis procure plus de stimulation clitoridienne ou encore peut-être qu’un pénis plus gros procure à la femme un sentiment de « remplissage » plus intense.

 

Est-ce que la taille du zizi peut poser problème lors de l’utilisation du préservatif ?

 

Les jeunes semblent avoir des problèmes avec l’utilisation des préservatifs. Il est vrai que ce n’est pas le genre de choses que l’on apprend à l’école ou que l’on demande à ses parents. Une mauvaise utilisation peut entraîner la rupture du préservatif ou celui-ci peut glisser pendant l’acte. Dès lors, les conséquences peuvent être dramatiques (maladie, grossesse non désirée, etc.)

 

La question de savoir si la taille peut avoir une influence sur ces incidents a été testée à plusieurs reprises (2,3). La longueur n’a aucune importance, par contre le diamètre peut jouer un rôle dans le glissement du préservatif. Il est donc important de choisir des préservatifs à sa taille.

 

Conclusion ?

 

En 1672, Reinier de Graaf écrivait : « Sa fonction est de se contracter autour de l’objet qu’il abrite quand cela est nécessaire, en particulier au moment du coït. Le vagin est si intelligemment construit qu’il peut s’accommoder de tous les pénis : il s’avancera pour rencontre un petit pénis, il se retirera pour un grand, se dilatera pour un gros et se contractera pour un petit. La nature a pris en compte toutes les variétés de pénis et il n’est donc pas nécessaire de chercher un fourreau à la taille de votre couteau. »

 

Tout avait déjà été dit. A part quelques cas pathologique (entre micropénis et Rocco Sifredi), la taille n’a que bien peu d’importance. Et si certaines femmes semblent montrer une préférence pour les gros sexes, il ne devrait pas être trop difficile de les faire changer d’avis.

 

Moralité : la taille cela n’a finalement que bien peu d’importance

 

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Note : Ce texte a été écrit par une p’tite bite !

 

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REFERENCES :

 

(1)     Etude réalisée sur des grecs : Spyropoulos E et al. (2002) Size of external genital organs and somatometric parameters amoung physically normal men younger than 40 years old. Urology 60 : 485-489.

(2)     Etude réalisée sur des américains : Smith AM et al. (1998) Does penis size influence condom breakage ? Int J STD AIDS : 444-447.

(3)     Etude réalisée sur des allemands : Schneider T et al. (2001) Does penile size in younger men cause problems in condom use ? A prospective measurement of penile dimensions in 111 young and 32 older men. Urology 57 : 314-318.

(4)     Etude réalisée sur des anglais : Shah J & Christopher N (2002) Can shoe size predict penile length ? BJU International 90 : 586-587.

(5)     Etude réalisée sur des habitants de Taiwan : Wang CH et al. (2006) Penile length of normal boys in Taiwan Acta Paediatr Taiwan 47 : 293-296.

(6)     Etude réalisée sur des nigérians : Orakwe JC et al. (2006) Can physique and gluteal size predict penile length in adult nigerian men ? West Afr J Med 25 : 223-225.

(7)     Etude réalisée sur des italiens : Ponchietti R et al. (2001) Penile length and circumference : a study of 3300 young italian males. Eur Urol 39 : 183-186.

(8)     Etude réalisée sur des coréens : Son H et al. (2003) Studies on self-esteem of penile size in young Korean military men. Asian J Androl. : 185-189.

(9)     Etude réalisée sur des croates : Stulhoher A (2006) How (Un)Important is penis size for woman with heterosexual experience ? Arch Sex Behav 35 : 5-6.

(10)  Etude réalisée sur des canadiens : Bogaert AF & Hershberger S (1999) The relation betweem sexual orientation and penile size Arch Sex Behav 28 : 213-221.

(11)  Etude réalisée sur des camerounais : Dixson BJ et al. (2005) Human physique and sexual attractiveness : sexual preferences of men and women in Bakossiland, Cameroon Arch Sex Behav DOI 10.1007/s10508-006-9093-8

(12)  Etude réalisée sur des canadiens : Siminoski K & Bain J (1993) The relationships among height, penile length, and foot size An Sex Res : 231-235.

(13)  Masters WH & Johnson VE (1966) Human sexual response. Boston, Little Brown. & Masters WH & Johnson VE (1970) Human sexual inadequacy. Boston, Little Brown.

(14)  Etude réalisée sur des américains : Eisenman R (2001) Penis size : survey of female perceptions of sexual satisfaction. BMC Women’s health : 1.

(15)  Etude réalisée sur des hollandais : Francken AB et al. (2002) What importance do women attribute to the size of the penis. Eur Urology 42 : 426-431




[science] Le roi des geeks

09 05 2007

Le roi des geeks est mort… vive le roi !

Son nom ne vira peut-être pas grand chose mais il était votre roi : John Backus.

Malgré son nom aux allures festives, il n’avait pas grand chose à voir avec le roi Gambrinus.

John Backus, comme tout bon geek qui se respecte, a commencé sa vie comme un looser. Il portait des grosses lunettes, il était nul à l’école et ratait a peu prêt tout ce qu’il entreprenait. Ses seules passions étaient les ordinateurs et Star Trek, malheureusement, ni l’un ni l’autre n’existait encore à son époque puisqu’il est né en 1924.

C’est finalement l’armée qui fera de lui un homme et percevra sa redoutable intelligence et en 1946, délivré de ses obligations militaires, il se lance à corps perdu dans des études de geek : les mathématiques.


Alors qu’il s’éclate à résoudre des équations tout seul dans sa chambre, il entend parler d’une petite compagnie appelée IBM et qui vient de terminer une machine expérimentale appelée SSEC pour Selective Sequence Electronic Calculator. Cette machine moins puissante que votre montre à quartz (1) était constitué de 13000 lampes. Lorsqu’il a vu ce gigantesque lampadaire à la merci du moindre insecte chez IBM, cela a été le coup de foudre et John Backus a supplié la compagnie de l’engager.

Le premier ordinateur et le premier geek étaient nés…

Dès 1952, IBM lance son premier ordinateur sur le marché, le modèle 701. Pour le programmer, vous deviez alors utiliser le langage ultime du geek : le binaire. Backus et bien d’autres travaillèrent alors à la création de quelue chose de plus simple : le langage de programmation.

Les premiers essais, par exemple le Speedcoding, étaient peu satisfaisant parce que peu économique et efficace. En d’autres termes, cela ralentissait trop la machine ce qui empêchait l’utilisateur de faire une partie de démineur alors qu’il faisait tourner son programme (2).

Pour la nouvelle version de l’ordinateur appelé avec audace modèle 704, Backus propose alors à ses patrons de créer un langage plus efficace. Il s’est enfermé alors pendant 3 ans et en sortit avec un nouveau langage de 18000 instructions et une terrifiante douleur à la main droite. Ce langage appelé, Formula Translator donnait des programmes à 90% aussi bon qu’un programme réalisé en langage machine et connu un succès sans précédent (3).

Le Fortran était né !

Ce langage allait devenir un standard et est encore utilisé aujourd’hui et pas que par des geeks nostalgiques. Par exemple, le modèle pour simuler les changements climatiques du bureau météorologique anglais est constitué d’un programme d’un million de lignes en fortran. Pour des raisons historiques et de compatibilité, la plupart des langages de programmation moderne, comme le C ou le java, possèdent les traces du fortran.

Après cette création qui lui vaudra les plus grand honneur, John Backus continua discrètement sa carrière chez IBM avant de nous quitter cette année.

L’histoire ne nous dit pas s’il est devenu un fan de Star Trek ou s’il était champion de Counter strike.

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  1. Il faut être un geek pour porter des montres à quartz, je vous ai eu ! Pour preuve, relire le Guide Galactique.
  2. Bien entendu, le démineur n’existait pas à cette époque.
  3. OK, il n’y avait pas beaucoup de précédents mais la formule sonne plutôt bien.




[science] SADR

07 05 2007

Savez-vous quelle est la quatrième cause de mortalité aux Etats-Unis ?, juste derrière le cancer et les maladies cardiaques ?

Imaginez…

Un jour, vous ne vous sentez pas très bien. Logiquement, vous allez consulter votre médecin. Celui-ci vous ausculte, commande quelques tests, regarde dans ses grimoires et hop, trouve exactement la cause de votre petit problème.

Il vous fait alors une prescription pour LE médicament qui va vous guérir de votre affliction.

Vous passez en chantonnant chez le pharmacien et une fois chez vous, vous prenez la première pilule bénie, dernier né de l’industrie pharmaceutique.

Le lendemain, PAN, vous êtes mort !

Alors ? Vous auriez mieux fait d’écouter votre mère qui vous disait d’aller voir son homéopathe-guérisseur ? Le pharmacien est l’amant de votre femme (1) ? Vous êtes une victime du terrorisme ?

NON, vous êtes victime d’un SADR (Serious Adverse Drug Reaction) : vous avez fait une réaction inattendue à un médicament 

Quand on prend un médicament, il est parfois rassurant de ne pas en lire la notice. Elle fourmille de petites choses désagréables qui pourraient vous arriver : nausées, vertiges, pustules et autres joyeuseté du même acabit. Mais très rares sont celles qui indiquent : prendre ce médicament peut entraîner la mort !

Pourtant, chaque année, 2 millions de personnes font des réactions inattendues à des médicaments rien que sur le territoire des Etats-Unis et pas moins de 100 000 personnes en meurent ! (2)

Comment une telle chose est-elle possible ?

Un médicament avant d’être mis sur le marché passe pourtant par une batterie de tests : on commence par des tests sur les animaux et ensuite sur les humains, sur des personnes saines et d’autres malades. Les éventuels effets secondaires sont ensuite déterminés et un médicament qui peut entraîner la mort à des doses " normales " n’est jamais lancé sur le marché.

Pourtant, tout un tas de médicaments passent ces tests avec succès et sont responsables d’un nombre incroyable de morts par an.

Je me répète mais : Comment une telle chose est-elle possible ?

En fait, les tests sur les médicaments sont réalisés sur un échantillon de volontaires et comme tout échantillon, il n’est pas totalement représentatif de l’ensemble de la population humaine. Nous sommes tous différents, que ce soit de par nos gènes ou notre état physiologique. Si nous nous ressemblons tous, nous sommes tous différents pour des tas de choses. Ce sont ces petites différences qui font que quelques rares personnes vont, de façon totalement imprévisible, réagir violemment à un médicament pourtant déclaré totalement inoffensif.

Les enfants en sont un exemple dramatique. Pour des raisons évidentes, rares sont les médicaments qui sont testés sur les enfants et pourtant, leur physiologie est fort différente de celle des adultes. Par conséquent, ils peuvent avoir des réactions inattendues à une substance inoffensive pour un adulte et ils sont une cible privilégiée pour les SADR.

Et que fait-on quand un médicament révèle sa face sombre ?

On le retire du marché, me direz-vous !

Oui, dans la majorité des cas mais avant de le retirer, plusieurs choses sont prises en compte : l’existence de traitements alternatifs, l’importance de la maladie traitée, etc.

Ainsi, si un traitement pour le rhume s’avère mortel pour certains, il sera immédiatement retiré du marché ; par contre, si c’est un traitement pour une maladie mortelle pour laquelle il n’existe pas d’autre alternative, il sera maintenu et le patient prévenu.

Il semble impossible dans l’état actuel des choses de prévenir de genre de choses. Il est en effet impossible de tester un médicament sur chaque personne avant de le lancer sur le marché. Par contre, le développement de la génomique humaine, cette branche de la science qui permet d’étudier les gènes á grand échelle, permettra sans doute de donner des précisions sur les causes de la mortalité et de déterminer quelles sont les personnes à risque et donc mieux cibler les personnes qui peuvent ou ne peuvent pas prendre un type de médicaments.

Une raison de plus d’évoluer vers une médecine de plus en plus personnalisée.

Souvent je me dis que dans quelques siècle, les hommes riront de notre médecine primitive comme nous rions de certains traitement que l’on appliquait au moyen-âge.

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  1. Version Desperate housewives
  2. Certaines estimations suggèrent que ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. En effet, la cause de mortalité n’est pas toujours facile à déterminer et la responsabilité du médicament n’est pas toujours déterminée. Dès lors, les spécialistes suggèrent que seuls 1 à 10% des cas sont signalés.




[art/science] Chromosome 16

04 05 2007

Internet a transformé la façon dont est disséminé l’information, fonction autre fois réservée uniquement à certains médias. Ainsi, si l’information circule plus vite, elle est aussi moins contrôlée. D’une part, cela permet à une certaine idée de la vérité de circuler sur le net sans passer par le filtre des médias officiels. D’autre part, cela permet aussi de disséminer tout et n’importe quoi sans contrôle. Pas facile dans de telles conditions de faire la différence entre un fait, de la désinformation et de la propagande.

L’Internaute peut malgré tout faire jouer son esprit critique en recoupant les informations ou choisissant des sites qui ont fait leurs preuves mais il règne sur la toile une sorte de chaos, de flou artistique très propice à la diffusion du tout et n’importe quoi.

Par exemple, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir qu’un résumé d’une de mes présentations à un congrès avait fait le tour du monde en quelques jours et se retrouvait sur des centaines de sites alors qu’il ne présentait qu’un idée, une hypothèse.

Pour illustrer cela et bien d’autres choses, Sarah Jacobs a réalisé une œuvre d’art virtuelle intitulé : Deciphering Human Chromomsome 16 : We Report Here.

Il s’agit d’un livre virtuel construit et inspiré autour de l’article scientifique qui a décrit la structure du chromosome humain numéro 16 (1).

Sa méthode a été de faire des recherches sur Google en utilisant le mot clé " Chromosome 16 " seul ou en combinaison avec d’autres mots (parfois des combinaisons aussi étranges que " Chromosome 16 + Saddam Hussein "). Elle a alors choisit 250 sites sur base de leurs contenu et de leur apparence.

Chaque page de son livre de 96 pages (2) est une succession d’extraits de ces sites web, des fragments de phrases formant une sorte d’incantation et présentées de manière brute. Le tout est couvert par des extraits de l’article original de Nature écrits en lettres capitales sur l’ensemble. Par un jeu des couleurs, cet ensemble chaotique prend une allure indéniablement esthétique. D’autre part, l’œuvre n’est pas statique mais évolue constamment, avec les sites sources comme autant de mutations.

L’œuvre finale possède de nombreuses clés de lecture.

Son côté incompréhensible montre que la longue séquence du Chromosome 16 n’est qu’une succession de lettre qui nécessite une traduction, que le sens est au delà de la séquence elle-même. L’ensemble de ces pages dont à l’ensemble l’aspect d’un grimoire magique rempli d’incantations et qui met en évidence les litanies presque mystique des publications scientifiques qui scandent leurs " Here we report ", " We observed " ou " Here we describe ", comme autant de formules pour enfermer la réalité dans des boites de petri. L’aspect mouvant de l’œuvre nous parle de l’évolution, des mutations mais aussi du côté dérisoire de la publication d’une séquence du Chromosome 16 laissant de coté la grande diversité présente au sein de l’espèce humaine. La beauté de l’œuvre, réelle propriété émergente, nous renvoie à la beauté de la nature née de l’aride succession des 4 nucléotides constituant notre matériel génétique.

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  1. Nature, 2004, 432, 988-994.
  2. Une version papier est disponible sur demande sur le site :

url= www.informationasmaterial.com




[science] La médecine holistique

02 05 2007

Les médecines dites alternatives prennent de plus en plus d’ampleur dans le cœur du public. Nombre d’entre nous préfèrent l’homéopathie ou la médecine chinoise à la médecine plus traditionnelle.

La grande question est de savoir pourquoi ?

En effet, la grande majorité de ces médecines alternatives n’ont jamais passé le filtre de la science. L’homéopathie, par exemple, n’a jamais pu prouver qu’elle était quelque chose de plus qu’un effet placebo (1).

Bien entendu, on connaît tous quelqu’un qui se soigne par une de ces méthodes et qui ne jure que par elle. Des arguments circulent au grand galop par le téléphone arabe : mon enfant à guérit miraculeusement, cela marche même sur mon chien, etc etc.

Mais si ces médecines ont un tel succès, c’est certainement parce qu’elles offrent une approche holistique beaucoup plus humaine que la médecine moderne.

C’est qu’elle est bien loin l’époque où vous aviez votre médecin de famille qui vous connaissait depuis la naissance et savait tout votre histoire. Pour la grande majorité, vos passages chez le médecin sont devenus éclairs, vous passez de spécialistes en spécialistes, etc. et si la médecine à largement fait ses preuves, cette approche déshumanisée a affaibli le pouvoir de guérison de ce système.

Les choses sont bien différentes pour les médecines alternatives. Si vous allez voir un homéopathe ou un médecin chinois, il prendra le temps d’essayer de vous comprendre dans votre globalité, de cerner l’origine de votre mal et de vous offrir un remède personnalisé.

Alors que faire ?

Une approche consiste à essayer de valider les méthodes alternatives en démontrant leurs effets et les faire reconnaître par la science plus officielle.

C’est le cas pour la médecine traditionnelle chinoise.

Le gouvernement chinois à ainsi décidé d’investir une grosse somme d’argent (130 millions de dollars) pour faire accéder les remèdes de cette médecines aux standards de la médecine moderne internationale.

D’une part, la médecine traditionnelle est largement utilisée en Chine où une grande part de la population n’est pas couverte par le système de sécurité sociale et ne sont pas assez riche pour se payer médecins ou hôpitaux. D’autre part, cette médecine connaît un essor à travers le monde. L’exportation des herbes chinoises, par exemple, a doublé ces 10 dernières années en Europe et aux Etats-Unis.

Certains voient dans cette médecine un pseudo-science (2), d’autre une science qui nécessite une reconnaissance. Ce nouvel investissement pourrait faire la différence.

Pour valider la médecine chinoise, plusieurs angles d’approche sont possibles.

La première est d’étudier les ingrédients des remèdes un par un et y chercher la substance active pour développer de nouveaux médicaments. Cette approche a déjà été couronnée de succès et a permis la découverte de médicaments comme l’antemisinin utilisée comme traitement de la malaria ou l’ephedrine utilisée comme décongestionnant.

Une autre approche est d’étudier la médecine traditionnelle selon son approche holistique. En effet, les remèdes sont toujours personnalisés pour chaque patient et sont constitués d’un mélange subtil et unique de différentes herbes.

Cette dernière approche est celle préconisée par le gouvernement chinois mais se pose à plusieurs problèmes :

  • Si certains ingrédients des remèdes possèdent de réelles propriétés curatives, la mythologie associée à médecine traditionnelle est totalement pseudo-scientifique : yin-yang, wa xing et autres qi n’ont jamais pu montrer posséder une quelconque réalité malgré des études très coûteuses réalisées.
  • Cette approche holistique pose des problèmes méthodologiques pour pouvoir tester scientifiquement leur valeur. En effet, impossible dans de telles conditions de tester le remède en double aveugle (3).

L’avenir nous dira si cette démarche pour valider la médecine traditionnelle portera ses fruits et pourra être réalisée dans des conditions scientifiquement satisfaisantes. Mais mon petit doigt me dit que sur le principe cette démarche est vouée à l’échec et que l’argument final restera celui de ce médecin chinois :


Après plusieurs millénaires d’utilisation, la médecine traditionnelle chinoise est pratiquement parfaite et la modernisaton ne peut que pervertir son essence. "

Pour ma part, je pense qu’il serait plus sage de faire prendre conscience à nos médecins occidentaux de l’importance de faire marche arrière et de retrouver quelque peu cette démarche plus humaine dans leur relation avec leurs patients. C’est peut-être la meilleure alternative pour la médecine. La plupart des médecins devraient regagner la confiance et l’affection de leurs patients et réapprendre à jouer avec cette effet placebo, quitte à proposer des pilule d’eau.

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  1. Seules quelques rares et discutables études montrent un effet pour les remèdes homéopathiques. Les effets positifs observés sont dus à un effet placebo, c’est à dire une amélioration du à la croyance du médecin et du patient dans l’efficacité du remède.
  2. Voir, par exemple, Farewell to Traditional Chinese Medicine (Gong-yao Z, 2006, Medicine and Philosophy, 27 : 14-17)
  3. Il s’agit d’un problème semblable à celui de l’homéopathie. Si le remède est différent à chaque fois, comment le comparer à un contrôle ? D’autre part, les médecins traditionnels sont souvent hostiles à l’idée d’administrer un placebo à un patient. En effet, leur relation est basée sur la confiance et la croyance. Donner un placebo est une trahison.




[science] La planète des singes

01 05 2007

Qui est le plus évolué ? L’homme ou le chimpanzé ?

Je suppose que vous répondrez " L’homme " sans hésitation !

Pourtant, une nouvelle étude publiée dans le Proceedings of the National Academy of Sciences tend à prouver le contraire (1).

Je vous propose un petit voyage dans le monde complexe de l’évolution, en faisant, pourquoi pas, un petit détour dans une autre dimension et un autre temps.

Une démonstration de " Chimpan’A to Chimpanzee ".

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Compte rendu du docteur Zarius à l’Académie des Science (36 bananbre 576 après CC(2))

Une expédition archéologique vient de rapporter un artefact provenant d’un site de fouille en bordure de la zone interdite. Il s’agit d’une poupée d’apparence humaine, portant de ridicules lunettes de soleil et qui fait " non non non non non nooooon " avec une voix de tapettes quand on tire sur une petite corde située dans son dos.

DIA NUMERO 1 :

Cette découverte d’abord troublante s’inscrit dans un contexte scientifique des plus troubles. En effet, nous nous souvenons de l’incident de l’homme-parlant, ce phénomène de cirque que nous avions surnommé " clyde " (3) , et qui pendant quelques temps exposait son idéologie nauséabonde.

DIA NUMERO 2 :

Certains scientifiques soutiennent qu’il s’agit ici d’une preuve de plus que homme et singe ont une histoire évolutive commune, ce qui semble scientifiquement robuste mais aussi, de façon plus ridicule, que les hommes ont dans un passé lointain gouvernés cette planète avant de retomber dans un état primitif laissant aux singes une niche pour leur épanouissement intellectuel.

Ceci est tout bonnement ridicule. Les études génétiques provenant du séquençage du génome humain qui a suivit celui du séquençage du chimpanzé montre que le singe est plus évolué que l’homme ! (4).

Ainsi, si on compare 14000 gènes communs au chimpanzé et à l’homme, on se rend compte que depuis la séparation des deux espèces il y a de cela 6 millions d’années, les chimpanzés possèdent plus de gènes qui ont subit la sélection naturelle (233 pour le chimpanzés contre seulement 154 chez les humains).

La preuve ultime est donc faite : le chimpanzé est plus évolué que l’homme puisque ses gènes ont subit plus de changements au cours de cette dernières années.

Cacahuètes pour tout le monde (5).

Je n’ai plus rien à ajouter (6)

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(1) Bakewell MA, Shi P, Zhang J, 2007, PNAS USA doi :10.1073/pnas.0701705104

(2) Chita Christ… alléluiaaaaaaaaaahaaaahaaa

(3) Ce surnom a été donné en hommage à l’homme qui jouait dans la comédie Doux, dur et dingue en compagnie de Clint Outang.

(4) Article publié dans PNAS coconut, et qui pas une extraordinaire coïncidence cosmique est exactement le même que celui présenté en référence (1). Une étude a d’ailleurs montré qu’il y a autant de chance qu’une telle chose arrive par hasard que celle qu’aurait un homme de réécrire l’intégrale de Bernard " ouistiti " Werber en tapant sur une machine à écrire.

(5) Mais soyez prudent, les cacahuètes peuvent nuire à la santé :

utl=

(6) Petite interlude " sérieuse " :

Depuis toujours, l’homme a une tendance naturelle à vouloir se différencier de l’animal et à se placer en maître de la nature (7). Lorsque Charles Darwin a proposé l’idée que l’homme n’était qu’un animal comme les autres, il a subit les quolibet de ses contemporains et même aujourd’hui, lorsqu’on représente un arbre de la vie, qui représente les relations entre les différentes espèces vivantes, nous continuons souvent à placer l’homme tout en haut, trônant sur le reste de la création.

Pourtant, en terme d’évolution, de nombre d’année passée à évoluer depuis l’origine de la vie, l’homme n’est pas plus évolué que certains microbes et comme nous venons le voir, même son proche parent qu’est le chimpanzé est plus " évolué " que nous.

En fait, l’homme n’est qu’une solution de plus au grand problème de la survie et de la reproduction.

Bien entendu, l’homme (après les dauphins et les souris(8)) est l’espèce la plus intelligente de cette planète en terme de conscience de soit et capacité à tourner des séries télévisées, mais pour ce qui est d’un point de vue purement évolutif, cela ne veut pas dire grand chose.

(7) Pour rappel, lire le best-seller : La bible, par Dieu.

(8) Pour rappele, le le best-seller : Le guide Galactique, par Dieu (9).

(9) Dieu est en chacun de nous, même de cet hérétique de Douglas Adams.




[science] L’organisme-ville

28 04 2007

Je vis sur une petite île perdue sur la côte ouest de la Suède. Lorsque des amis viennent me rendre visite, la première chose qui les frappe, c’est le calme absolu qui y règne. Il est possible de sortir se promener pendant des heures sans entendre le moindre bruit, même pas cet bruit de fond inévitable du à l’activité humaine que l’on entend systématiquement dans le plat pays qui est le miens.

Ce calme, combiné à l’air de la mer, a un effet relaxant (ou paniquant chez quelques rares personnes) et tous passent quelques jours aux ralentis, profitant de ces quelques jours loin de la réalité pour se laisser aller.

Inversement, lorsque je quitte mon île pour aller passer quelques temps dans la civilisation, je suis frappé par la vitesse à laquelle les choses bougent : des hommes d’affaires qui courent dans l’aéroport pour attraper leur avion, de cette énergie électrique qui anime les gens dans les villes.

Les citadins vous le diront (j’adore parler comme un cul-terreux de la campagne) : en ville tout bouge plus vite !

Une étude réalisée par des sociologues pourrait leurs donner raison (1)

Comment quantifier la vitesse de la vie d’une ville ?

Les sociologues se sont intéressés à différents indicateurs de l’activité et de l’infrastructure de villes de différentes tailles (des Etats-Unis, Chine et Allemagne).

Ils ont pu montrer que pour différents paramètres, l’activité augmente beaucoup plus vite que la population. Par exemple, l’activité économique (des revenus aux dépôts de brevets en passant par la consommation d’énergie) par personne augmente avec le nombre d’habitants. Il en est de même pour la criminalité ou les chances de contracter une maladie sexuellement transmissible. Ainsi, plus la ville est grande, plus l’activité de chaque habitant est importante et plus les risques sont élevés.

Par contre, comme on pouvait s’y attendre, la situation est inverse pour les indicateurs d’infrastructure. Par exemple, plus grande est la ville, plus petit est la portion de route ou de câbles électriques par habitant.

Tout cela semble logique par rapport aux raisons qui président à la création d’une ville. Pourquoi, en effet, les gens se rassemblent-ils en villes ? Pour maximiser la création des biens et l’échange des idées en minimisant l’infrastructure (partageant les routes, par exemple).

Les sociologues se sont ensuite penché sur le problème de la dynamique d’une ville. Une ville est une sorte d’organisme en pleine croissance. Ils ont pu montrer que lorsqu’une ville grandit en taille, la croissance de l’activité économique finit par atteindre un plateau et stagner alors que le besoin de ressource continue d’augmenter de façon hyper-exponentielle. En d’autres mots, lorsque la population d’une ville augmente, ses besoins augmentent plus vite que ses bénéfices et donc sa survie est compromise. Le bénéfice relatif de la vie citadine diminue avec le nombre de personne qui y habite.

Dès lors, pour qu’une ville puisse continuer à croître, elle doit se réinventer, elle doit être repensée sur base de nouvelles idées.

Ainsi, plus une ville est grande, plus elle va vite. Mais de nouvelles idées pour permettre sa survie doivent fuser encore plus vite !

L’homme est friand de métaphores : L’hypothèse Gaïa selon laquelle la terre est vue comme un gigantesque organisme vivant ou encore " L’homme est le cancer de cette planète ". Mais si on compare une ville à un organisme vivant, on voit que les choses sont complètement différentes.

Les animaux, par exemple, ont évolué vers un accroissement de la taille pour des raisons complètements différentes. Si comme pour les villes, il y a économie d’infrastructure, le taux métaboliques, la vitesse à laquelle fonctionne l’organisme a tendance à diminuer avec la taille. Plus gros est l’animal, plus lent est son métabolisme. Par exemple, un éléphant possèdent une physiologie plus lente (et une vie plus longue) qu’un lièvre.

Dès lors, la ville est une sorte d’organisme créé par l’homme en dehors des lois naturelles.

Qui vient me rejoindre sur mon île ?

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(1) Proc. Natl. Acad. Sci. USA (2007) 104 : 7301-7306.




[science] Bon sang ne saurait mentir…

23 04 2007

Le sang est un tissus liquide qui possède diverses fonctions dont celle de transporter les gaz et les nutriments aux dans les différentes parties du corps. Une des cellules dominantes est le globule rouge, utilisée pour le transport de l’oxygène.

Le sang est essentiel à notre survie et une trop grosse perte peut rapidement entraîner la mort. C’est pour cette raison que les hôpitaux sont en besoin permanent de sang.

Le concept de la transfusion est très simple mais les premiers essais ont mis en évidence un problème inattendu : si la procédure se passe bien dans certains cas, elle entraîne une mort immédiate dans d’autres cas (1).

La raison n’en a été découverte qu’en 1900 par Lansteiner. Il existe sur les globule rouge un polymorphisme d’origine génétique, c’est-à-dire que nous héritons de nos parents certaines caractéristiques qui font que nos globules rouges font partie d’une catégorie ou d’une autre, certaines étant incompatibles avec d’autres (2).

Ce système est régit une trois gènes qui ont été appelés A, B et O. Comme pour la grande majorité des gènes, chaque individu en possède deux copies. Les allèles A et B sont dit co-dominants et O est récessif. On se retrouve avec le système suivant :

  • Groupe A : 2 copies de A (AA) ou 1 copie de A et 1 copie de O (AO)
  • Groupe B : 2 copies de B (BB) ou 1 copie de B et 1 copie de O (BO)
  • Groupe AB : 1 copie de A et 1 copie de B
  • Groupe O : 2 copies de O (OO)

Ces différents groupes se retrouvent en différentes proportions dans les populations humaines, les plus fréquents étant les sangs O et A.

Les problèmes de compatibilité viennent du fait que notre corps possède un système qui le protège des agressions extérieurs : le système immunitaire. Il produit des anticorps, sorte de petites molécules qui se collent sur des particules étrangères aux corps indiquant aux globules blancs qu’il s’agit de quelque chose à attaquer et détruire. Chaque anticorps est spécifique pour une certaine cible et notre corps produit naturellement des anticorps pour les types de sang qui ne sont pas le notre.

Ainsi, si vous avez du sang du groupe A, le sang produira des anticorps contre le groupe B, et inversement. D’autre part, il n’existe pas d’anticorps contre le groupe O.

Par conséquent, les personnes de groupe AB, n’ont aucun anticorps et peuvent recevoir tous les sang sans exception. Par contre, les gens du groupe O ont des anticorps contre les groupes A et B et ne peuvent recevoir que du sang du groupe O. Les groupes A peuvent recevoir du sang du groupe A ou O et ceux du groupe B du sang B ou O. Par conséquent, le groupe O est dit universel puisque tous les groupes peuvent le recevoir sans problème d’incompatibilité.

Ces problèmes de groupe sanguin et d’incompatibilité pose problème en milieu hospitalier. D’une part, c’est limitatif en terme d’approvisionnement en sang et d’autre part, cela ralenti parfois la procédure de transfusion puisqu’il faut vérifier le groupe sanguin de la personne.

Une nouvelle étude pourrait apporter une nouvelle solution.

Un procédé utilisant des enzymes bactériens permet en effet de traiter le sang des groupe A et B pour enlever les antigènes, ces protéines qui sont utilisées par les anticorps pour reconnaître les cellules sanguines comme étrangères (3). Ce procédé permet ainsi de transformer n’importe quel type sanguin en sang du groupe O, universel.

Ce procédé est prometteur et pourrait révolutionner la transfusion sanguine mais doit encore être testé en clinique.

  1. Les balbutiements de la transfusion sanguine sont magnifiquement imaginés dans le roman Le cercle de la croix de Iain Pears.
  2. Il existe aussi d’autres systèmes de polymorphisme et d’incompatibilité, comme le système rhésus, basé sur la présence ou l’absence de l’antigène D, découvert en 1940 par Lansteener et Wiener.
  3. Procédé publié dans Nature Biotechnology (2007) doi :10.1038/ntb1298




[science] Mangez moi, mangez moi, mangez moi…

22 04 2007

Une petite maison de campagne à proximité de Cambridge. C’est le petit matin, un homme chaudement vétu et portant des bottes de caoutchouc vertes s’approche de la maison et frappe vigoureusement à la porte. Après quelques secondes, la porte s’ouvre sur un autre homme habillé de façon semblable.

DAVID : Ahhh te voilà ! Juste à l’heure ! Viens prendre une tasse de thé.

L’homme entre.

MICHAEL : Je te remercie. Bonté divine, il fait terriblement chaud chez toi !

DAVID : Oui, tous mes chauffages sont au maximum. Attend, je vais ouvrir une fenêtre !

MICHAEL : Merci !

Alors que David ouvre plusieurs fenêtre, Michael fait le tour de la pièce. Il constate que tous les appareils électriques sont allumés : télévision, four, radio, etc. La machine à laver tourne à vide.

MICHAEL (discret) : David ? As-tu remarqué que ta télévision est allumée ?

DAVID : Oui, oui, ne fais pas attention. J’ai vu hier un reportage sur le réchauffement climatique et j’ai trouvé cela très convainquant. Depuis, j’ai décidé de prendre quelques actions concrètes !

MICHAEL : plaît-il ?

DAVID : Tu sais, nous pouvons faire changer les choses par toute une série de petites actions ! La consommation d’énergie est l’affaire de tous !

MICHAEL : (…)

DAVID : Depuis, je chauffe au maximum, je laisse tous mes appareils allumés, je fais couler l’eau chaude non-stop, …

MICHAEL : Mais cela va te coûter une fortune !

DAVID : Quand on veut changer les choses, l’argent n’a pas d’importance.

Un silence s’installe alors que David et Michael prépare religieusement leurs tasses de thé.

MICHAEL : Dis moi si je me trompe mais je croyais que la planète se réchauffais à cause de notre gaspillage d’énergie et la libération de CO2. J’ai vu la même émission que toi mais ils disaient clairement que si on voulait limiter la catastrophe, il fallait au contraire faire des économies d’énergie !

DAVID : Oui, mais tu n’as eu que la moitié de l’information. Sais-tu quelles sont les conséquences observables du réchauffement climatique en Angleterre ces 50 dernières années ?

MICHAEL : Non

DAVID : Un temps plus chaud en été, en fin d’hiver et en début de printemps, moins de gelées. Bon, les automnes sont plus pluvieux mais cela ne change pas beaucoup, n’est-il pas ?

MICHAEL : C’est vrai que cette année, le printemps à été particulièrement chaud.

DAVID : Mais attend, ce n’est pas tout. Quel est la chose la plus délicieuse au monde et la raison pour laquelle nous nous sommes levés si tôt aujourd’hui ?

MICHAEL : Facile, les champignons !

DAVID : Les champignons ! Savais-tu que suite au réchauffement climatique, le nombre de jours à champignons est passé de 33 en 1950 à 75 en 2005 ? Pour de nombreuses espèces de champignon, un nouvelle période de fructification apparaît en automne. Tu imagines ? On va pouvoir aller aux champignons au printemps !

MICHAEL : Vraiment ?

DAVID : Oui ! Les scientifiques ont même montré que si les choses continuent comme cela, nous pourrions trouver des champignons toute l’année !

MICHAEL : Incroyable !

DAVID : Bon, on y va ? On a 10 minutes de marche !

MICHAEL : Non, prenons nous deux voitures !

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Moralité : Les changements climatiques c’est l’affaire de tous !

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Note : toutes les informations contenues dans cette pièce sont rigoureusement exactes et proviennent d’un article publié cette année dans la revue Science (316, 71).




[science] … comme du cristal

21 04 2007

La réalité rattrape souvent la fiction.

Vous connaissez sûrement la forteresse de solitude de Superman, cette maison faite de cristaux géants et apparue dans les eaux de l’Arctique alors que Clark Kent lance y lance un des cristaux qui l’on accompagné lors de son voyage intersidéral.

En 2000, dans la région de Chihuahua (pourtant plus connue pour ses chiens) au Mexique, une grotte située à 300 mètres sous terre et découverte par des mineurs a révélé quelque chose d’aussi, si ce n’est plus impressionnant : la cueva de los cristales.

Cette grotte abrite des cristaux de sélénite (la forme cristalline du sulfate de calcium (CaSO4.2H2O) plus connus sous le nom de gypse) dont certains peuvent atteindre 11 mètres de long !

Un cristal est un solide polyédrique, plus ou moins brillant, à structure régulière et périodique, formée d'un empilement ordonné d'un grand nombre d'atomes, de molécules ou d'ions. Parmi les plus connu, on connaît les diamants, le sel ou encore la neige ;

Pour qu’un cristal se forme, il faut certaines conditions, par exemple de température. Dès lors, les chercheurs sont particulièrement intéressé par les conditions présentes dans la Cueva de los cristalles (une température de 60 degrés proche du point de solubilité maximal du gypse et une humidité de 100%) et essayent de comprendre en quoi ces conditions sont responsables de cette cristallisation hors du commun (1).

Cette authentique merveille de la nature est cependant menacée de disparition.

Pour une fois, c’est l’action de l’homme qui semble maintenir les cristaux en place. Les mines environnantes sont parmi les plus importantes du monde pour le plomb et l’argent. Le pompage de l’eau permettant aux ouvriers d’exploiter le filon permet également à la grotte de conserver des conditions adéquates à la conservation de cristaux. Mais le jour où le filon sera épuisé et que l’activité de forage sera arrêtée, il y a de fortes chances pour que les cristaux disparaissent à leur tour !

Mais il y a plus grave, me direz-vous… mais je ne peux m’empêcher d’y voir une intéressante métaphore.

(1) Un nouvel article propose une hypothèse. Voir Garcia-Ruiz JM et al. (2007) Geology. 35 : 327-330.




[science] wiiiittttccchhhh, wiiiiitttccchhhh !

16 04 2007

A quoi reconnaît-on une sorcière ?

La question mérite d’être posée et certaines pistes ont déjà été apportées par les esprits les plus sage. Par exemple, il est raisonnable de penser qu’elle pèse autant qu’un canard puisqu’elle brûle (1). D’autres références aussi sérieuses, semblent indiquer qu’au contraire une sorcière constitue un piètre combustible (2).

Une chose est sure, personne n’avait imaginé que la célèbre sorcière Jeanne d’Arc passée à la broche à Rouen en 1431 pour diverses exactions maléfiques et quelques taquineries politiques était en fait… une momie ! (un comble pour une vierge !)

C’est ce que vient, en effet, de révéler une très sérieuse étude d’une relique de la sainte femme (3).

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Que reste-t-il de Jeanne d’Arc aujourd’hui ?

Outre quelques lignes dans les livres d’histoires et le film de Luc Besson, l’église dispose d’un reliquaire contenant un fragment de côte, un os de chat et un morceau de bois calciné (4) que vous pouvez admirer au musée appartenant à l’archidiocèse de Tour à Chinon.

Ce reliquaire découvert en 1867, soit plus de 400 ans après le saint barbecue, dans la réserve d’une pharmacie parisienne a été reconnue par l’église.

Personne ne s’est étonnée de la réapparition à propos de cette relique au moment où Jeanne d’Arc faisons son come-back médiatique après avoir disparu des esprits. Les voies du seigneur sont impénétrables (contrairement à celles de Pascal Sevran mais c’est une autre histoire) et cela arrangeait bien l’église qui pouvait ainsi renforcer son message.

L’année dernière, un vil païen appelé Philippe Charlier travaillant à l’hôpital Poincarré à Garche s’est mis en tête d’analyser ces reliques à l’aide de toute une batterie de tests scientifiques : spectrométrie, microscopie, analyse du pollen, datation au carbone-14 et de manière plus originale, il a fait appel à des " nez " de grands parfumeurs (Sylvaine Delacourte de chez Guerlain et Jean-Michel Duriez de chez Jean Patou) pour une étude des odeurs.

L’ensemble de ces analyses montre que le fragment de côte humain présent dans le reliquaire ne peut pas être celui de Jeanne d’Arc sauf si celle-ci était une momie égyptienne d’une personne ayant vécu entre le 3e et le 6e siècle avant Jesus Christ.

Tous les indices vont dans ce sens.

La relique contient de fortes odeurs de vanille caractéristiques d’une décomposition naturelle du corps (produisant de la vanilline) incompatible avec l’hypothèse d’une crémation mais pas avec celle d’un embaumement. La présence de pollen de pin qui était absent en Normandie à l’époque des faits pose également problème alors que la résine de ces mêmes pins était utilisée dans le procédé de momification en Egypte. Ajoutez à cela la structure microscopique et l’analyse spectrométrique qui correspondent à celle des momies (et non pas à celle d’un corps carbonisée) et une datation qui ramène plus de 1500 ans avant la grande sauterie d’Orléans et vous avez de bonne indication que cette relique est un faux !

Mais comment un fragment de momie égyptienne a-t-elle pu se retrouver dans une pharmacie parisienne du 19e siècle ? La chose est loin d’être impossible. En effet, les momies étaient utilisées comme ingrédients de remède dans l’Europe moyenâgeuse.

Curieusement, l’église semble prendre la nouvelle avec une bonhomie inhabituelle et cette découverte ne fait pas le même foin que les études qui démystifient le suaire de Turin. Mais que font les féministes ?

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  1. Selon la référence ultime Monty Python (1975) Monty Python’s holy grail : La sorcière brûle, donc elle est en bois, donc elle flotte, comme le canard, donc elle pèse autant qu’un canard. CQFD.
  2. Rowling JK (1999) Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban indique clairement qu’une sorcière est protégée du feu par ses pouvoirs magiques et que les bûchers moyenâgeux étaient totalement inefficaces : " Au moyen Age, les personnes dépourvues de pouvoir magique (appelés communément ‘Moldus’) ressentaient une terreur particulière à l’égard de la sorcellerie, mais étaient souvent incapable de reconnaître ceux qui la pratiquaient vraiment. Lorsque, par extraordinaire, un sorcier ou une sorcière était capturée, sa condamnation au bêcher n’avait aucun effet. Le condamné se contentait de jeter un simple sortilège de Gèle-Flamme, puis faisait semblant de se tordre de douleur dans l’apparente fournaise alors qu’en réalité, il n’éprouvait qu’une agréable sensation de chatouillis. Gwendoline la Fantasque, par exemple, était toujours ravie de se faire brûler vive, à tel point qu’elle s’arrangea pour être capturée 47 fois sous divers déguisements. "
  3. L’histoire de Jeanne d’Arc semble aller dans ce sens puisque selon la légende, il aurait fallu la brûler presque 3 fois pour tenter, sans succès, de la consumer entièrement, contribuant ainsi à son miracle et sa légende. Ces pissent-vinaigre de scientifiques jouent une fois de plus les blasés en disant que c’est tout à fait normal et que certains organes comme les intestins ou le cœur, très riche en eau, son extrêmement difficiles à brûler. Ils rigoleront moins en enfer !

  4. Si le ton de cette chronique est passablement idiot, sachez que l’histoire est rigoureusement exact. Les informations sont tirées de l’article : Butler D (2007) Joan of Arc’s relics exposed as forgery Nature 446 : 593.
  5. S la sorcière était réellement en bois, elle n’avait pas besoin de bois supplémentaire pour brûler. On supposera alors que le bûcher n’avait pour seul but que de consumer les chats qui étaient traditionnellement brûler avec les sorcières. On savait rire en ce temps là. Pour la décharge des gens du moyen-âge, ils n’avaient ni la télévision, ni Dan Brown pour s’occuper.




[culture] Nordens Ark

14 04 2007

Pour une obscure raison, j’aime les zoos et les parcs animaliers. Et si je vis aujourd’hui dans une réserve naturelle qui me permet de voir régulièrement des animaux tels que des élans ou encore une incroyable diversité d’oiseaux des fenêtres de ma maison ou de ma voiture, cela ne m’empêche pas d’avoir pris une carte à l’année dans un parc situé à 60 km de chez moi : Nordens ark (Bohuslan, Suède).

Ce parc, n’est pas un zoo.

Il se présente comme un arche du nord, un endroit où sont rassemblés les espèces du nord de l’Europe, des plus courantes aux plus menacées.

Comme de nombreux autres parcs zoologiques aujourd’hui, ils participent à différents programmes scientifiques dont le but est l’élevage en captivité d’espèces menacées avec pour but ultime la conservation et la réintroduction (1).

Mais Nordens ark se différencie de la plupart des autres parcs sous différents aspects.

Par son aspect géographique. Il est situé dans une région merveilleuse et est intégré à la nature environnante. Le parc semble posé au bord d’un fjord et phagocyté par la forêt qui s’étend à perte de vue. La visite vaut le coup d’œil rien que pour les points de vue époustouflant.

D’autre part, les animaux présentés sortent de l’ordinaire. Pas de girafe, ni d’éléphant, mais des loutres, des léopard et des renards de neiges, des tigres de Sibérie, des loups ou encore le fascinant glouton (si vous ne connaissez pas, sachez qu’en anglais on l’appelle wolverine).

On ne se promène pas non plus dans Nordens ark comme dans un zoo. Oui, les animaux sont confinés dans des enclos, mais pour la plupart, les enclos sont de taille respectables et surtout intégrés dans la nature locale. Dès lors, le visiteur n’est jamais assuré de voir l’animal qui dispose de dizaines de cachettes pour échapper aux regards curieux.

S’il veut profiter du parc, le visiteur doit apprendre la patience, une démarche qui n’est plus très en vogue dans notre société de l’information. Si vous vous contentez de traverser le parc, vous ne verrez que la moitié des animaux présent.

Avec ma carte à l’année, je peux me permettre d’aller y flâner quelques heures quand cela me chante, m’asseoir une heure à proximité de l’enclos à tigre et attendre patiemment que l’un d’entre eux décident de venir m’observer.

Vous l’avez compris, la visite du parc peut se révéler particulièrement frustrante si vous n’avez pas de chance.

Pour ma part, j’ai failli avoir de gros ennuis avec ma fille en lui promettant d’aller voir les tigres !

Mais le parc possède une autre facette qui permet de compenser cette incertitude et ravira les enfants. Un peu à l’écart des enclos, Nordens ark entretiens une ferme active contenant différentes espèces utilisées dans les fermes locales (dont certaines espèces rares et menacées) : cochons, vaches, chèvres, chevaux, poules, lapins, etc.

Cette ferme, en forme d’arche, est ludique et interactive. Les enfant peuvent regarder ces animaux de près et éventuellement les toucher.

Lors de ma dernière visite pour le week-end de Pâques, j’ai été particulièrement chanceux. Il s’agit en effet de la période d’accouchement pour la plupart des espèces et la grande majorité des individus étaient soit enceintes, soit venaient juste d’accoucher. Il y avait un nombre incroyable d’animaux nouveau-nés dont un veau qui venait à peine de sortir du ventre de sa mère (qui s’est mis en tête de manger le placenta devant nous, ce qui a particulièrement plus à ma tendre et douce qui devrait accoucher dans quelques semaines).

Nordens ark est un parc qui pourrait vous réconcilier avec les zoos.

(1) L’efficacité et même le fondement de tels programmes est sujette à de violents débats. Une chose est sûre, ces efforts sont surtout une manière de donner un verni de respectabilité à des organismes dont le but premier est avant tout de faire de l’argent. Mais ce n’est pas une raison pour rejeter en bloc ce genre d’initiatives.




[science] Le soleil a rendez-vous avec…

13 04 2007

J’ai la chance de vivre au bord de la mer. L’endroit est tout simplement magique et au printemps, chaque matin est l’occasion d’un levé de soleil somptueux, le ciel explosant en une multitude de couleurs, évoluant au fil de minutes pour se réinventer dans des lumières fabuleuses.

Rien d’étonnant que l’homme ait toujours été fasciné par le soleil. Outre l’aspect esthétique, le soleil symbolise la vie.

Sans soleil, la vie telle que nous la connaissons ne serait probablement pas apparu sur terre. Sans soleil, la vie n’aurait pas pu se maintenir. Il est notre source de nourriture via la photosynthèse, il est directement et indirectement source de l’énergie que nous utilisons et il influence jusqu’à nos émotions.

Le soleil est une étoile, une des plus petite étoile de notre galaxie, qui n’en comporterait pas moins de 200 milliards. Elle est surtout la seule qui soit à notre portée en terme de distance.

Pour tenter de mieux en comprendre le fonctionnement (et celui des étoiles en général), l’agence spatiale japonaise (JAXA), en collaboration avec ses homologues européens (ESA) et américains (NASA), lancé le 23 septembre 2006 un satellite appelé Hirode.

Celui-ci tourne autour de la terre sur une orbite lui offrant une vue imprenable sur le soleil. Ses nombreux instruments scrutent notre étoile et envoie sur terre une masse impressionnante de données (1).

Les infirmations recueillies ont permis de répondre à plusieurs questions que les scientifiques se posent depuis longtemps.

Par exemple, les scientifiques se posaient la question de savoir pourquoi la surface du soleil était plus froide que sa couronne plus externe. Ils avaient posés l’hypothèse que c’était une conséquence du magnétisme solaire créé par la vitesse différentielle du mouvement de ses différentes parties. Des champs magnétiques entraîneraient alors la mise en mouvement de la matière, provoquant de gigantesques boucles (voir photo ci-dessus ou la fin du film (1)) qui expulserait la chaleur loin de la surface.

Les nouvelles observations de Hirode semblent confirmer cette hypothèse puisque l’on peut y voir des boucles réagissant exactement selon les prédiction.

Cependant, d’autres observations laissent les spécialistes perplexes.

Par exemple, certains des arcs magnétiques observés semblent s’effondrer sur eux-mêmes, défiant tout ce que nous savons sur les champs magnétiques.

Chaque jour, de nouvelles informations sur le soleil laissent les scientifiques perplexes : " Nous n’avons aucune théorie pour prédire ce genre d’activité " (…) " Presque chaque jour nous recevons des données et nous ne savons pas ce qu’elles signifient. " (2).

Un de ces rares aveux publics d’ignorances qui donnent à la science un petit air de mystère si séduisant !

(1) Voici un petit film qui présente quelques images recueillies par Hirode qui montrent à quel point le point le soleil est mystérieux, dynamique mais aussi d’une redoutable beauté (certaines images rappelleront l’œil de Sauron).

url= http://www.youtube.com/watch?v=O7phkowvMe0

(2) Nature, Snapshot, 2007, 446: 477.




[science] L’origine des serpents

10 04 2007

Extrait d’un cours de créationnisme de l’Université Invisible

" Yahvé Dieu dit au serpent: "parce que tu as fait cela, maudit sois-tu entre tous les bestiaux et toutes les bêtes des champs! Sur ton ventre tu marcheras et poussière tu mangeras tous les jours de ta vie" "

Cet extrait de la Genèse (3:14) ainsi que cette peinture sur bois provenant d’un diptique du 15e siècle (actuellement exposé au Kunsthistorisches Museum de Vienne) sont autant de documents scientifiques qui démontrent qu’à l’origine, le serpent était un reptile comme les autres. Avant que Dieu ne lui tombe sur le dos pour une sombre histoire de fruits et légumes et de ménagère exhibitionniste, il possédait 4 belles pattes.

Mais comme souvent en science exacte, il est de bon ton d’offrir une hypothèse alternative.


Certains hérétiques croient en l’évolution, cette théorie ridicule selon laquelle les animaux évoluent pour donner naissance à de nouvelles espèces. Ainsi, un article ridicule, publié il y a peu dans le tabloïd Journal of Vertebrate Paleontology (1), suggère sur base de la découverte d’une fossile (2) que le serpent aurait perdu ses pattes suite à un phénomène de sélection naturelle. Selon eux, la présence de membres vestigiaux (des résidus de pattes) chez certaines espèces semble aller dans ce sens (alors que nous n’y voyons qu’une mise en garde divine).

Pour expliquer la disparition des pattes, ces chercheurs s’opposent sur deux théories :

  • Certains suggèrent que les ancêtres des serpent possédaient un comportement fouisseur. Il vivait enfoui dans la terre. Leurs pattes étaient alors plus un inconvénient qu’un avantage et au fil du temps, elles se sont atrophiées pour complètement disparaître. Lorsque certaines espèces sont remontées à la surface et ont changé de mode de vie, elles n’avaient plus du tout de patte (ainsi que d’autres changements comme une vision réduite, absence d’oreilles externes, un odorat très développé en particulier au niveau de la langue, etc.)
  • D’autres chercheurs utilisant les mêmes arguments y voient une adaptation au milieu aquatique (comme les dinosaures Plesiosaures, par exemple). Le serpent serait alors retourné vivre en milieu terrestre après avoir perdu ses pattes.

La découverte d’un nouveau fossile, le Adriosaurus microbrachis, datant, soi-disant, de 95 millions d’années (3) irait dans le sens de la première hypothèse.

Il s’agirait d’une espèce partageant de nombreuses caractéristique morphologiques avec le serpent mais possédant encore 2 membres postérieurs bien développé et, ce qui est observé pour la première fois, 2 membres antérieurs atrophiés.

Néanmoins, les chercheurs (si on peut les appeler ainsi), avouent leur incapacité à prouver que ce fossile correspond réellement à un ancêtre des serpents et déclarent qu’il faudra d’autres preuves pour étayer leur hypothèse farfelue.

Demain, travaux pratique sur le thème : la création de l’homme. N’oubliez pas de prendre votre terre glaise ! (5)

  1. Source : J. Vertebr. Paleontol, 27, 1-7
  2. Pour rappel, les fossiles ne sont que l’expression du sens de l’humour de notre Créateur. Il les a dispersé aux 4 coins du monde pour se moquer des infidèles.
  3. Ces datations utilisant des méthodes ridicules sont totalement fausses et conduisent régulièrement à des erreurs de ce genre. Ne citons par exemple que les datations rocambolesques du saint Suaire de Turin.
  4. Petite note " sérieuse " : Cette petite chronique a pour but de vous montrer la courant de pensée le plus en vogue dans certains pays du tiers monde intellectuel, comme les Etats-Unis, où nombre de personnes nient la théorie de l’évolution au profit du créationnisme sous différentes formes. Cela vous semble ridicule ? Oui, c’est normal !




[musée] Universeum de Göteborg

09 04 2007

La vulgarisation scientifique et la sensibilisation du grand public n’est pas une mince affaire. Ce blogue est d’ailleur né autour de l’idée que l’éducation est la solution à bon nombre de problème de l’humanité et est le pendant optimiste en la nature humaine de son auteur (qui dans le monde réel est beaucoup plus cynique que sur ces pages).

Pour faire passer un message, le matraquage est rarement la bonne solution (ce que de nombreux professeurs sans vocations devraient comprendre) et la simplicité devrait être la règle (ce que nombre de chercheurs n’ont toujours pas compris). Mais la chose la plus importante est le côté ludique.

Seul le plaisir potentiel peut donner envie au plus réfractaire de s’intéresser à un sujet ou une idée.

Cela, les musées l’ont bien compris et ils n’hésitent pas à profiter de la moindre brèche pour attirer les gens (comme par exemple, profiter de l’engouement pour le Da Vinci code pour organiser des visites orientées sur le film dans le musée du Louvres).

En effet, allez dans un musée est une démarche qui montre déjà une certaine bonne volonté, une envie d’apprendre.

Certains musées sont pourtant plus attractifs que d’autres et l’Universeum de Göteborg est un bel exemple de musée qui a su se mettre au goût du jour !

Déjà, il ne ressemble pas à un musée, pas plus qu’il n’en porte le nom. De l’extérieur, il ressemble plutôt à un grand complexe de cinéma moderne. Il joue aussi largement sur la publicité pour attirer ses visiteurs.

Mais une fois que vous avez passé les barrières, vous pénétrez dans un temple de la science pensé dans le moindre de ses détails. Vous êtes pris au piège dans un musée mais un musée vivant et interactif.

Un ascenseur de verre vous emporte d’abord vers le haut du musée et vous pénétrez dans un réel écosystème. De magnifiques aquariums présentés comme autant de petits lacs d’eau douce présentent les espèces de poissons locales dans une gigantesque serre dans laquelle vole librement de nombreuses espèces d’oiseaux et où toutes les espèces de serpent et de grenouilles de Suède. Plus bas, vous retombez au niveau de la mer avec les animaux marins côtiers. Vous descendez encore quelques marches, poursuivant ainsi votre balade métaphorique, et vous pénétrez dans les océans avec de gigantesques aquariums et bacs tactiles. Si vous avez de la chance, vous pourrez aussi assister au nourrissage des poissons par les plongeurs.

Ensuite, vous pouvez quitter les royaumes du Nord et pénétrer dans la mangrove et les écosystèmes tropicaux.

Rasséréner par cette impression de vie, vous pouvez alors prendre l’ascenseur pour accéder à la seconde partie du musée : 2 étages consacrées à la science de pointe mais aussi la science dans la vie de tous les jours. La preuve ? La visite semble commencer dans l’ascenseur lui-même. En effet, celui-ci est totalement transparent révélant ses mécanismes et les lignes électriques qui relient toutes ses parties vitales.

Le premier étage est une véritable salle de jeu et enfants aussi bien que les adultes qui disposent là d’un bon prétexte pour retomber en enfance, peuvent jouer à différents jeu centrés sur des aspects importants de notre vie quotidienne : le sport (explication des principes physiques, etc.) ou encore la sécurité routière (avec des jeux qui donnent des informations très surprenantes sur ce qui se passe en cas d’accident, par exemple).

Au second étage, on passe à la science de pointe de l’infirment grand à l’infirment petit, de la conquête de l’espace à la cellule vivante. A nouveau, le visiteur est bombardé d’informations par des exemples marquants comme cette représentation simple de notre tube digestif tout en longueur ou encore un des arbres de la vie les plus honnête que j’ai jamais vu !

On y apprend sans en avoir l’air !

Encore plus fort, si l’envie vous en prenait d’aller aux toilettes, vous seriez bien surpris d’en voir le concept (même si vous avez déjà découvert les urinoirs pour femme de l’aéroport de Bruxelles).

En effet, la cuvette est séparée en deux compartiments : le premier étant destiné uniquement aux urines, le second pour le reste (je vous laisse le soin d’imaginer). Une notice vous explique alors que le musée recycle vos urines et au cours de votre visite, vous êtes invité à prendre un chemin de traverse au nom intrigant (le chemin du pipi) qui vous montre ce que devient votre urine.

Celle-ci est diluée et ses minéraux sont utilisés pour nourrir des petits organismes, les daphnies, qui seront mangés par de petits poissons, eux-mêmes utilisés pour donner à manger à des animaux plus gros. Ainsi, certains animaux du musée sont nourrit grâce à votre urine.

Si vous passez par Göteborg, une visite à l’Universeum s’impose si vous voulez passer un bon moment en vous amusant !




[science] Les faux-vrais jumeaux

07 04 2007

Il était une fois une dame qui attendait des jumeaux. A la naissance, les médecins découvrent que ce sont de faux jumeaux et que l’un d’entre eux présente une ambiguïté sexuelle. Pour tenter d’en découvrir la cause, ils réalisent alors une analyse génétique.

Et là, c’est la stupéfaction.

Il apparaît que ces enfants sont de faux jumeaux du côté du père mais… de vrais jumeaux du côté de la mère !

Quelques petites explications préliminaires :

** Comment on fait les bébés ? Alors, ca c’est ta mère, ca c’est ma b… "

Toutes les cellules de notre corps possèdent un noyau dans lequel est stocké notre ADN, notre matériel génétique, sous la forme de chromosome. Chaque chromosome (qui contient une grande quantité d’ADN séparé en gènes) est présent en deux copies.

Certaines cellules sont pourtant des exceptions : les cellules reproductrices, ovules et spermatozoïdes. Celles-ci ne possèdent qu’une seule copie des chromosomes.

Lors de la reproduction, ovule et spermatozoïde fusionnent pour donner naissance à une nouvelle cellule qui possèdent deux copies de chaque chromosome et sera la cellule originelle de toutes les cellules de notre corps.

D’autre part, suite au hasard (par le biais de la distribution des chromosomes et des recombinaisons), chaque ovule, chaque spermatozoïde, est différent autres. Cela explique pourquoi les enfants de même parents sont tous différents.

** Les jumeaux

Dans certains cas, les choses sont un petit peu plus complexes que prévu !

  • Plutôt que de libérer un seul ovule à la fois, la femme peut en libérer deux. Dès lors, les spermatozoïdes peuvent féconder deux ovules (avec deux matériels génétiques de la mère différents) et la mère donnera alors naissance à des jumeaux dits hétérozygotes (ou faux jumeaux). Ceux ci sont aussi semblables que deux frères ou deux sœurs et peuvent même être de sexes différents.
  • Mais parfois, tout se passe normalement au début, un ovule et un spermatozoïde, mais au cours du processus de la croissance et de la division de l’œuf original, celui-ci se divise en deux partie et donne naissance à deux enfants. On parle alors de jumeaux homozygotes (ou vrais jumeaux). Ceux-ci sont formés à partir de la même cellule originale et sont donc des clones.

** Les exceptions

Mais il est des cas encore plus surprenant et rare.

On a déjà vu des cas de faux jumeaux de pères différents (pas besoin d’explications pour comprendre comme une telle chose peut se produire), des chimères (un seul enfant à la naissance mais dont le corps est formé par une mosaïque de cellules de deux sources différentes, produit de la fusion deux jumeaux) ou encore ce cas remarquable d’une mère dont les enfants ne pouvaient génétiquement pas être les siens (voir Archives).

Dans ce nouveau cas brièvement décrit ci-dessus, l’analyse génétique a révélé qu’ils étaient nés à partir d’un seul ovule (ils sont donc de vrais jumeaux du côté de la mère) mais de deux spermatozoïdes différents (faux jumeaux du côté du père).

Les médecins proposent deux hypothèses pour expliquer ce phénomène pour le moins surprenant :

  • soit l’ovule s’est divisé avant la fécondation et les deux cellules ainsi formées ont ensuite fusionnées avec deux spermatozoïdes
  • soit un ovule a été fécondé par deux spermatozoïdes (il existe des mécanismes cellulaires pour empecher cela mais ce n’est pas totalement impossible) et la cellule formée (contenant 3 copies de chaque chromosome) s’est ensuite divisée en cellules normales qui auraient formées deux embryons.

Derrière l’anecdote, cette petite histoire est une petite leçon d’humilité qui nous rappelle que la vie est loin d’avoir livré tout ses mystères, même dans des domaines aussi étudiés que la reproduction humaine.

Source : Human Genetics 2007, 121 : 179-185




[art/science] Dali’s park

23 03 2007

Quiconque s’est aventuré dans l’incroyable musée Dali à Figueras ne pourra nier qu’il fut l’un des esprits les plus créatifs de notre temps. Il a mis son esprit créatif au service de nombreuses disciplines et surtout à utilisé brillamment la science aussi bien comme sujet que comme outils.

Par exemple, la molécule d’ADN dont la structure a été décodée en 1953 par Crick et Watson, était déjà représentée dans des peintures surréaliste de Dali seulement quelques années plus tard (voir par exemple, ci dessous, son Paysage aux papillons en 1957).

Aujourd’hui, la science lui retourne la politesse et un chercheur passionné s’est mis en tête de retrouver l’ADN de Dali.

Michael Rieders est un toxicologiste américain mais avant tout un fan de Dali depuis sa plus tendre enfance.

Rècemment, il s’est mis en tête de trouver l’ADN du maître décédé en 1989. Pour cela, divers objets ayant appartenu à Dali ont été mis à sa disposition : un chapeau, des lunettes, une moustache, même une lunette de cabinet. Mais c’est finalement les tubes du respirateurs nasal qui ont été utilisés lors du passage de Dali à l’hôpital en 1984 suite à l’incendie de son château en Espagne qui ont offert la piste la plus prometteuse.

Rieders en a extrait de l’ADN provenant d’une seule et même personne. Sachant que les tubes ont été scellés et marqués par une infirmière et un docteur, il est raisonnable de penser qu’il s’agit de celui de Dali (sans pour autant que cela soit une certitude absolue).

So what ?, me direz-vous !

Quel peut bien être l’intérêt d’obtenir l’ADN de Salvatore Dali ?

La première application est purement pratique. Cette ADN, qui a été envoyé à la fondation Dali ainsi qu’à plusieurs musées, pourrait être utilisé pour authentifier certaines œuvres non signées et attribuée au maître (et ainsi limiter l’exploitation commerciale de certaines œuvres à l’origine douteuse).

La technique devrait être testée sur L’escargot et l’ange, une toile incontestablement réalisée par Dali et dont une tache serait des résidus de son sperme.

La seconde application est plus risquée. Certains aimeraient traquer l’origine de sa créativité dans ses gènes, cherchant des traces d’éventuelles maladies mentales (schizophrénie ou dépression bipolaire) qui sont souvent associées à la créativité extrême.

La dernière application raelienne pourrait être le clonage puisque Dali est mort sans laisser de descendant. Mais si un jour la technique devient disponible, mon petit doigt me dit que cela ne pourrait que mener à une déception. J’ai quelques doutes dans le fait que le génie créatif ne réside que dans ce triste assemblage de nucléotide !




[humeur] Facteur d’impact

20 03 2007

Cette semaine est en effet à marquer d’une pierre blanche dans mon modeste parcours scientifique. En effet, une de mes publications a été publiée dans un journal à haut facteur d’impact.

Petite remise en contexte.

Depuis que la science a perdu son statu de passe temps pour privilégié pour devenir un travail à part entière, les règles de travail ont considérablement évolué. Aujourd’hui, de nombreuses personnes sont en réelle compétition pour pouvoir devenir chercheur, obtenir des financements, etc.

Mais comment faire pour une institution pour sélectionner un chercheur ? Comment faire pour trouver quelqu’un d’efficace, de créatif ?

Le problème est semblable à celui de l’art avec qui la science partage de nombreux processus cognitifs. Si la politique joue un rôle important, le critère principal de sélection reste les productions de l’individus : les œuvres de l’artiste et les articles scientifiques publiés du scientifiques.

La publication d’un article est la seule méthode à la disposition du chercheur pour officialiser et valider ses travaux. Il écrit un texte très structuré et codifié dans lequel il résume les connaissances sur un sujet, la question à laquelle il voudrait répondre, la méthode utilisée dans le détail (pour que les autres chercheurs puissent répéter l’expérience), les résultats et enfin l’interprétation, les hypothèses. Ce texte est alors proposé à un journal qui décidera ou non de le publier après estimation de la qualité de l’article et du travail par des spéciastes.

Mais tous les articles ne sont pas égaux ! En effet, il existe de nombreux journaux et tous n’ont pas le même impact sur la communauté scientifiques. Certains sont très célèbres et sont lus et cités par un grand nombre de personnes (par exemple, le magasine Nature, dont je tire pas mal d’informations qui alimentent ce blogue) et d’autres sont beaucoup plus spécialisés et confidentiels (par exemple, le Belgian Journal of Zoology).

L’importance d’un journal est estimé par son facteur d’impact, un indice qui calcule le ‘succès’ d’un journal en terme de nombre moyen de fois que ses articles sont cités dans d’autres travaux (impliquant que ces travaux sont intéressant puisque lus et cités).

Ainsi, Nature à un facteur d’impact supérieur à 20 alors que Belgian Journal of Zoology reste autour des 1.

Souvent, les chercheurs sont uniquement évalués à l’aide d’une petite équation : le nombre de ses publications pondéré par le facteur d’impact.

C’est totalement idiot et non représentatif, mais c’est ainsi que le système est fait et par conséquent, le jeu consiste à publier le maximum possible (menant à un excès de publication dont la grande majorité est sans intérêt et n’est lue par personne) et de préférence dans les journaux les plus importants.

Mais bien entendu, publier dans un journal à haut facteur d’impact est plus difficile que de publier dans un obscur petit journal.

Au cours de ma thèse, j’ai toujours réagit en totale opposition à ce système et je n’ai jamais fait la course au facteur d’impact, essayant plutôt de publier mes résultats là où ils risquaient d’être lu par la communauté qui travaillait sur les mêmes sujets que moi. Mais comme tout un chacun, je caressais le rêve secret d’avoir un jour mon nom associé à celui d’une grande revue et lorsque je suis arrivé en Suède pour mon post-doc il y a maintenant 3 ans, je me suis mis en tête de m’attaquer au monstre sacré : le journal Nature.

Ces 3 dernières années, sans que cela ne tourne à l’obsession, je leurs ai envoyé 2 articles et 2 commentaires qui ont tous été refusé dans des délais plus ou moins long (le plus rapide a été refusé en 6 jours, le plus long en 6 semaines).

Et puis, récemment, alors que je préparais une présentation pour un congrès sur les cellules souches, j’ai lu un article publié dans Nature Reviews Genetics, un journal de la filière du groupe Nature, consacré à la régénération chez les animaux. Si l’article était terriblement bien fait et intéressant, il m’a fait bondir parce que les échinodermes (les animaux tels que étoiles de mer, oursins, etc.) qui sont connus pour leurs étonnantes capacités de régénération, n’étaient cité que anecdotiquement dans une phrase.

Travaillant sur la régénération des échinodermes, mon sang n’a fait qu’un tour et j’ai abandonné mon travail pendant une journée pour écrire une réponse argumentée démontrant que non seulement les échinodermes devaient être pris en compte mais qu’ils sont probablement un des groupes les plus intéressants pour ce domaine de recherche. Trois pages plus tard, j’ai envoyé de tout à la revue et j’ai oublié l’histoire.

A ma grande surprise, ce texte a été accepté et est maintenant publié dans l’édition d’avril de Nature Reviews Genetics, offrant une ligne d’importance à mon CV (je n’avais jamais publié dans une revue avec un facteur d’impact superieur à 5 et Nature Reviews Genetics est supérieur à 19).

Un petit pas pour la science mais une grande victoire pour moi !

Mais ce n’est pas tout cela, il est peut-être temps que je me remette à bosser : Je sers la science et c’est ma joie !




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